Ici et là

Belgique : Non aux fausses urgences dit le CDJ à un titre souvent blâmé   — 24 décembre 2015 — Le Conseil de Déontologie Journalistique belge a donné raison à un particulier que le quotidien SudPresse avait  accusé de maltraitance sur sa fille sur les foi des affirmations de son ex-belle-mère. Le journaliste n’avait recueilli que le témoignage de la grand-mère sans contacter ni son ex gendre ni sa fille. Une enquête aurait permis d’établir rapidement que la grand-mère affabulait. Le journal explique qu’il a été tenté de les contacter « en vain parce que c’était le weekend et [qu'] il a malgré tout décidé de rédiger l’article qui ne pouvait pas attendre » . Le CDJ refuse cette urgence« fictive, née du simple souhait du journal de publier l’article rapidement  » et rappelle que « l’urgence ne dispense pas les journalistes de vérifier leur sources ni de mener une enquête sérieuse« . SudPresse comme l’imposent les règles du CDJ a publié l’avis le blâmant. A noter que sur 51 dossiers de plaintes ouverts au CDJ depuis janvier 2015, 20 plaintes visent SudPresse, 8 concernent la RTBF, 6 sont dirigées contre La Dernière Heure et 5 contre RTL. Sur les 16 plaintes déclarées fondées, 16 concernent SudPresse.

Suisse : Les commentaires anonymes sont contraires à l’éthique   — 24 décembre 2015 —  Saisi par le lecteur d’un forum internet commun à  deux quotidiens de Neufchâtel, L’Express et L’Impartial de l’anonymat des commentaires mis en ligne, le Conseil suisse de presse lui a donné raison. La règle éthique qu’il a arrêté il y a plusieurs années ne fait pas de dintinguo entre les lettres de lecteurs et les commentaires en ligne. Tous « doivent en principe être signés par leurs auteurs« , sauf s’il sagit de  « sauvegarder des intérêts dignes de protection (sphère privée, protection des sources) ». Et les sages n’ont pas retenu l’argument du rédacteur en chef du site, selon lequel ces commentaires d’une part sont modérés avant d’être mis en ligne, d’autre part « ne sont pas le fait de personnes formellement anonymes » puisque connues de la rédaction. Lire ici l’avis du Conseil suisse de presse

Québec : Modernisation du guide de déontologie — 9 décembre 2015 — Le Conseil de Presse du Québec a présenté fin  novembre lors de son assemblée général annuelle la « bible » qui lui servira désormais de référence. Ce « Guide de déontologie journalistique » a été rédigé par un panel de six personnes – représentants des journalistes, des entreprises et  membres du public -  désignés en 2013 par les professionnels et les éditeurs . Il  est plus maigre que le texte précédent, 19 pages au lieu de 48. la suite …..

Belgique : Une nouvelle secrétaire générale pour le CDJ — 9 décembre 2015 —  Muriel Hanot a été recrutée par l’Association pour l’Autorégulation de la Déontologie Journalistique (AADJ), la structure juridique qui supporte le CDJ et en assure le fonctionnement, pour succéder à André Linard au poste clef de secrétaire général(e) du Conseil de déontologie journalistique de Belgique francophone. Elle prendra ses fonctions le 1er mai 2015, mais travaillera en tandem avec son prédécesseur dès le 1er février. Journaliste quelque mois en presse écrite, Muriel Hanot est docteur en communication. Elle enseigné  l’université Catholique de Louvain et est actuellement directrice des études et de la recherche du CSA belge.

Grande – Bretagne : La presse écrite britannique rafraîchit son code éthique – 4 décembre 2015 – L’IPSO (Independant Press Standard Organisation), créé il y a 15 mois par l’industrie de la presse britannique pour tirer les leçons du scandale News Of The World , a publié le nouveau code de pratique professionnelle auquel elle se référera désormais. Il s’appliquera à tous les journalistes écrivant pour les quotidiens, les magazines et les sites d’information en ligne. lire ici l’analyse de l’APCP

Belgique : étude sur la diversité dans la presse écrite – 2 décembre 2015 — L’Association des journalistes professionnels de la communauté francophone de Belgique tente depuis cinq ans de mieux cerner la représentation de la diversité de la société. Elle a publié en mai sa deuxième étude sur la diversité et l’égalité dans la presse quotidienne.  Les résultats de ce crible portent sur la représentation homme-femme, la diversité des origines, des catégories sociaux professionnels , l’âge et le handicap. lire ici

Togo : les délits de presse à nouveau pénalisés — 6 novembre 2015 — L’article 497 du nouveau code pénal togolais voté il y a quelques jours par le parlement de Lomé revient en arrière dans ce pays où les délits de presse avaient été dépénalisés en 2004. Il prévoit une peine de six mois à deux ans de prison assortie et/ou des amendes de 500 000 à deux millions de francs CFA ( 760 à 3000) euros pour la « publication, la diffusion ou la reproduction de fausses nouvelles » . Plusieurs organisations d’éditeurs et de journalistes, ainsi que l’Union de la Presse Francophone, s’inquiètent des « germes liberticides » que porte ce texte.  La secrétaire générale de l’Union des Journalistes indépendants du Togo craint « une régression intolérable en matière de liberté de la presse« . Officiellement l’objectif est de pousser les médias à plus de qualité, problème récurrent des médias du pays selon l’Observatoire Togolais des Médias . Mais Augustin Amega, l’ancien secrétaire général de l’UJT rappelle que la répression ne rend pas les journalistes plus professionnels : « il faut user de pédagogie » dit-il, et renforcer « les institutions chargées de l’autorégulation« .

Finlande : L’arrestation d’un photographe validée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme —  28 octobre 2015 — Les faits remontent à 2006. Au cours d’une manifestation de rue, un photographe du magazine Suomen Kuvalehti est arrêté alors qu’il couvrait les violences survenues après la dispersion du cortège. Il passera 17h30 en cellule. Poursuivi pour ne pas avoir quitté les lieux des incidents malgré les injonctions, le photographe a été condamné pour désobéissance à la police. Il a contesté cette décision au nom de la liberté d’expression devant les juridictions finlandaises, puis devant le Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui vient de lui donner tort. lire ici

Belgique : La photo du petit Aylan était d’intérêt général : – 22 octobre 2015 – Le Conseil de déontologie Journalistique belge s’est saisi de la publication par de très nombreux médias de l’image du corps du petit garçon syrien, Aylan Kûdi, rejeté par la mer sur une plage turque. Cela a provoqué de  très nombreuses critiques des médias, accusés de voyeurisme, de sensationnalisme, d’atteinte à la dignité des victime. Dans son analyse, le CDJ rappelle que « la déontologie aide les médias à décider de la publication d’une telle photo » et passe en revue les articles de son code concernés par ce type de cas. Notamment son article 22 qui pose que « les journalistes évitent l’intrusion dans la douleur des personnes et la diffusion d’informations et d’images attentatoires à la dignité humaine sauf ce qui est pertinente au regard de l’intérêt général« . Sa jurisprudence comprend cette décision antérieure : « des photos peuvent contenir un apport informatif significatif qui prend le pas sur leur caractère éventuellement choquant et justifie leur publication. (…) L’horreur réside dans l’existence de scènes de ce genre, pas dans le fait de les montrer » . En conclusion , le CDJ constate que l’image d’Aylan Kûrdi  a été utilisé , généralement, avec dignité et respect. Lire ici l’avis du CDJ.

Bulgarie : Renouveau du Conseil de Presse : – 22 octobre 2015 – Créé en 2005 au moment des négociations d’adhésion à l’Union Européenne, le National Council for Journalistic Ethics bulgare était devenu une coquille vide. La main mise d’intérêts privés sur les médias bulgares a considérablement dégradé l’image des journalistes dans le pays. Les campagnes de dénigrement sont fréquentes contre les enquêtes libres et leurs auteurs. Un ex-ministre a par exemple porté plainte au pénal pour dénonciation calomnieuse contre le journaliste qui a révélé sa fraude aux allocations chômage lorsqu’il était en France.  Dans ce contexte de méfiance et d’entraves à la liberté d’expression, un groupe de journalistes et de citoyens a choisi de relancer un conseil de presse. Ils ont mis en place une commission des plaintes de 12 membres chargés de statuer sur le dossiers qu’elle reçoit. En quelques semaines, plus de 50 plaintes lui ont été adressé. Lire aussi sur l’état de la presse et des médias en Bulgarie cette enquête d’un site suisse .

Algérie: Condamnation d’un journaliste à 1 million de dinar de dommage et intérêt2 octobre 2015 —Une cour d’Anaba, à l’est de l’Algérie, s’est référée au code pénal et non code de la presse dans une affaire de diffamation. Elle a prononcé condamné un journaliste de l’Est Républicain à 50 000 dinars d’amende  (421 euros) et à un million de dinar de dommages et intérêt (8400 euros). Le salaire moyen en Algérie est de 36104 dinar. L’affaire fait suite à un papier mettant en cause un employé de l’université de la ville, qui avait pourtant obtenu un droit de réponse dans les colonnes du journal. Mais il a ensuite porté plainte devant les tribunaux. L’avocat du journaliste estime – ici – que « cette condamnation (…) a pour but de faire taire les plumes, sachant que la majorité des journalistes ne peut pas la supporter.« 

Belgique : Le CDJ blâme un quotidien pour plagiat d’un magazine  — 28 septembre 2015 — en janvier dernier Paris Match Belgique publiait 6 pages d’interview-portrait d’une militante syndicale dont  l’action avait fait débat  lors  d’un mouvement de grève quelques semaines plus tôt. Le lendemain les titres du groupe SudPresse publiaient de larges extraits de l’interview. Son origine était indiquée et Paris Match Belgique cité plusieurs fois en une des quotidiens et dans leurs pages intérieures, ainsi que sur les versions en ligne. Pourtant, le CDJ a conclu au plagiat. Il constate qu’il n’y a « aucun apport de valeur ajoutée » dans le travail de SudPresse. Au contraire « les citations entre guillemets (….), représentent environ la moitié de l’article de SudPresse et les informations qui ne sont pas placées entre guillemets ne sont que la reformulation de passages de l’interview« . C’est , pour le conseil de déontologie journalistique «  une appropriation du travail journalistique d’autrui ». lire ici l’avis du CDJ

Australie : Nouveaux membres au conseil de presse28 septembre 2015 —  L’Australian Press Council a enregistré trois nouvelles adhésions en septembre: l’édition australienne du site d’information en ligne Hufftington Post, HuffPost  Australia, celle du Daily Mail britannique et The Monthly Chronicle un journal des quartiers nord de Sydney plusieurs fois primés pour la qualité de son travail. Le rédacteur en chef de ce dernier titre a présenté cette adhésion comme le symbole d’une volonté de fournir un récit crédible et précis de la réalité locale.

Maurice : Montage tendancieux — 28 septembre 2015 — La chaine publique de télévision mauricienne (Mauritius Broadcasting Corporation-MBC) est mise en cause à propos d’un reportage sur un anniversaire d’un parti d’opposition. A l’insu de la journaliste chargée du sujet, des images d’un coffre fort rempli de billets au domicile d’un des dirigeant du parti travailliste, tournées lors d’une perquisition il y a 6 mois,  ont été ajoutées à celles filmées lors de la commémoration.

