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Archive mensuelle de février 2014

Après la publication du rapport Sirinelli, l’ODI appelle les professionnels de l’information et les associations citoyennes à le rejoindre

L’Observatoire de la déontologie de l’information félicite Marie Sirinelli pour la grande qualité du rapport qu’elle a remis à Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la communication.Le titre en lui-même est un programme : « Autorégulation de l’information : comment incarner la déontologie ? »
L’ODI tient à souligner deux passages de ce rapport.
La présentation qui en est faite parmi les formes d’autorégulation à privilégier, page 45 : « Ainsi, l’émergence d’une nouvelle instance, plus ou moins rattachable au modèle du conseil de presse, demeure-t-elle un sujet de divisions. On peut toutefois observer que le sentiment général de la plupart des interlocuteurs rencontrés est beaucoup moins contrasté s’agissant des activités de l’ODI. La démarche de l’observatoire ne semble pas, en effet, rencontrer d’opposition ouverte, voir suscite l’intérêt des journalistes (SNJ-CGT) comme des représentants de la société civile. L’existence d’un observatoire de la déontologie paraît ainsi faire relativement consensus, plusieurs organisations soulignant l’utilité de disposer d’un lieu de débat et de réflexion transversal sur le sujet, pour les journalistes comme pour les éditeurs (CFE-CGC, GESTE et SPIIL), à condition que le travail de l’instance ne se limite pas à un rôle de critique des médias (FNPS).»
La proposition de renforcement de l’outil présentée dans les conclusions du rapport, page 59 : « Un développement de l’ODI, pouvant s’accompagner de la création d’un rendez-vous périodique de débats qui, sur le modèle des Assises internationales du Journalisme – mais spécialement dédié aux questions déontologiques -, pourrait intervenir au moment de la remise annuelle du rapport de l’association. Sans devenir une instance de traitement de plaintes, l’observatoire pourrait toutefois, comme il le fait déjà dans une certaine mesure, organiser son travail autour d’un système d’alertes, éventuellement formulées par le public, directement ou par l’intermédiaire de médiateurs ou d’associations. »
Les missions d’un ODI « développé » telles que définies dans le rapport sont en parfait accord avec les statuts de l’association.
L’Observatoire de la déontologie de l’information se félicite de poursuivre ses travaux dans ce contexte où le sentiment d’une nécessaire réflexion sur la qualité, et notamment la déontologie de l’information, est de plus en plus partagé. L’association va ainsi continuer d’apporter ses contributions de veille, d’analyse, de recensement et d’apport pédagogique, pour endiguer les difficultés de la presse.
Convaincu, depuis sa création, de l’importance de la participation de tous les professionnels et des non-professionnels, l’Observatoire de la déontologie de l’information s’est constitué dès le départ en association tripartite. Cette volonté s’est concrétisée dans la composition du bureau élu de l’association avec des représentants de tous les acteurs impliqués . Voir le Bureau de l’Observatoire de la Déontologie de l’Information
L’ODI appelle donc tous les professionnels de l’information, notamment les fédérations et syndicats représentatifs des éditeurs et des journalistes, ainsi que les associations citoyennes, à le rejoindre
L’ODI lance un appel aux « mécènes » susceptibles d’assurer à l’Observatoire le financement nécessaire de ses activités
télécharger ce  communiqué
Contacts : Patrick Eveno, président, 90, rue du faubourg Saint-Martin, 75010 Paris 01 42 08 52 17 – 06 16 26 81 84 peveno@wanadoo.fr ——Manola Gardez, secrétaire, 06 82 35 14 03, manolag@gmail.com ——-Siège social : c/o FFAP, 24 rue du faubourg Poissonnière, 75010 Paris – N° : W751219191

Après la publication du rapport Sirinelli, l’APCP demande une concertation sous l’égide du ministère

L’Association de Préfiguration d’un Conseil de Presse (APCP)  a pris connaissance avec un grand intérêt du rapport remis à Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la communication, sur l’autorégulation de l’information. Ce travail de qualité met clairement en avant les problématiques et les points de vue des principaux acteurs.
L’APCP se félicite que l’hypothèse d’une régulation imposée de l’extérieur soit écartée par tous les interlocuteurs de Mme Sirinelli. Elle note que l’analyse approfondie des exemples étrangers dans leur diversité confirme la contribution d’un conseil de presse au fonctionnement de l’information et de la démocratie.
Pour l’APCP, les conclusions de ce rapport  sont une base constructive pour la réflexion et l’action du gouvernement comme des acteurs impliqués. Les auditions ont en effet mis en lumière que « la majorité des acteurs concernés paraissent favorables ou à tout le moins non opposés à la création d’une instance« .
En conséquence,  l’APCP renouvelle sa demande d’une concertation sous l’égide du ministère, dépositaire de l’intérêt général, permettant de lever les ambiguïtés et d’obtenir un réel consensus  pour la création d’une instance d’autorégulation tripartite.