Suisse : Mise en garde contre le couplage rédactionnel / publicité: — 25 septembre 2015 — Une association professionnelle de journalistes avait saisi le Conseil Suisse de la Presse en novembre dernier d’une annonce parue sur le réseau LinkedIn. Un magazine y proposait  aux chefs d’entreprise, moyennant 5000 francs suisses, de publier leur photo en couverture et 4 pages d’interview accompagnées d’une page de publicité pour leur entreprise. Le Conseil Suisse de la Presse s’est déclaré incompétent sur cette proposition car émanant d’un support qui « se présente moins comme un magazine à visées journalistiques que comme un conseiller en communication ou en marketing ». Mais il a tenu à souligner le danger d’une telle pratique pour la crédibilité du journalisme, notamment si « de telles offres laissent entrevoir aux dirigeants d’entreprise la possibilité de ‘s’acheter’ des couvertures de magazine et des interviews de complaisance » et dans ses conclusions « met en garde contre toute forme de « couplages » rédactionnels et de promotions publicitaires ». (source CDJ) – ici l’avis du conseil suisse de presse

Côte d’Ivoire : Réflexions sur le rôle des médias en période électorale  —  7 septembre 2015 — mise à jour le 14 septembre —-  Les médias ivoiriens se préparent pour la campagne en vue de l’élection présidentielle d’octobre. La Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) et le Conseil National de la Presse (CNP) ont rappelé les règles au cours d’une conférence qui réunissait le 22 août médias et ONG . Radios et télévisions doivent offrir aux candidats un accès équitable à leurs antennes et un traitement équilibré (y compris dans le secteur privé, car la HACA estime que « le principe d’intérêt général s’impose à tous », public et privé) . Dès l’ouverture de la campagne, le principe d’égalité s’imposera, « on ne pourra pas traiter différemment les candidats selon qu’ils sont de tel ou tel bord  » a averti le directeur général de la HACA ivoirienne. Côté presse écrite, son homologue du Conseil National de la Presse a invité les médias, et notamment le grand quotidien Fraternité Matin et  l’Agence Ivoirienne de Presse , à s’obliger à traiter les candidats sur la base du principe d’égalité et à assurer le respect du droit de réponse. Quelques jour plus tard, l’instance d’autorégulation Observatoire pour la liberté de la presse , de l’éthique et la déontologie (Olped) a proposé à des rédacteurs en chefs de médias, notamment de certaines des très nombreuses radios locales, un atelier de 4 jours. On y a parlé du code électoral, du dépouillement du scrutin et de l’annonce des résultats ainsi que des voies et moyens, pour un médias, de gérer les conflits liés à ces différentes phases du processus électoral. La passé était présent dans tous les esprits : rappelant le rôle de boutefeu de la presse dans la  crise de 2010, le président de l’Olped a affirmé que « la presse ivoirienne doit laver son honneur ». Le Conseil National de la presse a publié le 10 septembre ses directives pour la couverture de la pré – campagne de l’élection présidentielle qui court de la liste définitive des candidats à l’ouverture de la campagne électorale.

Canada :Lancement d’un nouveau conseil de presse : -– 11 septembre 2014 — Le Canada avait jusqu’à ces dernières années des conseils de presse provinciaux. Pour la première fois, un Conseil de Presse National voit le jour. Ce National Newsmedia Council  est créé par l’Association des journaux canadien. Il ne regroupe pour l’instant que les éditeurs des provinces les plus peuplées, Ontario,  Colombie Britannique et celles de la façade atlantique du pays. Les francophones du Québec ont décliné l’invitation de le rejoindre – voir ici  à la date du 2 octobre 2014 -  L’ambition de ce conseil de presse est de regrouper à terme tous les journaux anglophones du pays – il est installé dans les locaux de l’association des éditeurs – et de promouvoir  » les normes éthiques et professionnelles les plus élevées de journalisme et d’agir comme un moyen de compréhension entre les organes de presse et le public ». Il s’engage à examiner et « éventuellement statuer sur les plaintes du public au sujet de violations présumées des normes éthiques ». Son président est John Fraser un journaliste reconnu à Toronto.

Grande Bretagne : The Daily Telegraph publie une décision négative à  son encontre  — 7 septembre 2015 — L’Independant Press Standards Organisation (IPSO), l’instance mise en place unilatéralement par les éditeurs britanniques, met en application sa règle de publicité de ses avis. En juin dernier, son comité des plaintes a conclu qu’un article du Daily Telepgraph paru en avril ne respectait pas les règles de précision et d’exactitude. Publié avant les élections britanniques, il accusait de double langage la cheffe du gouvernement écossais. Sur la base d’un mystérieux mémorandum, le journal écrivait que Nicola Srugeon souhaitait la victoire des conservateurs de David Cameron au cours d’une conversation privée avec l’ambassadrice France, alors que publiquement elle appelait de ses voeux « une alliance progressiste » avec les travaillistes. L’IPSO reproche au journaliste de ne pas avoir contacté l’équipe de Nicola Sturgeon pour recouper l’information. Surtout, elle déplore que le journal se soit appuyé sur une source unique, qui plus est « qui n’est pas de première main » puisque le rédacteur du mémorandum affirmait tenir l’histoire d’un diplomate français. « Cela a été publié comme un fait« , écrit l’IPSO, « sans aucune tentative de vérification(…) L’article était trompeur« . The Daily Telegraph avait publié le démenti de Nicola Sturgeon dans une édition du soir, mais pas sur son site. L’Independant Press Standards Organisation lui a fait obligation de publier son blâme dans ses éditions et en ligne. Cela a été fait le 5 juillet dans la section Information/ Investigation de Telegraph.com. -ici-. A noter que dans un autre dossier, concernant The Times, IPSO avait demandé et obtenu la republication de son avis, en première page et non dans la rubrique « Corrections et Mises au point » puisque que le titre incriminé pour inexactitude avait été publié en une. Le bilan de la première année de fonctionnement d’IPSO est cependant à nuancer. voir ici

Canada  : Le Conseil de Presse du Québec va se réformer  — 7 septembre 2015 —   C’est l’engagement de sa présidente, l’ancienne  journaliste Paule Beaugrand-Champagne. Arrivée à la tête de l’instance d’autorégulation il y a 18 mois, elle a du affronter deux mini tempêtes publiques qui écornent l’image du Conseil de Presse du Quebéc. La première vient d’un journaliste de Radio Canada, blâmé pour un reportage ( voir ci dessous « Un parti politique obtient satisfaction devant le conseil de presse contre Radio Canada qui fait appel » – billet en date du  16 mars 2015 ) qui a publiquement laissé entendre qu’un des dirigeants du CP étant en situation de conflit d’intérêt dans le dossier qui le concernait. La seconde critique a été formulé par un journaliste qui a démissionné du comité d’appel du CP, en dénonçant l’omniprésence de son directeur général , qui reçoit les plaintes, les instruit, rédige et oriente le projets d’avis du comité des plaintes auquel il participe alors que les bénévoles représentants médias, société civile et journalistes devraient y délibérer seuls. Daniel Renaud pointait aussi  - ici - l’état d’esprit de certains membres du CP auxquels il reproche de « chercher parfois à prendre les journalistes et les médias en défaut, à laver plus blanc que blanc, sans s’arrêter uniquement aux faits« que le comité des plaintes ou le comité d’appel est chargé d’analyser pour rendre ou réviser un avis. Paule Beaugrand-Champagne a donc mis en chantier une révision des procédures du conseil de presse. Cela devrait être rendu public à l’automne, de même qu’une nouvelle version du guide de déontologie auquel se réfère le CP. Elle espère enfin convaincre prochainement le puissant groupe de presse Quebecor, qui a quitté le CPQ il y a 5 ans, de revenir sur cette décision.

Pays-Bas : Ne pas se contenter du téléphone pour joindre un mis en cause — 7 septembre 2015 — Le Raad voor de Journalistiek (RVJ) néerlandais vient de blâmer une radio régionale, RTV NOORD, pour avoir mis en cause dans une affaire de fraude fiscale une personnalité locale, ancien trésorier du club de football SC Vendam. A l’occasion d’un reportage sur une vaste perquisition des services fiscaux dans plusieurs entreprises, un reportage a présenté Ghalid Kamil comme conseil des fraudeurs présumés. L’accusation reposait sur des témoignages d’entrepreneurs. Mais le journaliste n’avait pas recueilli le point de vue l’intéressé. Il a affirmé avoir cherché sans succès à le joindre au téléphone. Le RVJ lui a donné tort, estimant d’une part  que « une attention particulière est nécessaire si l’information provient de personnes qui étaient au moment du reportage en conflit avec la personne concernée« , d’autre part que compte tenu des accusations, il aurait du chercher à joindre M.Kamil « autrement que par téléphone, par mail ou fax » . En conclusion, le Raad voor de Journalistiek pose que « en publiant les accusations sans [sa] réaction, RTV NOORD n’a pas agi équitablement  et sa couverture est biaisée« . La radio a été invitée à faire connaître cette conclusion en totalité ou en résumé sur son site Internet.

Egypte : Restriction de la liberté d’expression sur les affaires de terrorisme :  — 26 juillet 2015 —  Un projet de loi prévoyait début juillet jusqu’à deux ans de prison pour tout journaliste publiant des informations sur la lutte anti terroriste contraires à la version officielle. « Le gouvernement a le devoir de protéger les citoyens des fausses informations » affirmait le ministre de la justice. Devant le tollé suscité par ce projet, le conseil des ministres égyptien a remplacé la prison ferme par des amendes. Mais leur montant  – de 23 000 à 58 000 euros – est  très largement au dessus des moyens des journalistes, a dénoncé le syndicat des journalistes égyptiens. L’effet autocensure recherché risque donc malheureusement de fonctionner.La loi a été promulguée le 16 août par le Président égyptien, et s’applique aussi aux journalistes étrangers (mise à jour le 17 août 2015 )

Belgique :  Tentative de manipulation du CDJ éventée :   — 26 juillet 2015 — Un  médecin a été débouté par le CDJ belge qui n’a pas retenu sa plainte pour travestissement de la réalité. Peu après les attentats de Paris, il avait écrit sur sa page Facebook  le message suivant: « couple barbu voilée en consultation:désolé , dangereux, je refuse. Ce n’est pas du racisme, mais une question de sécurité, de survie » . Un journaliste de SudPresse lui a téléphoné pour vérifier puis a consacré un article à ce qui est , écrit il,  » un refus de soin qui interpelle (…)  de la part d’un médecin tenu par le serment d’Hippocrate ». Le médecin a écrit au CDJ que la mention sur sa page Facebook était « je refuse éventuellement » et que cet adverbe avait été omis intentionnellement par le journaliste. Las, celui-ci avait fait une saisie d’écran de la page avant d’appeler pour enquête le médecin, qui a ajouté l’adverbe dans un  deuxième temps devant le tollé suscité par son affirmation. »Le journaliste n’a dès lors pas modifié ni supprimé d’information essentielle à la compréhension du sens des propos  » conclut le CDJ, qui a débouté le plaignant

Québec :Dérapages à répétition sanctionnés :  — 26 juillet 2015 — Le conseil de presse québécois a infligé deux blâmes à Carl Monette, un journaliste animateur à la mi-journée sur la station Choi 98,1.  Déjà épinglé pour sexisme en novembre 2014 par le même conseil de presse, Carl Monette s’était excusé alors à l’antenne. Les deux nouvelles décisions lui reprochent, l’une d’avoir « fait montre d’un mépris flagrant envers les femmes en les réduisant tout bêtement à la fonction d’objet sexuel » – il  les avait  cantonné au rôle de « lave-vaisselle qui suce » leur déniant le droit d’être policière ou pompier – l’autre des « propos islamophobes véhicula[nt] des préjugés » : il avait  affirmé sans trembler que « les musulmans, c’pas tous des terroristes. Mais tous les terroristes sont des musulmans » ! Dans les deux cas la station de radio, pourtant membre du Conseil de presse, a refusé de répondre à la plainte . Mais quelques jours plus tard la direction de la station annonçait l’embauche d’un autre animateur à la rentrée pour l’émission quotidienne d’actualité de la  mi-journée, et disait rechercher une autre place sur sa grille pour Carl Monette.

Sénégal : Trois jours de détention pour des journalistes :  — 26 juillet 2015 —  Trois journalistes sénégalais ont été détenus du 14 au 17 juillet. Les gendarmes sont même venus arrêter l’un d’eux dans sa rédaction. Il leur est reproché d’avoir publié, dans deux affaires distinctes, des informations violant le secret défense ou le secret de l’instruction. Associations professionnelles et ONG ont protesté et obtenu leur remise en liberté. Le respect de la protection des sources est exigé en vain :  le gouvernement sénégalais dénonce publication d’informations confidentielles et assure que les informateurs des journalistes seront identifiés et sanctionnés.

Belgique : Commentaires excessifs : — 26 juillet 2015 — Une institutrice donne une fessée à un écolier. L’administration la sanctionne. L’affaire retient l’attention du journal La Capitale et de son édition en ligne. Un plaignant, dont le CDJ accepte de conserver l’anonymat, saisit l’instance de régulation belge notamment sur le contenu des commentaires qui suivent l’article sur Internet. Le CDJ a donné raison partiellement sur ce point , soulignant que des expressions comme  » moi je la démonte,  à la place des parents, je l’aurais démontée et  je lui déclenche une violence comme peut de gens on vu (sic !) » constituent des appels à la violence que La Capitale a eu tort de laisser passer.

Suisse : Justice accélérée et liberté de la presse : — 15 juillet 2015 — Le conseil suisse de presse s’inquiète des conséquences d’une réforme de la procédure pénale sur l’information des citoyens en matière judiciaire. Il s’est auto saisit du dossier et rappelle que les journalistes et les médias ont des règles éthiques qui garantissent le respect des personnes. lire ici

Grande Bretagne : La chroniqueuse et les « cafards » – 10 juin 2015 — L’instance d’éthique des éditeurs britanniques refuse de se pencher sur le cas d’une journaliste très virulente contre les migrants de Méditerranée. lire ici

Canada : Garder ses distances aussi sur les réseaux sociaux — 5 juin 2015 — Pour le médiateur de Radio Canada, Pierre Tourangeau, il ne faut pas se laisser entraîner sur les réseaux sociaux « par le contenu, le ton, le franc-parler, voire l’irrévérence des commentaires qu’ils reçoivent, à débattre parfois « vigoureusement » et à porter des jugements sur les opinions de leurs interlocuteurs ». S’adressant notamment aux jeunes journalistes,  il ajoute que cela vaut même dans l’utilisation personnelle des médias sociaux, car « l’association professionnelle avec Radio-Canada » est réputée permanente. Les Normes et pratiques journalistiques (NPJ) de la chaîne canadienne posent que « l’expression d’opinions personnelles sur des sujets controversés ou d’ordre politique peut miner la crédibilité du journalisme de Radio-Canada et éroder la confiance de notre public. voir aussi ici

Belgique: Déduction éditoriale et déontologie —18 mai 2015 —   A l’automne dernier, la police belge a publié un avis de recherche pour un homme « portant sous le bras un objet pouvant être une arme » accompagné d’une photo prise devant l’ambassade d’Israël. Le site d’information La Dernière Heure titre « Un tueur antisémite dans la nature ? « . Le CDJ a été saisi pour  non respect de la vérité et stigmatisation « à caractère raciste » . Il n’a pas suivi le plaignant. Pour le CDJ, tout l’article est sous forme interrogative, et le journaliste, à partir des faits en sa connaissance, n’a fait que poser une hypothèse. Et l’avis conclut :« Quelle que soit l’appréciation qualitative portée sur cette déduction, celle-ci ne recèle pas de manquement à l’obligation déontologique de rechercher et respecter la vérité. »

Grande Bretagne : Conseil de presse sans vocation pédagogique ? —18 mai 2015 — L’histoire est banale. Un article du Scottich Daily Mail évoque un différend entre deux particuliers, et l’un d’eux estime que le journal se trompe. Saisi, l’Independent Press Standards Organisation considère que les articles de son code éthique traitant de l’exactitude, du respect de la vie privée et du droit de réponse sont concernés par ce cas. Une médiation est tentée avant un éventuel avis – c’est la règle  de l’IPSO. Par ce truchement,  le journal  présente des excuses pour son erreur, et  propose de faire un geste financier pour dédommager le plaignant. Celui ci considère que ce versement règle le problème et  lui donne satisfaction. Les lecteurs ne seront rien du différend. Fin de l’histoire. Le plus édifiant est dans le dernier attendu de l’avis: comme la méditation  été couronnée de succès, « le comité des plaintes » écrit IPSO  » n’a pas eu à déterminer s’il y avait eu ou non violation du code éthique ».  

Nouvelle Zélande : Editorial et xénophobie —18 mai 2015 —- Un lecteur du site Stuff.co.nz a saisi en janvier le Conseil de Presse de Nouvelle Zélande en accusant un article de ce site de xénophobie et d’incitation à la haine des musulmans. Il s’agissait d’une chronique comparant les assassinats commis par l’organisation État Islamique avec la politique pénale en Arabie Saoudite. Plainte rejetée, car l’article était clairement présenté comme le commentaire d’un spécialiste du Moyen Orient, certes sur le mode provocateur , et que s’il critique d’une façon « très ferme »  le système juridique saoudien, « il ne favorise la xénophobie, et la haine raciale »

Gabon : questions et  réponses —8 mai 2015 —- Une émission de la télévision gabonaise a innové il y a quelques temps. Elle a adressé à un invité un canevas de son interview à venir sur les manifestations étudiantes de décembre dernier.  Ce « protocole«   (sic) est complet, puisqu’il présente en caractère gras les questions qui vont être posées, et en italique « les réponses attendues » (re- sic). L’histoire ne dit pas si le Conseil  national de la Communication du Gabon a protesté. Il est présidé depuis un an par l’ancien ministre de l’intérieur.

Moldavie : Bonnes intentions et respect des mineurs —8 mai 2015 —-La direction de la prison de Goian, en Moldavie, avait eu l’idée, dans un souci de réinsertion, d’emmener des détenus mineurs visiter un lycée et rencontrer des lycéens. Les télévisions avaient été convoquées, qui ont filmé les jeunes condamnés à visage découvert. Raté pour une réinsertion anonyme. Le conseil de presse moldave a rappelé  – ici – les chaines de télévision au respect de la protection des mineurs . Elle a aussi écrit en ce sens à l’administration de la prison.

Allemagne : 7 réprimandes publiques du conseil de presse  —8 mai 2015 —- L’une d’elle condamnait la publication de l’image d’une jeune femme victime d’un viol. Son visage avait  été flouté. Mais la photo avait été prise par l’agresseur pendant le viol comme un « trophée ». C’est ainsi que Bild l’avait présentée, commettant « une violation particulièrement grave de la dignité de la victime » écrit le Presserat.Le Conseil de la presse s’en est pris également au  « native advertissing ». Cette publicité consiste a vanter un produit dans un article sans citer de marque. Le Presserat allemand a épinglé deux magazines, Welt Elt Der Wunder et TV Hören Und Sehen  dans lesquels des articles vantant l’efficacité de certaines substances actifs contre le rhume côtoyaient des publicité pour des médicaments contenant exactement ces ingrédients. L’avis en allemand.

Ukraine : Les lecteurs ne sont pas des journalistes —8 mai 2015 —-  Internet offre de multiples occasions au public de s’exprimer, et les médias, comme les conseils de presse, en sont parfois désappointés . Illustration avec une décision du conseil de presse d’Ukraine. Le site d’information iLikeNews.com a été condamné par sa commission de l’éthique journalistique pour un article sur un centre de soins .Des médecins étaient accusés tout de go de népotisme, de corruption et de ventes de certificats médicaux. Le directeur du site a expliqué que ces « informations » venaient de lecteurs qui avaient utilisé l’option « ajouter vos nouvelles » proposée en ligne. Mais rien n’indique que ce sont des commentaires, a souligné la commission d’éthique. Donc ces « articles » devraient être présentés de manière équilibrée, et le CP adresse un « avertissement amical » au site en lui demandant « une plus grande attention pour le code d’éthique des journalistes ukrainiens »

Suisse : Faible revenu déclaré … et publié : -– 20 avril 2015 — Un politicien bernois a déclaré pour 2013 200 francs suisses de revenus, titrait en substance le quotidien Le Matin. L’article expliquait avec ironie que l’intéressé « se tuait à la tâche pour rendre ses propriétés exemplaires en terme d’impact énergétique ». Protestation de l’homme politique, qui saisit le Conseil Suisse de la presse pour inexactitude et accusations gratuites. Il a été débouté. Le CP n’a relevé aucune erreur et explique que « tout lecteur contribuable comprend parfaitement que le politicien a déclaré un revenu, mais simultanément de grosses déductions consécutives à des investissements d’économies d’énergie ». Quand aux accusations gratuites, le journal, écrit le CP, n’a fait « qu’exercer  sa liberté de commenter, et homme politique candidat à une élection importante doit s’attendre à être exposé à de telles critiques ».

Algérie : Pression financière revendiquée et assumée : — 20 avril 2015 — L’opérateur de téléphonie mobile Ooredoo, qui compte 10 millions d’abonné en Algérie, n’est pas qu’une des principales entreprises du pays. Son président se veut aussi le juge de la déontologie des médias. Lors d’un dîner en février, il a annoncé que son groupe ne donnerait plus de publicité aux journaux qui critiquent le président Bouteflika, le gouvernement algérien,  l’entreprise Ooredoo et le Qatar, où elle est née. Les protestations des journalistes, qui ont lancé une pétition dénonçant ces propos,  n’ont pas entamé les certitudes de Joseph Ged. Il a plus tard expliqué que son approche « est la non diffamation et le respect de la loi » et qu’il considère « les attaques personnelles comme de la diffamation« . Le ministre algérien de la communication a déclarer souscrire à cette déclaration. Quelques semaines plus tard le même ministre a annoncé qu’un conseil d’éthique et de déontologie serait mis en place quand « le nombre de cartes de journaliste professionnel délivrées aura atteint les 3.000″.

Canada : précision et commentaire:  — 20 avril 2015 Il y a une différence entre 30 secondes et 3 minutes. Ce constat simple a conduit le Conseil de presse du Québec à retenir le grief d’information inexacte contre un chroniqueur du Journal de Montréal s’en était pris violemment aux pompiers de la ville. Un rapport interne des services de lutte anti incendies avait souligné que le temps d’attente des appelants avait augmenté en moyenne de 29 à 40 secondes. Le journaliste avait, sous le titre « Honte aux pompiers » écrit « Les trois minutes supplémentaires que vous prenez pour bouder coûtera peut-être la vie d’un homme ». Le Conseil de presse a rappellé que les chroniqueurs ne peuvent « altérer des faits pour justifier l’interprétation qu’ils en tirent »

Australie : Accès aux métadonnées autorisé : — 20 avril 2015 — Le parlement australien a voté fin mars une loi autorisant les services de sécurité à accéder aux métadonnées des communications de leurs concitoyens. Les fournisseurs d’accès internet et de téléphone mobile devront les conserver deux ans et les fournir sur réquisition. Les travaillistes ont soutenu la loi en échange de l’ajout d’un amendement contraignant les enquêteurs à obtenir un mandat pour accéder aux métadonnées des communications des journalistes. Avant le vote, le Président du Conseil de Presse Australien avait fait part de son inquiétude pour l’avenir du journalisme d’investigation, craignant que des « informateurs et des sources confidentielles soient dissuadées de s’engager avec les médias ».