Le rapport  est ici

L’ analyse du rapport Sirinelli publiée dans notre bulletin de mars  2014

AUTRES REACTIONS AU RAPPORT SIRINELLI

* Le SNJ attend une initiative du gouvernement  ici

* Jean Claude Allanic, journaliste, ancien médiateur de France 2, craint que l’idée soit enterrée ici

* Parti Socialiste ici

 

 

Un manuel de vérification des infos numériques édité par le Centre Européen du Journalisme

Dire ce qui s’est passé vite et exactement est le défi des journalistes. C’est devenu une compétition nourrie par les radios et télévisions d’information en continu, amplifiée par les sites internet des journaux et les réseaux sociaux. Dans ce bouillonnement permanent, le risque est grand de prendre une rumeur pour un fait, un ragot pour un témoignage, un montage pour un document authentique. D’autant que  concurrence sauvage et frénésie de publier à tout prix émoussent les réflexes professionnels de bien des rédactions.
De plus en plus, les journalistes tentent de reprendre la main en réaffirmant qu’ « il vaut mieux publier plus tard une information vérifiée que tout de suite une information fausse ». Le Centre Européen du Journalisme, fondation internationale à but non lucratif basée aux Pays Bas, vient de publier – en anglais – un « Guide  pour la vérification des contenus numériques dans l’urgence » qui devrait être lu, médité et utilisé dans bien des rédactions. Ce document est rédigé par une vingtaine de  journalistes  de la BBC, de Stroryful, d’Abc, de First Media et d’autres spécialistes travaillant pour des écoles de journalisme ou des institutions internationales.

Vérifier grâce aux réseaux sociaux

Avec humour, l’auteur du chapitre « Règles de base » rappelle cet adage : » si votre mère vous dit qu’elle vous aime, vérifiez ! « . Il poursuit en précisant que « si la vérification est l’essence du journalisme, le chemin qui y mène varie avec chaque fait ». Rien de bien neuf, si ce n’est le volume d’informations à vérifier que charrient les réseaux sociaux à la moindre « alerte info ».
Le guide liste donc des pratiques et des outils numériques utilisables pour trier le vrai du faux. Pour identifier une photo ou une vidéo originale d’un montage ou d’une reprise,  retrouver un témoin en utilisant d’autres sources en plus des pages jaunes de l’annuaire, lire en ligne le document original dont ne circulent que des extraits. Les réseaux permettent aussi de  vérifier une information, pour autant qu’on sache s’en servir. Des analyses de cas montrent l’efficacité de ces démarches. Ainsi toutes les informations permettant  de démontrer la véracité d’une vidéo tournée lors des attentats de Boston étaient disponibles en ligne via des logiciels gratuits, et  10 minutes ont suffi à un journalistes familier de ces outils pour la valider. Le Guide indique plusieurs logiciels pour analyser images, vidéos, retrouver quelqu’un, dresser son profil professionnel, universitaire.

Des équipes dédiées et formées à la veille des réseaux

La maîtrise professionnelle de ces outils est indispensable. Ce n’est pas dans l’urgence d’un événement -  catastrophe, attentat, démission, révolution etc… -  que l’on apprend à les manier et encore moins qu’on trouve la banque de données pertinente, le témoin crédible ou l’expert indépendant. Cela demande de se préparer en amont à gérer ces situations d’urgence, en repérant les interlocuteurs potentiels, officiels ou non, pouvant être des sources et les sites utiles au cas où. Par exemple, se préparer à trier ce que rapportent les réseaux sociaux en cas de catastrophe, c’est , est-il expliqué, identifier dans sa zone de couverture le risques potentiels  (incendies, à chaque fois les sources possibles, avec leurs contacts et leur localisation exacte, mais aussi leurs comptes sur les réseaux sociaux et leurs sites internet. Certaines rédactions ont des équipes dédiées à cette veille, et même des séances régulières de formation des rédacteurs à l’usage de ces outils.
Répétons le  rien de neuf dans la démarche, mais une obligation de la mener rendue encore plus impérative par le flux continu d’informations. Les qualités pour y parvenir , disent les rédacteurs de ce Guide de vérification s’appellent « ingéniosité,  persévérance, scepticisme et  compétence ». On ne peut que souscrire (et espérer une version française de ce « handbook » .

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