Belgique : Pas de tête de turc parmi les juges  — 23 mars 2015 — Un article du quotidien L’Avenir s’en prenait nommément à un magistrat après la cassation d’un arrêt de la cour d’appel de Mons. Décrit comme  « méchamment crossé » et «renvoyé à ses études  » par la cour de cassation, cité 6 fois en quelques lignes, ce magistrat apparaissait comme seul responsable des erreurs d’analyse ayant conduit à la cassation. Or la cour d’appel est composée de 3 juges, et son avis rendu sans qu’on connaisse l’avis personnel de chacun. Cette collégialité n’était évoquée  à aucun moment dans l’article. Saisi par la présidente du tribunal, le CDJ a  blâmé le journal occultation d’information et déformation d’informations. (d’autres avis récents du CDJ ici)

Québec:  Un parti politique obtient satisfaction devant le conseil de presse contre Radio Canada qui fait appel — 16 mars 2015 — Le Parti québécois a saisi le Conseil de Presse du Québec en juillet dernier du contenu d’un reportage télévisé. Il reprochait à Radio Canada d’avoir, dans un reportage diffusé avant les élections générales d’avril 2014, accusé à tort le mari de l’ancienne présidente du parti, Pauline Marois, de complicité dans le financement occulte de précédentes campagnes électorales. Le CP a estimé dans son avis rendu le 18 février que, contrairement à l’affirmation du Parti québecois, le sujet était « éminemment d’intérêt public ». Mais il leur a donné raison sur deux points. D’une part, une seule source non identifiée accusait le mari de Pauline Marois d’avoir été au courant de ces financements. Il y a pour le CP défaut « de vérification des sources et utilisation injustifiée d’une source anonyme ». D’autre part, le journaliste a certes demandé des explications au plaignant , qui nie à l’antenne avoir reçu des financements illégaux , mais l’image accompagnant cet interview téléphonique est « une reconstitution, qui n’est pas identifiée comme telle, montrant à deux reprises une personne donnant à une autre une enveloppe brune – le symbole par excellence, au Québec, de la corruption. La scène est légèrement floutée afin de mettre l’accent sur le caractère secret et occulte de l’affaire« . La séquence a été condamné comme « présentation tendancieuse de l’information ». Après publication de l’avis du Conseil de Presse, le Parti québécois ne s’est pas contenté de prendre acte d’une décision qui va dans son sens. Revenant à une démarche politicienne, il a exigé que la chaine de télévision révèle le nom de sa sources et adresse des excuses publiques à Pauline Marois (voir ici). Dans un communiqué, Radio Canada, qui a rendu compte sur son site  de la décision la blâmant,  maintient que son journaliste disposait de plusieurs sources et annonce qu’elle fait appel sur ce point de l’avis du Conseil de Presse.

Belgique : Accepter que la radio synthétise : — 1er mars — Le CDJ a rejeté fin février une plainte contre la RTBF. Un billet de 3 mn consacré à un festival libertarien aux Etats Unis était, selon un plaignant, trufé d’erreurs de faits, d’approximations, de stéréotypes et de généralisations qui en faisaient une information à charge contre le libertarisme. Le CDJ a suivi la défense de la RTBF, actant qu’il ne s’agissait que du récit d’une réunion libertarienne basé sur des articles de presse français et américains. Dans ses attendus, l’avis précise la doctrine du CDJ : « on ne peut raisonnablement attendre d’un billet radio de 3 minutes qu’il présente intégralement une problématique, son actualité, son contexte et son analyse tout en apportant toutes les nuances que les connaisseurs voudraient entendre ». Le CDJ pointe par contre quelques formulations imprécises qui synthétisent les informations citées par les médias sources de ce billet.

Suède :Record de saisines et invitation à la critique — 1er mars — C’est un record historique pour l’ombudsman de presse suédois: il a été saisi 597 fois en 2014, le chiffre le plus élevé depuis 1996, selon son rapport annuel. La possibilité de le saisir en ligne a été introduite en 2012, et explique depuis la croissance continue du nombre de dossiers. Le médiateur de la presse, l’ombudsman, a renvoyé 36 de ces dossiers vers la commission des plaintes du conseil de presse. Ola Sigvardsson estime que « les médias maintiennent une attitude responsable, malgré le développement de l’information en ligne  continue » mais constate que les fautes sanctionnées sont de plus en plus graves.Il prend ses distances avec l’idée que la presse en ligne est moins soucieuse de déontologie: le nombre de cas concernant les nouveaux médias n’augmente pas. Et dans sont rapport 2014, il note avec intérêt que le magazine Expressen a introduit fin 2014 « un bouton dédié sur chaque article mis en ligne sur expressen.se avec lequel le lecteur peut le signaler directement à l’ombudsman de presse ». Davantage dans notre bulletin n° 45

Haïti : Sanctionner contre les corrompus : — 1er mars — Une partie de la presse haïtienne s’est élevé fin janvier contre la remise à  des journalistes par la présidence de la république d’enveloppes contenant 40000 gourdes ( près de 930 €, soit plus de 130 % du revenu annuel par habitant). Radio Kiskeya, un des principales radios du pays, a vigoureusement protesté , et demande des sanctions contre ceux de ses journalistes qui ont « ont violé une règle cardinale d’éthique et de déontologie professionnelles consistant en la préservation absolue de l’intégrité, de l’indépendance et de la crédibilité du journalisme« 

Suisse : Crédibiliser ses accusations. — 1er mars — Un blâme pour le Basler Zeitung, quotidien suisse de langue allemande. Il a publié en juin une enquête sur l’Office Fédéral des Transports, où il accusait un de ses cadres de pointillisme juridique et de favoritisme dans l’attribution des marchés de navigation fluviale. Sans autre identification de ses sources que des mentions comme « d’autres personnes dans le monde de la navigation ». Le Conseil suisse de presse a estimé que, si « l’observation critique de l’administration et de leurs représentants est une tâche importante de journalistes et d’intérêt public« , les sources anonymes  » doivent être décrites avec une clarté suffisante pour que le public soit à même d’évaluer leur rôle ».

Russie : Avertissements d’état. — 1er mars — Onze publications russes ont été « averties » par l’autorité administrative de supervision des médias (RosKomNadzor). Il leur est reproché d’avoir publié des dessins parus dans Charlie Hebdo. RosKomNadzor invoque une loi qui permet de poursuivre les contenus « incitant à la discorde ethnique ou religieuse ». RosKomNadzor cumule les fonctions de régulateur technique et économique  de l’audiovisuel et de superviseur déontologique des médias.

Belgique :  Confraternité et suspicion gratuite. — 27 janvier 2015 — En mai dernier, à la suite du départ en politique d’un journaliste de la RTBF, le quotidien SudPresse  publié une  » Enquête « sur » la vraie couleur politique des stars de la télé ». Douze journalistes ou cadres de la RTBF et de RTL sont cités comme ayant des options politiques qui influencent leur choix, ou soupçonnés d’en avoir. Le journal prend essaie de garder un peu de distance avec les on dits dans un tableau en page intérieure titré « les étiquettes politiques qu’on leur colle: Mythe ou réalité ? » mais les articles et commentaires généraux qui accompagne ce tableau sont sans ambiguité , dans la tonalité de l’appel de « une » : « La vraie couleur politique des stars de la TV » . Fait rare, deux chaînes de télévision , la RTBF et RTL ont saisi ensemble le Conseil de Déontologie Journalistique Belge. Dans son avis publié le 27 janvier, celui-ci relève   » des affirmations inexactes et attentatoires à [l'] honneur professionnel et à [la] vie privée [des personnes citées]«  , sans que soit apportées des « informations factuelles qui indiqueraient une influence de leurs opinions personnelles sur leur travail journalistique » . Le CDJ conclut à des fautes déontologiques de SudPresse pour recours à des approximations, à des rumeurs et à des informations non vérifiées. Il conclut  que SudPresse a en sus contrevenu enture à l’exigence de confraternité qui figure dans le code de déontologie  en « jetant la suspicion sur « [l']  intégrité professionnelle de ses confrères.

Grande Bretagne :Premier bilan de l’instance de régulation des éditeurs sur fond de confusion - —  20 janvier 2015 ; mis à jour le 24 janvier — La situation de l’autorégulation est assez confuse en Grande-Bretagne, où une mission de la Chambre des Lords entreprend de recenser les différentes instances d’autorégulation, deux après le rapport Leveson. L’année 2014 a vu se multiplier les iniatives au risque de déconcerter le public, comme le relate cette très intéressante synthèse publiée dans le bulletin du Conseil de presse du Québec. L‘Independent Press Standards Organisation (IPSO)  mise en place en septembre 2014 par les industriels de la presse à la place de la décriée Press Complaint Commission, affirme avoir  reçu 3000 plaintes en 4 mois d’existence. La plupart ont été réglés à l’amiable, selon la procédure qui laisse 28 jours à un journal mis en cause pour trouver une solution avec le plaignant. Le site de l’IPSO présente 12 cas venus finalement devant sa commission des plaintes. Trois décisions seulement donnent raison au plaignant, dont deux partiellement. L’IPSO s’est créée en opposition au projet de créer une instance d’autorégulation sous protection d’une charte royale, comme proposé par le gouvernement Cameron. Les associations de citoyens victimes des médias ont refusé de s’associer à la démarche unilatérale des éditeurs (lire ici).

Canada :  Le « montréalisme » agace autant que le parisianisme — 24 janvier 2015 —- Radio Canada a publié sur son site  le 23 décembre le marronnier traditionnel listant les 12 événements les plus importants de l’année dans le pays. Un internaute a été surpris de ne pas y trouver la tuerie de Moncton, dans la province du Nouveau Brunswick, au cours de laquelle 3 policiers ont été tués en juin. Il s’est en plaint d’abord au directeur de la rédaction numérique. « En toute transparence » lui répond celui-ci, « j’avoue que ma liste aurait été différente ». Puis il explique qu’établir ce genre de liste est « une science inexacte basée sur le jugement d’individus« . Cette réponse n’a qu’à demi satisfait l’internaute, qui a donc saisi le médiateur de Radio Canada en insistant sur « la frustration pour les Acadiens du montréalisme de Radio Canada » Pour lui, si « le même événement [était] arrivé à Montréal », il aurait été « dans les trois premiers de la liste« . Si dans sa réponse, le médiateur de Radio Canada conclut que la société a respecté ses règles déontologiques, il rejoint en partie l’analyse du plaignant. Il rappelle en effet que Radio Canada « doit refléter les diversités régionales et culturelles du pays ». La sélection des événements de l’année aurait pu intégrer ce critère et, suggère t il, être confiée à des journalistes de toutes les rédactions du pays plutôt qu’à la seule rédaction internet

Australie : Un dessin de presse critiqué — 20 janvier 2015 —  L’ Australian Press Council  a été saisi d’un dessin publié par le Sydney Morning Herald le 26 juillet dernier. Il représentait un vieil homme au gros nez, portant une kippa , assis sur un fauteuil orné de l’étoile de David et pointant une télécommande de télévision sur une cité en flamme, implicitement la bande de Gaza. Bien qu’un dessin de presse par nature exagère et caricature, l‘Australian  Press Council a considéré que le lien fait entre la foi juive et l’offensive israélienne sur Gaza pouvait choquer de nombreux lecteurs.  Cela n’aurait pas été le cas, explique la décision  de l’instance d’autorégualiton australienne, si c’est un lien avec la nationalité israélienne qui avait été fait. Point de vue que le Sydney Morning Herald fait sien dans une lettre d’excuse à ses lecteurs publiée dans ses colonne. Lire  la décision de l’Autsralian Press Council (en anglais)

Madagascar : L’Ordre des journalistes, un phénix affaibli — 16 janvier 2015 — Le nouveau conseil de l’Ordre des journalistes de Madagascar, présidé par Gérard Rakotonirina (de Basy Vava, l’un des plus anciens titres de la presse malgache), renaît officiellement à Antananarivo depuis le 13 décembre 2014. Institution créée quarante ans plus tôt, en sommeil depuis 2007, elle aura bien du travail

Gérard Rakotonirina, président élu

Gérard Rakotonirina, président élu

pour reconquérir une légitimité, panser les plaies de la division récurrente des journalistes malgaches et s’imposer dans la mise en œuvre d’un nouveau Code de la communication, attendu pour mai 2015. Au commencement était le décret 74-014 du 21 mars 1974, portant organisation de l’OJM, instance d’autorégulation de la profession voulue par le pouvoir socialiste et sous tutelle de l’Etat, disposant d’une panoplie de sanctions (avertissement, réprimande, retrait de la carte professionnelle) susceptibles d’appel devant la juridiction administrative. L’Ordre avait pour mission essentielle de « définir un code de déontologie et de contrôler son application ». Il pouvait « intervenir à tout procès de presse ». Il le fit, parfois même contre le pouvoir en place, mais sans doute pas assez souvent ni fermement pour acquérir la crédibilité d’une indépendance réelle. Il adapta au contexte malgache, en février 2001 avec l’appui de l’UNESCO, l’essentiel des dispositions de la charte de Munich, mais sans prendre les moyens pour que ce texte soit reconnu et efficient. Depuis 2007, l’activité a été quasi nulle si l’on excepte en 2009 l’inauguration d’une stèle lors de la journée mondiale de la liberté de la presse, à l’initiative du ministre de la communication, ancien journaliste, alors épinglé sévèrement par RSF ! Somnolence à l’abri d’un Code de la communication en cours de révision perpétuelle depuis 1990… et toujours sans effet. La fin du régime de la Transition favorise en 2014 la reprise des chantiers de ce fameux nouveau Code, qui prévoit une instance de régulation compétente pour tous les médias, écrits, audiovisuels et numériques, et régulant aussi la publicité, l’ANRCM (Autorité nationale de régulation de la communication médiatique). Mais le projet de code prévoit aussi la relance de l’Ordre des journalistes, avec les attributions précédentes, auxquelles s’ajoutent la présidence de la commission d’attribution des cartes professionnelles et le suivi des embauches, licenciements et démissions de journalistes dans les médias. C’est le ministre de la communication (à qui revient par décret d’établir les modalités de fonctionnement de l’Ordre) qui initie le processus électoral par un communiqué du 2 août 2014. Depuis des années, la profession s’est divisée en une multitude d’associations plus ou moins spécialisées ; un syndicat (minoritaire) est né en 2012. La campagne et l’élection controversée ne vont pas simplifier les choses lors de la désignation du nouveau président de l’Ordre. A l’issue du troisième résultat « définitif » annoncé et certifié pour le premier tour du 8 novembre, restent en lice Gérard Rakotonirina et Hervé Rakotozanany (Radio Don Bosco ). Au second tour, le 3 décembre, 557 des 1203 journalistes titulaires d’une carte élisent le président avec 376 suffrages (70% des exprimés) contre 159 à son challenger. Entre les deux tours de scrutin se sont créées deux nouvelles associations contestataires : l’« Alliance des journaliste pour « mettre de l’ordre » dans la profession s’annonce herculéenne. Loïc HERVOUET

Allemagne : Le code de déontologie s’applique aux publications des rédactions via les réseaux sociaux — 29 décembre 2014 — Le Conseil de presse allemand a récemment rappelé que les règles déontologiques s’appliquaient aussi aux productions journalistiques diffusées via Facebook. Pour lui, les réseaux sociaux ne sont qu’un mode de diffusion nouveau des contenus rédactionnels. Leur utilisation n’exonère pas du respect de la déontologie . Le Presserat rappelle également que le médias on-line indépendants doive s’imposer de respecter des principes éthiques du code de presse.  lire ici Canada : Conflit d’intérêt et critique d’art . — 29 décembre 2014 — Le Conseil de Presse du Québec a été saisi par un lecteur du quotidien Le Devoir qui estimait qu’un artiste ne devait pas tenir une rubrique de critique d’art. Il y a en effet conflit d’intérêt  répond le CP, car l’artiste en cause « pourrait un jour exposer ou travailler dans n’importe quelle galerie qu’il est appelé à  commenter » . Conscient que ce raisonnement pourrait conduire à interdire à un dramaturge d’écrire sur les pièces à l’affiche ou un romancier de tenir un feuilleton littéraire , le CP ajoute cependant un considérant justifiant l’exception à cette règle : « [l'artiste] ne perd pas sa liberté d’expression, ni Le Devoir sa liberté de conclure une entente  avec [lui] , pourvu que [ses] contributions soient présentées comme les commentaires d’un artiste » .

Sri Lanka : Suicide et responsabilité éditoriale — 29 décembre 2014 — Le suicide est au Sri Lanka un fléau national. Avec 28,8 suicides pour 100 000 habitants, selon les données publiées par l’OMS il est le 4e pays le plus frappé par ce fléau sur les 172 états étudiés. Le Press Council of Sri Lanka a pris argument de ces statistiques pour rappeler quelques règles déontologiques, puisque « les personnes vulnérables peuvent influencées (…) et  adopter des comportements d’imitation« . S’en tenir sobrement aux faits, sans sensationnalisme, sans décrire explicitement la méthode employée, sans simplifier les motivations en les réduisant à un seul facteur. Le PCCSL affirme qu’après la couverture excessive et spectaculaire du suicide d’une écolière où aucun détail n’avait été épargné, « on en enregistré dans les deux mois qui ont suivi 8 autres cas de suicide de collégienne ». lire (en anglais) ici

Tunisie : Régulation sous contrainte.— 29 décembre 2014 —  Il y a quelques semaines, le directeur de l’Agence tunisienne Binaa News a passé deux jours en garde à vue. Il avait publié sur son site que le ministre tunisien des affaires étrangères avait été fouillé à corps au printemps à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Dans un premier temps le journaliste avait refusé de démentir son information, invitant le ministre à lui adresser un droit de réponse ou à saisir les tribunaux. Il a été arrêté au moment où il apportait des preuves de son information aux enquêteurs. Le site Binaa News  a finalement retiré l’information après avoir « vérifié qu’elle était sans fondement  » écrit il dans un communiqué, et présenté ses excuses au ministre.Son directeur a été relâché. Le Centre de Tunis pour la liberté de la presse a dénoncé un « dangereux précédent ».

Maghreb : Formations à la déontologie — 16 décembre 2014— Un code de déontologie des journalistes du Maghreb a été adopté en janvier 2013 sous l’impulsion de tunisiens et avec l’appui de  l’Union Européenne. Depuis, sur financement de la politique de voisinage de l’Union Européenne, deux journalistes français très impliqués dans ces questions comme professionnels et comme enseignants en journalisme, Alain Rollat et Patrick Pépin ont assuré une mission de formation pour les médias tunisiens, libyens, algériens et marocains adhérents au programme. En mars et en avril en Tunisie, en juin et en septembre en Algérie , en décembre au Maroc, sous forme de conférences ou d’ateliers passant au crible de ce code déontologie les contenus des journaux concernés. Le public visé était autant les journalistes que les éditeurs : « lorsqu’on parle d’éthique et de déontologie, les intérêts des éditeurs rejoignent ceux des journalistes car aucun journal ne peut être publié sans journalistes” soulignait Alain Rollat lors d’un passage dans les locaux de La Liberté à Alger .Une synthèse des réponses apportées par ces deux « déontologues » aux questions posées durant  cette année de rencontres et de formation a été dressée dans un Guide des usages professionnels. Ce document est complété par un Guide des bonne pratiques, application du Code de déontologie des journalistes maghrébins.

Malaisie : Protection de l’anonymat des enfants victimes.- 16 décembre 2014—Le procureur général de Malaisie a engagé des poursuites en novembre dernier contre un journaliste de télévision qui a diffusé des éléments permettant d’identifier un enfant victime de sévices. C’est une première, dans un pays ou une ONG a démontré cette année que 15 %  des articles ou reportages sur des crimes sexuels comportaient des informations permettant d’identifier la victime.

Tunisie : Régulation sous contrainte. — 29 novembre 2014 —Il y a quelques semaines, le directeur de l’Agence tunisienne Binaa News a passé deux jours en garde à vue. Il avait publié sur son site que le ministre tunisien des affaires étrangères avait été fouillé à corps à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Dans un premier temps le journaliste avait refusé de démentir son information, invitant le ministre à lui adresser un droit de réponse ou à saisir les tribunaux. Il a été arrêté au moment où il apportait des preuves de son information aux enquêteurs. Le site Binaa News  a finalement retiré l’information après avoir « vérifié qu’elle était sans fondement  » écrit il dans un communiqué, et présenté ses excuses au ministre.Son directeur a été relâché. Le Centre de Tunis pour la liberté de la presse a dénoncé un « dangereux précédent ».

Afrique du Sud : A propos de l’utilisation de photoshop — 11 novembre 2014 —Le médiateur du Press Council sud africain a rejeté une plainte mettant en cause l’utilisation du logiciel Photoshop. Le magazine You avait publié des phoinconnutos de vedettes le crâne numériquement rasé pour soutenir une campagne de sensibilisation sur le cancer. Le plaignant lui reprochait un manque d’exactitude et la publication d’ « images insultantes, imprécises et insensibles » pouvant choquer les malades et leurs familles. Le journal avait mentionné plusieurs fois dans ses pages que les célébrités avaient été rendues chauves avec Photoshop et que la ligue contre le cancer participait à cette campagne de sensibilisation. Le médiateur s’est appuyé sur cette précaution pour rejeter la plainte, même si la couverture de You où le top model Lee-Ann Liebengberg apparait chauve sous la mention « Six célébrités « se rasent » la tête » peut prêter à confusion. Mettre des guillemets au mot « shave » n’indique pas clairement qu’il s’agit d’un trucage.

 

 

Belgique : Un quotidien pris en faute publie sur son site l’avis du Conseil de Presse. — 30 octobre 2014 —  Sous la mention « l’article ci-dessus comporte des fautes déontologiques« , le site de SudPresse, principal quotidien d’information en ligne en Belgique francophone, a publié les conclusions d’une délibération du Conseil de déontologie journalistique de Belgique Francophone. Il lui est reproché « d’avoir porté des accusations graves reposant sur des informations fausses et non vérifiées » contre un prêtre qui avait saisi le CDJ. Celui-ci s’est lié à Michelle Martin depuis sa libération de prison il y a deux ans. Le journal avait publié des photos de l’ex-épouse de Marc Dutroux , du prêtre et d’une tierce personnes se promenant dans une forêt privée. Le CDJ a considéré que, si Michelle Martin est  devenue une personnalité publique « dont l’espace de vie privée est limité » , ce n’est pas le cas de ses deux compagnons. Du coup,  ces photos prise à leur insu « lors d’une activité privée (une promenade) dans un bois privé et publiées sans leur autorisation«   portaient atteinte à leur droit à l’image et à leur vie privée. Surtout, le CDJ reproche à SudPresse  « la répétition de termes unilatéralement péjoratifs » envers le prêtre dans les légendes et le corps de l’article et des sous entendus sans fondement sur ses relations avec Michelle Martin. Un des attendus de l’avis justifie particulièrement sa publication sur le site de SudPresse : « de telles affirmations demandent donc une vérification attentive, a fortiori en prévision du déferlement d’appels à la haine et à la violence que les informations concernant Michelle Martin suscitent chez les internautes.«   Le journal a obtempéré ici .

Canada :Présenter correctement les invités. — 30 octobre 2014 —  Le médiateur de Radio Canada a récemment donné raison à un téléspectateur qui reprochait à l’émission Second Regard  d’avoir présenté imparfaitement un invité dans un débat sur le conflit israélo-palestinien. Le présentateur avait utilisé la formule  » un sociologue d’origine égyptienne «  pour introduire  un invité certes sociologue, mais enseignant uniquement les méthodes quantitatives en sociologie.  La réponse du médiateur est nette. Il rappelle que cet invité « n’enseigne ni ne fait de recherches universitaires sur le conflit israélo-palestinien et tire son expertise essentiellement de son engagement personnel pour la cause palestinienne » . Il estime que cela aurait du être dit. Mais il ajoute que l’émission a présenté un travail « honnête« et qu’il  » serait donc injuste de ne juger le document en question que sur[cette] omission ».

Belgique : Parler de ce qui vous concerne personnellement peut-être une erreur.— 30 octobre 2014 La balayeuse municipale de  Marche-en-Famenne réveille tôt le matin les riverains d’une place de  ville de Wallonie . Bon sujet pour un journaliste de L’Avenir du Luxembourg qui dénonce ce tapage. Las, il est lui-même riverain de cette place. La ville saisit le Conseil de Déontologie Journalistique pour conflit d »intérêt. A ses yeux, «  le journaliste se sert de son statut de journaliste pour aborder une situation de la vie privée et un mécontentement personnel« . Réponse du journal :  « la question est d’intérêt général. Si l’article débouche sur un changement de pratique, le journaliste qui est aussi citoyen en bénéficiera mais il n’en sera pas le seul » . Pour le CDJ,  parler de ce sujet, « qui concerne le journaliste en tant que citoyen n’est pas, en soi, problématique ». Mais  avant d’écrire son article, le journaliste avait fait des démarches « en tant que citoyen/riverain(..)  Il a donc pris personnellement fait et cause dans le sujet de l’article« . Dans son avis, le CDJ conclut qu’il  « aurait dû soit s’abstenir d’intervenir ultérieurement en tant que journaliste » sauf « à signaler dans l’article son intérêt personnel en tant que riverain ».

Canada :Un conseil de presse fédéral pour la presse écrite anglophone ? — 2 octobre 2014 —- L’Association des journaux canadiens mène une vaste enquête auprès de 861 titres de la presse anglophone sur l’idée de créer un conseil de presse sur l’ensemble du pays. S’il se dégageait une majorité de soutien, il pourrait voir le jour le 1er avril 2015. Des cinq conseils régionaux existant, seul celui du Québec francophone a une réelle activité. Les journaux francophones ont d’ailleurs décidé de ne pas s’associer à cette démarche, car le soutien financier du gouvernement québécois assure sa stabilité et parce qu’il veut garder une compétence sur tous les médias, écrits, audiovisuels, électroniques pure players. La structure envisagée par l’Association des journaux canadiens ne concernerait que la presse écrite et ses prolongements numériques. Chacune des régions définies – regroupant plusieurs Provinces – serait représentée par trois membres du public et deux représentants des éditeurs (désignés par les groupements de propriétaires de journaux). Les journalistes ne semblent pas devoir être présents en tant que tels. Au total, le conseil comprendrait 20 membres.Les journaux adhérents verseraient une cotisation annuelle variable : de 100 dollars canadiens (71 €) pour un périodique local tirant moins de 10 000 exemplaire à 25 000 (17 800 €) pour un quotidien dépassant les 200 000 exemplaires. Le budget ainsi collecté approcherait les 400 000 dollars canadiens (285 000 €). Les plaintes sérient centralisées à un siège national où elles seraient analysées, réglées si possible par médiation, éventuellement renvoyées devant une commission d’avis. Les auditions sur les plaintes seraient menées par conférence téléphonique.

Etats-Unis : En année électorale, la confiance dans les médias diminue.— 22 septembre —  C’est un des enseignements d’une enquête publiée à la rentrée. La confiance s’établit à 40 %, 4 points de moins qu’en 2013, le chiffre enregistré en 2012, autre année électorale aux Etats-Unis. » Les débats politiques influencent la perception des citoyens sur la façon confiance selon les préférencesdont les médias rapportent les informations »  analyse Frank Newport, de l’institut Gallup auteur de ce sondage. Confirmation également de la tendance enregistrée depuis une dizaine d’années : les électeurs républicains sont plus méfiants que les démocrates. Ils ne sont que 27 % à faire confiance aux médias contre 54 % des électeurs démocrates.

 

 

 

Grande Bretagne : Anonymat des proches d’un délinquant. — 22 septembre 2014 —  La Press Complaints Commission a donné raison début septembre à une dame qui reprochait au site d’un magazine grand public d’avoir révélé son identité dans un article consacré à un délinquant sexuel. Elle était séparée de cet homme et publier son nom n’apportait rien.

Sénégal : Un tribunal des pairs mis en place . — 1er septembre 2014 — Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de déontologie dans les médias (Cored) sénégalais a installé solennellement fin aout son tribunal des pairs. Composé de 10 journalistes « éminents » il a pour mission de juger les pratiques de la profession. il peut prononcer des sanctions. Sa création est  l’aboutissement d’un processus entamé en 1998 pour la création d’une instance d’autorégulation .

Canada : Limites du droit à l’oubli. — 1er septembre 2014 — Une journaliste qui avait dévoilé les antécédents judiciaires d’un candidat à une élection a été suivie par le conseil de presse. Elle avait rapporté que ce  candidat avait été condamné  en 1993 pour violences conjugales, peine depuis retirée de son cassier judiciaire comme le permet sous conditions la loi canadienne. Certes, a estime le CP , « la presse doit s’abstenir de divulguer ou de faire allusion aux antécédents judiciaires d’une personne ». Mais il a considéré « pertinent de soumette la question à l’examen public des électeurs qui, eux, ont à évaluer si le comportement passé du candidat permettait de lui accorder leur confiance et de lui offrir la charge de maire. »

Israël : Pas de polémique. — 1er août  —  Pendant l’offensive israëlienne cet été, le gendarme de l’audiovisuel l’Israël Broadcasting Authority,  a interdit une émission de radio produite par une organisation de défense des droits humains. Motif avancé : on y entendait les noms d’enfants palestiniens tués par des tirs d’obus israéliens. L’organisme de régulation a estimé que ces informations étaient bien trop «polémiques». lire ici

Suisse : Se taire et se plaindre : — 1er juillet 2014 — Novembre 201:La télévision genevoise Léman Bleu consacre un reportage à mouvement social dans une entreprise locale de secrétariat. Les revendications syndicales sont exposées, et la plaque de la société est filmé quelques secondes. Le commentaire précise que le directeur de l’entreprise n’a pas souhaité expliquer son point de vue. Trois mois plus tard, il saisit le conseil suisse de presse pour non respect de la vie privée des personnes: un tort considérable aurait été causé à son entreprise familiale en dévoilant son nom. Le Conseil suisse de Presse a refusé de le suivre, arguant que le respect de la vie privée « ne s’applique pas (…) à une entreprise, qui exerce une responsabilité sociale indéniable« .

Belgique : Suicide et responsabilité : — 1er juillet 2014 — Le Conseil de déontologie journalistique a retenu une plainte pour inexactitude contre le quotidien La Dernière Heure. Un article mettait en cause le président d’un foyer dans le suicide d’une personne qui allait être expulsée. Or ce président avait pris ses fonctions après la décision d’expulsion et il n’a pas pu être prouvé que le locataire expulsé lui avait demandé en vain un rendez vous, comme l’affirmait le journal. Dans ses conclusions, le CDJ reproche au journaliste des approximations, des informations inexactes, des affirmations de certaines sources « prises à la lettre sans vérification, prise de distance et mise en perspective » et une façon « insidieuse [d'induire] la responsabilité du président dans ce suicide » .

Mali : Cours de déontologie : — 1er juillet 2014 — Le gouvernement malien annonce la création d’une école de journalisme, pour répondre à la mauvaise qualité de la presse à laquelle le public reproche « dérapages de tout genre, violation des règles d’éthique et de déontologie, et manque de professionnalisme » dit le communiqué du Conseil des ministres malien. Sans attendre, l’Association des Jeunes Journalistes du Mali a organisé fin mai à Bamako un séminaire sur «l’éthique et la déontologie». Le rappel des fondamentaux s’est heurté à l’actualité malienne, des participants s’interrogeant sur « la distance à garder entre le patriotisme et [d]es valeurs [comme l’honnêteté, l’impartialité et la rigueur] au cas où la Patrie est en danger ».

Australie : Indépendance rédactionnelle — 26 juin 2014 —   Une décision récente de l‘Australian Press Council condamne le parti pris sur un dossier. Un lecteur du quotidien du Queensland, The Chronicle, avait saisi le CP après un article sur les nuisances sonores d’un projet d’aéroport à Toowoomba. Sous le titre « Wagner apaise les inquiétudes sur les bruits de jets« , le reportage ne donnait la parole qu’au directeur de la compagnie promotrice du projet. Pour sa défense, le quotidien a affirmé qu’il recevait très peu de lettres s’opposant à l’aéroport et qu’il avait déjà publié tout ce qu’il avait reçu en ce sens. Du coup, le CP a examiné d’autres articles et lettres qui avaient été publiés sur le sujet de l’aéroport, avant et après l’article en question. Bilan sévère : sur huit reportages publiés en 10 mois sur le projet, aucune citation d’un opposant, mais une mise en avant systématique des avantages que l’aéroport apporterait.  Le journal n’a jamais demandé au promoteur à voir son étude prospective sur les nuisances sonores, et n’a interrogé aucun expert sur la question. Conclusion de l’Australian Press Council : l’article en question n’est ni exact, ni loyal, ni équilibré, et les autres publications de The Chronicle ne compensent  pas. l’avis de l’Australian Press Council

Nouvelle Zélande : Un hyperlien suffit à assurer l’équilibre des points de vue. — 26 juin 2014 — Le projet de Traité multilatéral de libre-échange pour le Pacifique (TPP) suscite débats et controverses. Une de ses opposantes avait saisi le Press Council néo-zélandais après un article du site Stuff titré « Dix faits que les adversaires du TPP ne veulent pas que vous compreniez ». Pour elle, cette analyse signée par un des rédacteurs en chef du journal était injuste et déloyale. Elle  aurait du reprendre d’autres éléments pour être équilibrée. Le CP a considéré que l’article était présenté comme une opinion et que « le fait que l’auteur soit journaliste ne devait pas limiter l’expression de ses opinions ». Mais surtout que le site avait pris la précaution de mettre un hyperlien vers une autre opinion, défavorable elle au projet de traité. Il n’a pas donc retenu la plainte. l’avis du New Zealand Press Council

Belgique : Le titre doit refléter le contenu de l’article : — 6 mai 2014 — Le Conseil de Déontologie journalistique belge a rendu son avis dans le dossier dont il s’était auto saisi l’année dernière après un titre de « une » du quotidien SudPresse   – « Sa femme ne s’est pas suicidée : c’est un ASSASSINAT !  » – pour annoncer un article sur la mort de l’épouse d’un député (voir ci dessous à la date du 23 novembre 2013). Le CDJ estime que le quotidien a « manqu[é]à la recherche et au respect de la vérité« . Le journal avait plaidé que sont titre résumait un article axé sur la décision du parquet de retenir l’assassinat comme qualification des faits soumis au tribunal. Mais le CDJ a argué que, si un titre  est « forcément réduit et synthétique » il ne peut être séparé du contenu de l’article qu’il présente.  » La prudence aurait consisté ici «  conclut le CDJ  » à indiquer de façon non équivoque que l’assassinat est la thèse du Parquet et à souligner l’information factuelle du jour, à savoir que la Chambre du Conseil avait confirmé le maintien en détention préventive de l’inculpé« . Le débat a du être long et riche au sein du conseil de presse. Deux des « sages » ont en effet exprimé par écrit un avis minoritaire, que CDJ publie également. Comme effectivement un titre ne peut être séparé du contenu de l’article , expliquent ils en substance, et que l’article se fonde sur la conviction du parquet qu’il y a eu assassinat, il n’y a pas faute en reprenant en titre de première page la qualification retenue par le parquet.  L’avis du CDJ est ici.

Grande – Bretagne : Confusion à Londres pour faire évoluer l’actuel conseil de presse —4 mai 2014 — Quelle sera l’institution qui remplacera la Press Complains Commission, le conseil de presse britannique ? Les acteurs n’en finissent pas de tergiverser. La « Charte royale » proposée par les trois principaux partis politiques est entachée, aux yeux de nombreux médias, du péché originel de sa naissance en milieu politique. Plusieurs grands quotidiens (le Mail, le Telegraph et le Sun) ont donc proposé la création de l’IPSO (Independent Press Standards Organisation) ; les membres d’une commission de nominations ont été choisis et l’organisme devrait fonctionner d’ici quelques semaines. L’association des victimes d’écoutes téléphoniques “Hacked Off” estime toutefois que l’IPSO n’est que le « minable fac simile » d’une PCC discréditée, trop dépendant de « l’industrie » médiatique. D’autres lui reprochent d’ignorer le public et de ne respecter que le tiers des 38 recommandations du juge Leveson pour sortir de la crise (voir Le Bulletin de l’APCP nos 23 et 31 notamment). Un projet rival Impress (Observatoire Independant de la Presse) a alors été lancé par un groupe de journalistes, d’avocats et de philanthropes militants de la liberté de la presse, qui ont le soutien de Sir Harold Evans, ancien patron du Sunday Times. Evans estime que c’est le seul projet « vraiment indépendant des intérêts politiques et commerciaux qui pourra se consacrer uniquement à la qualité de la presse »- lire ici. Impress se veut indépendant de la politique et des propriétaires de journaux, financièrement abordable pour les médias de petite taille et en ligne, et il rendra des comptes au public. Impress demandera à chacun des médias membres de se doter de sa propre médiation avec le public et se propose d’agir en arbitre, d’enquêter sur les plaintes et d’imposer corrections et amendes, jusqu’à un million de livres. La participation sera volontaire et contractuelle (les hommes politiques sont exclus d’office). Ce sera une association à but non lucratif financée par les souscriptions des membres et des donations. L’auteure de la saga Harry Potter, J.K. Rowling, a promis de doubler les donations jusqu’à concurrence de 25.000 £. Devant la lenteur de la mise en place d’une régulation indépendante et la profusion de projets, un journal a craqué : le Financial Times a décidé de s’autoréguler seul. Le patron du journal, Lionel Barber, a promis un système « crédible et solide, capable de faire face aux défis actuels ». Il nommera notamment un médiateur (appelé editorial complaints commissionner) indépendant de la direction. Il rejoindrait ainsi le Guardian et l’Observer, qui ont des médiateurs de longue date.Didier Epelbaum

Bosnie: Une autre version d’un fait divers publiée après intervention du CP— 28 avril — Le conseil de presse de Bosnie-Herzégovine a convaincu 4 sites d’information de publier une autre version d’un drame qui a ému le pays. Ils avaient raconté, sur la foi d’une dépêche de l’agence Patrija, qu’un enfant d’un an était mort le 5 mars à Sarajevo parce qu’une ambulance avait été bloquée par des manifestants. Sans vérifier cette version. Sur médiation du conseil de presse, ces 4 sites ont publié le 3 avril la version d’un porte parole des manifestants qui avait saisi le conseil de presse, qui démontre que l’ambulance a pu franchir les barrages.

Suisse:Un lieu a t il le droit à l’oubli ? — 28 avril — C’est la question qu’a posé un préfet de district agacé de voir un village toujours lié 20 ans après les faits par l’expression « le sadique de Romont » à une affaire criminelle utilisée par la presse pour évoquer un meurtrier fameux. « En associant une personne coupable d’un délit grave à une région et en le rappelant régulièrement, les médias pénalisent l’image d’une ville et ceci n’est pas admissible » écrivait le préfet dans sa saisine. Il a été débouté par le Conseil suisse de la presse – ici - au motif que qu’il est admissible de mentionner le nom d’un détenu si son cas figure parmi les plus célèbres de l’histoire criminelle récente, y compris si ce nom fait référence à un lieu.

Canada :Un groupe de presse se retire du conseil de presse de l’Ontario. — 28 avril 2014— Le groupe Sun Média, filiale du groupe Québecor, a décidé de ne plus siéger au conseil de presse de l’Ontario – lire ici. Il lui reproche une « une mentalité de rectitude politique ». Dans deux affaires jugées récemment concernant le Toronto Star, le Press Council n’avait pourtant pas accablé ce fleuron du groupe Sun Media. Mais Québecor et ses filiales semblent renoncer à siéger dans les conseils de presse provinciaux du Canada. Les journaux adhérents au conseil de presse participe à son financement. Les responsables du conseil de presse de l’Ontario estimaient à la mi avril qu »il était trop tôt pour déterminer l’impact qu’aurait le retrait de Sun Media sur les finances du Conseil de presse de l’Ontario.« 

Belgique:  Rapport 2013 du CDJ : — 23 avril 2014— Cette année , le rapport du Conseil de déontologie journalistique de Belgique francophone est d’autant plus intéressant qu’il présente aussi un bilan des 4 premières années d’existence du CDJ. L’installation du CDJ dans la vie publique et l’espace médiatique belge semble acquise. Les rapporteurs soulignent qu’au fil des années, les plaintes sont de plus en plus souvent fondées et portent davantage sur des questions déontologiques de fond. En 4 ans, ils ont traité 194 dossiers, dont un peu plus de la moitié a donné lieu à un avis motivé.Pour 2013, le CDJ a reçu 72 plaintes, dont 54 ont donné lieu à l’ouverture d’un dossier, suivis de 29 avis dont 43 % donnaient raison totalement ou partiellement au plaignant. Les plaignants sont dans l’immense majorité ( 81%) des particuliers qui dénoncent  information partiale ou partielle, manque de vérification, atteinte à la vie privée, absence de droit de réplique…A noter que le CDJ a revu son règlement intérieur afin de renforcer les droits de la défense et de  » rendre la procédure plus rigoureuse et plus équitable » . Le rapport décrit aussi le rôle pédagogique du CDJ, avec des 7 interventions dans les écoles de journalisme et 5 dans les rédactions en 2013 et des réponses à des questions posées par des journalistes ou des rédacteurs en chef sur des points de déontologie. 2013 aura été aussi pour le CDJ marquée par le renouvellement de ses membres (voir ci-dessous en page Ici & Là à la date du 8 novembre 2013)  et  la publication de son nouveau Code de déontologie (ci dessous à la date du 7 janvier 2014) . Car comme l’écrit Marc Chamut, le président sortant en introduction du rapport, « le journalisme vit avec son temps, notre déontologie ne peut rester figée. Elle demande à s’actualiser, à s’adapter à la pratique des nouveaux médias, à  se modeler comme les idées dans l’air ambiant, mais à l’abri des modes, au contact des réalités ». Pour 2014, le CDJ a mis en chantier une recommandation qui portera sur le thème suivant :  « Quand est-il opportun ou justifié de rendre identifiables,par le texte, le son ou l’image, les personnes impliquées comme victimes ou comme auteurs dans des faits divers, des accidents, des délits ? Quand et jusqu’où respecter leur anonymat ?« .  le rapport intégral

Australie : Corriger les erreurs dans l’univers numérique. — 14 avril 2014 —  Le Australian Press Council ( APC) a réuni récemment les rédacteurs en chef de plusieurs grands médias papier et numériques pour discuter de l’impact du numérique sur le respect des bonnes pratiques déontologiques. Une des difficultés pointées par les participants est la correction des erreurs sur toutes les versions numériques d’une même histoire, y compris celles distribuées dans le monde entier par les sites d’agrégation d’informations. Le président de l’APC a annoncé d’autres rencontres de ce type, pour  que le conseil prenne la mesure de la « façon dont les changements dans les médias et la manière d’accéder aux informations affectent les méthodes de travail de rédaction au jour le jour »  et « affine ses normes en tenant compte de la façon dont faits et commentaires sont recueillis et publiés ». L’Australian Press Council a par ailleurs publié le bilan de ses activités pour le second semestre 2013.376 citoyens ont déposé une plainte, dont plus de la moitié concernaient des médias imprimés et leurs sites. 22 ont finalement fait l’objet d’un arbitrage, dont 17 dans le sens du plaignant. Les dossiers pour inexactitudes ou déformation des faits ont été les plus nombreux. Voir ici – en anglais- l’ensemble de ces statistiques.

Etats-Unis : Mort d’un conseil de presse. — 14 avril 2014 — Le dernier conseil de presse encore actif aux Etats-Unis fermera le 31 mai.  Créé en 1999, soutenu par des mécènes, notamment la Fondation Bill et Melinda Gates jusqu’en 2012, le Washington Press Council  (WPC)  aura tenu 10 audiences publiques – voir ici le compte rendu de la dernière -  sur des plaintes contre des journaux de l’Etat de Washington, multiplié les médiations réussies entre public et médias et organisé plus de 20 forums ou colloques sur la responsabilité des médias vis-à-vis de leur public. Mais son directeur et co-fondateur, John Hamer, a annoncé en janvier qu’il allait prendre sa  retraite. Pendant trois mois, le directoire du WPC lui a cherché un successeur. Après plusieurs entretiens avec des candidats potentiels -  et compte tenu aussi des difficultés à trouver des financements désintéressés –  le bureau du WPC a estimé que le problème n’était pas tant de trouver un nouveau directeur exécutif que de « refonder complètement » le conseil de presse dont le fonctionnement par audiences publiques est jugé « un peu démodé, obsolète, bringuebalant, et chronophage ». C’est la révolution numérique qui a rendu ses missions quasi impossibles à assumer, note  John Hamer. « Nous sommes tous inondés tous les jours avec anecdotes, des extraits sonores, des rumeurs, avis et commentaires » constate t il en se demandant «  »comment peut-on surveiller un cyber tsunami ? ». Et celui qui a été la cheville ouvrière du WPC pendant 15 ans conclut, désabusé : »Les citoyens n’ont qu’à faire leur propre opinion sur à qui faire confiance dans les médias aujourd’hui « . Il n’y a plus de conseil de presse aux Etats-Unis. Le plus ancien conseil de presse américain, le Minnesota News Council créé en 1970, avait fermé en 2011. Le Washington Press Council écrit sur son site que la co-régulation éthique des média reste une nécessité, mais que le public doit trouver de « nouvelle façons de s’engager dans la surveillance des médias » .

Belgique:Comment gérer les commentaire Facebook: — 2 avril 2014 — Opportun rappel des règles de gestion des commentaires dans une décision du conseil de Déontologie Journalistique belge publié fin mars. Plusieurs plaignants reprochaient à la RTBF ne pas avoir réagi , ou pas assez vite, quand des commentaires jugés antisémites ont fleuri sur sa page Facebook sous un point de vue concluant que l’état d’Israël était raciste, ou sous un article consacré aux juifs en Pologne. « En décidant de placer cette information sur sa page Facebook, la RTBF ne pouvait avoir pour but que de générer de l’antisémitisme primaire » selon un des plaignants, alors que d’autres accusaient la RTBF « d’avoir laissé passer des réactions antisémites pendant plusieurs jours« . Pour sa défense, la RTBF a fait valoir « qu’au moins une demi-douzaine de messages ont été détruits ou cachés parce qu’excessifs » et qu’un des articles et ses commentaires ont été retirés « suite à une déferlante de commentaires à caractère antisémite ». Le CDJ donne quitus à la chaîne de télévision, estimant que « l‘obligation de modération en tant qu’obligation de moyen a été remplie« . Il prend en compte qu’une des pages contestées a été fermée  » lorsqu’il est apparu qu’en fonction des moyens humains disponibles, il n’était plus possible de les modérer correctement ». Plus généralement les sages notent que si « l’un ou l’autre message qui aurait dû être supprimé passe exceptionnellement à travers les mailles du filet » cela ne signifie pas « qu’il y ait pour autant de faute déontologique par rapport à l’obligation générale de modération« . l’avis du CDJ est ici

Sri Lanka : Appel à l’éthique sur fond de polémique : — 1er avril 2014 — La Press Complaint Commission du  Sri Lanka (PCCSL) s’est déplacée récemment à Jaffna, la ville du nord de l’île qui a longtemps été la capitale de la rébellion des Tigres tamoul écrasée en 2009. Elle a présentée aux journalistes locaux la nouvelle version du code éthique des médias sri lankais, en insistant particulièrement sur les méfaits du sensationnalisme. Les représentants de la PCCSL ont également rencontré les autorités militaires locales. Cette visite a eu lieu après la publication de vidéos montrant des exactions commises par des militaires dans les derniers mois de la guerre, que les autorités ont qualifié « d’ ordure absolu » et de  « prix Pullitzer du journalisme de caniveau ». Le conseil des droits de l’homme des Nations Unies a récemment voté une résolution demandant  une enquête internationale pour crime de guerre.

Canada : Ne pas tout prendre au pied de la lettre : — 29 mars 2014 — Le médiateur de Radio Canada n’a pas suivi récemment un téléspectateur choqué par l’expression « aiguiser les couteaux », employée par un journaliste politique sur l’analyse d’une réunion d’un parti pour préparer la riposte à la candidature d’un adversaire. Le plaignant y voyait un « appel à la violence dans une société où il y en a déjà trop » et jugeait « irresponsable d’en rajouter gratuitement« . Le médiateur de Radio-Canada a réfuté l’argument en invoquant l’usage de la langue, estimant par exemple que personne ne portera plainte à la Spa parce que quelqu’un dit qu’il « a d’autres chats à fouetter ». Et concluant qu’il faut « tout de même laisser aux analystes maison la liberté d’utiliser la marge de manœuvre que leur permet la langue française » .

Luxembourg : Pas de droit de réponse sur Internet ? — 29 mars 2014 — Une cour d’appel du Grand Duché vient d’affirmer que le droit de réponse ne s’appliquait pas à Internet. Un site d’information avait été contraint par le juge des référés à publier un droit de réponse d’abord refusé à la personne citée dans un article. La 7e chambre de la cour d’appel de Luxembourg a invalidé la décision de première instance. Elle estime qu’un article  sur internet ne comportait pas « l’élément de périodicité qui est l’essence même du droit de réponse puisqu’il obéit à la logique que la réponse doit, en théorie du moins, toucher le même public que l’information litigieuse« . Plusieurs voix au Luxembourg demande une mise en conformité de la loi avec l’évolution des médias d’information.

Côte d’Ivoire:  Création du site internet de l’instance de régulation. — 26 mars 2014 — L’Observatoire de la liberté de la presse, de l’éthique et de la déontologie de Côte d’Ivoire a lancé fin mars son site internet. Ce site mettra en ligne les décisions de l’OLPED ainsi que les textes de références comme le code éthique des journalistes ivoiriens. Il devrait aussi, selon ses promoteurs, publier « tous les bons ouvrages concernant le métier [de journaliste et] les évolutions de la pratique journalistique » et être un lieu de débat et « d’échange d’expériences« . Son développement a été soutenu par la Fondation allemande Friedrich Ebert. Le site porte en bandeau « réconcilier le public et les medias ». L’OLPED, a été créé en 1995 . En sommeil depuis 2002, il se relance avec ce site, sur lequel son président promet de publier le monitoring des médias ivoiriens effectués pendant les années de crise. Aujourd’hui, l’OLPED  met la formation des journalistes et la promotion de l’éthique et de la déontologie du journalisme au cœur de son action, avec la défense de la liberté de la presse et la médiation public/média. Il veut dénoncer les « manquements graves aux règles de fonctionnement des entreprises de presse » comme   »les manquements les plus graves des journalistes » les premiers aux organes de régulation administrative, les seconds à la commission d’attribution de la carte d’identité de  journaliste professionnel.  Des choix qui s’expliquent notamment dans une analyse sans concession du rôle des journaux et des journalistes dans la crise qu’a traversé la Côte d’Ivoire – ici . On y lit une exhortation aux journalistes ivoiriens et africains  à ne pas s’installer dans « l’abus de pouvoir avec sa cohorte de conséquences dommageables » doublée d’une invitation à   »s’instruire de l’histoire d[u] continent. Et des horreurs dont ils sont à l’origine ». Et cette précision sur ce qu’est une instance de régulation, qui ne doit pas « remplacer la terreur des juges par la terreur des pairs, mais plutôt  créer, renforcer et promouvoir le sens de la responsabilité, la conscience des responsabilités.« 

Québec:  Déontologie et candidature aux élections : — 26 mars 2014 —  L’ex-patron et toujours actionnaire majoritaire d’un grand groupe de presse canadien, Pierre Karl Péladeau, a annoncé sa candidature aux prochaines élections québécoises. Le Conseil de Presse du Québec estime en conséquence « incontournable«  le retour du groupe Québecor dans le système d’autorégulation de la presse.  Pour le CP, ce serait un signal fort envoyé par le groupe de presse, que ses «  dirigeants assument leur obligation d’imputabilité en matière d’éthique et de déontologie journalistique, et par extension qu’ils s’engagent à respecter le principe de l’indépendance journalistique ». Et de rappeler que Pierre Karl Péladeau, en réponse à d’éventuels conflit d’intérêt s’il était élu, a promis de «  respecter le Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale » . Plusieurs voix demandent  que Québecor se dote d’un ombudsman « absolument libre et indépendant, qui aurait le double mandat d’enquêter sur les plaintes en provenance du public et celles en provenance des salles de rédaction ».  

Canada : Conseils éthiques en ligne — 18  mars  2014 — L’Observatoire du Journalisme canadien et l’Association canadienne des journalistes développent depuis janvier une initiative originale. Ask a Mentor , qu’on pourrait traduire par  » Demandez à un ancien ». L’idée est de répondre aux interrogations déontologiques de journalistes isolés – pigistes ou permanents de petites rédactions, étudiants en journalisme. Twitter est l’outil de liaison idéal. La question est posée sous le mot dièse #askMentor. D’autres sont déposées sur une adresse électronique.  Des  journalistes expérimentés, des rédacteurs en chefs de grandes rédactions ou des professeurs de journalisme à l’université, répondent  sur le site de  l’Observatoire du Journalisme .  Via Twitter, tous ceux qui sont intéressés par ces questions ont accès à ces conseils. Ils concernent des sujets très concrets : comment couvrir les situations d’urgence , ou encore  comment aborder les proches de la victime d’un crime . D’autres sont des rappels de base et permettent de guider des choix lors d’enquête, comme comment déterminer ce qui est d’intérêt public . Des cas plus plus particuliers ouvrent des pistes de réflexion, ainsi celui d’un journaliste  qui a porté plainte pour diffamation contre un maire et qui se demande ensuite si un journaliste peut  écrire sur une personne qu’il poursuit en justice ? . L’Observatoire du Journalisme canadien , site bilingue, ne traduit  pas encore en français toutes ces notes déontologiques, disponibles en anglais ici.

Égypte : Des éditeurs se prononcent pour l’autorégulation de la presse — 1er mars 2014 —  Les journalistes égyptiens et leurs confrères étrangers en poste au Caire vivent des heures difficiles*. Et de grandes voix de la presse égyptienne s’interrogent sur ce qui s’est passé depuis la chute d’Hosni Moubarak. Le projet de constitution du président Morsi , qui laissait craindre le retour de la censure au nom de valeurs religieuses et les poursuites contre des humoristes et des médias ont conduit plusieurs organes de presse, publics et privés, à  jouer un rôle important dans le renversement du gouvernement des frères musulmans en juin 2013. Au delà de la liberté d’expression, note Aidan Whilte, d’Ethical Journalism Network – lire ici  - ces journalistes et rédacteurs en chef jugeaient le programme du Président Morsi « comme une menace sur les idéaux de la révolution de 2011″. Mais les  nouveaux dirigeants soutenus par l’armée ont annoncé leur intention de créer un code de déontologie du journalisme, faisant  de son adoption une condition pour lever la censure qui pèse sur la presse. Lors d’une réunion fin janvier au Caire, une trentaine de ces journalistes et éditeurs parmi les plus influents ont fait  le constat amer que ce soutien au coup d’état avaient conduit les journaux à devenir acteurs du jeu politique. Ils ont lucidement reconnu que les médias acceptent depuis le consensus anti frères musulmans qui domine le débat politique. Mais cela les conduit, au nom de  » la défense de l’intérêt national »  à « faire de la propagande et à manipuler la vérité ». . Ils ont donc soutenu la création récente d’une Association égyptienne des journalistes, qui veut oeuvrer à un « retour aux sources de l’éthique, au pluralisme et à un journalisme professionnel« . Cette association a décidé de faire une série de débats sur l’éthique du journalisme indépendant et d’agir pour améliorer la transparence et la bonne gouvernance des médias . Elle annonce enfin une campagne pour la création d’un système d’autorégulation véritablement indépendant pour les médias égyptiens. *20 personnes employées par la chaîne qatari Al Jazeera, dont 4 ressortissants étrangers, sont  jugées pour diffusion de fausses nouvelles et soutien aux Frères Musulmans, déclarés organisation terroriste.

Tunisie : à la recherche d’une autorégulation des médias — 1er mars 2014— La Tunisie s’est dotée fin janvier d’une nouvelle constitution. Son article 31 garantit « les libertés d’opinion, de pensée, d’expression, d’information et de publication« . C’est maintenant la régulation des médias qui fait débat. A la mi janvier, le Syndicat National des Journalistes Tunisiens a frappé fort, avec un rapport sur la déontologie dans la presse écrite. 340 pages analysant un par un le contenu des hebdomadaires et quotidiens entre le 1er janvier et le 30 septembre 2013, et relevant de nombreux cas de publication de rumeurs, de canulars et de publireportages, mais aussi de plagiat, de manipulation de témoins ou de sensationnalisme. La Fédération des directeurs de journaux tunisiens a considéré que ce travail était unilatéral, instrumentalisé et « de mauvaise foi ». lire ici . La création d’une instance indépendante de régulation déontologique agite beaucoup les médias tunisiens. Au cours d’un séminaire tenu à Tunis le 12 février, deux conceptions se sont opposées pour améliorer la déontologie. La première en faveur de la création d’un conseil de presse « actif de non pas de forme« , capable « d’imposer le respect des règles déontologiques à la profession » , la seconde mettant l’accent sur l’urgence d’améliorer la condition sociale des journalistes « vulnérables et cibles de chantage et d’instrumentalisation ». Le débat sera peut-être tranché après les élections prévues pour cette année. En attendant, les tunisiens espèrent, comme l’a dit en janvier le président Marzouki, que leur pays ait des médias ‘mûrs et responsables (…)  à même d’honorer la mission de la couverture des prochaines élections ».

Québec : Appel à candidature pour le poste de Président du Conseil de presse : – 20 février 2014 —Les quotidiens du Québec publieront prochainement un appel public à candidature pour présider le Conseil de Presse du Québec. Le juge Gomery, qui le préside depuis 4 ans a en effet annoncé qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat. Il a en quelque sorte fixé la feuille de route de son ou sa successeur(e) : « réécriture [du] code de déontologie, développement d’initiatives d’éducation aux médias ou encore rapatriement des médias faisant partie du groupe Québecor au sein  [du Conseil de Presse]  » . Ce dernier point était l’objectif principal que s’était fixé en 2010 ce magistrat  connu au  Canada pour sa pugnacité lorsqu’il dirigeait la commission d’enquête sur l’affaire dite des commandites où des fonds publics avaient été utilisés pour financer la propagande anti souverainiste. Mais le juge Gomery n’est pas arrivé à convaincre Québecor, qui contrôle notamment à travers tout le Canada des journaux, des télévisions et des sites internet, de revenir au Conseil de Presse . Il a souligné en annonçant son départ que  » le Conseil est plus solide, plus uni et plus actif qu’il ne l’a jamais été » et affirme laisser  » une organisation en santé, pérenne et pleine de projets« . Le président du Conseil de Presse est élu sur 4 ans par un vote des deux tiers du conseil d’administration du conseil de presse sur recommandation d’un comité ad hoc tripartite (éditeurs, journalistes, public). Les statuts du CP québécois précise que son président « ne doit pas être journaliste ou lié directement ou indirectement au secteur des entreprises de presse ni à celui des journalistes » . La clôture des candidatures est fixée au 19 mars.

Autriche :  la justice valide le travail du conseil de presse. – 16 février 2014 —Le tabloïd Osterreich n’aime pas le Österreichische Presserat, le conseil de presse autrichien. Il n’a pas adhéré à l’association qui le constitue. De temps en temps, le conseil de presse rend un avis de non respect du code d’éthique le concernant. Le journal a fini par saisir le tribunal de commerce de Vienne. Il accusait le conseil de presse d’intervenir à son détriment dans le jeu de la concurrence entre quotidiens sous prétexte de « violation d’un code de déontologie qui ne lui a jamais été soumis. » Osterreich reprochait également au conseil de presse de laisser croire qu’il était un organe d’état doté d’un pouvoir judiciaire. Il demandait 7500 € de dédommagement et la publication de la condamnation du conseil de presse, à ses frais, dans plusieurs journaux. Le tribunal a totalement débouté le tabloïd. Le jugement – en allemand – est ici  . D’une part en observant que le Presserat autrichien est une association composée de syndicats, d’associations et de groupements professionnels, qui est clairement indépendante des pouvoirs publics. D’autre part en notant qu’il qui ne s’acharnait pas sur Osterreich : sur 230 dossiers suivis depuis 2010, seuls 26 le concernaient et le conseil de presse n’a conclu à une violation du code d’éthique que 6 fois. Il n’y a donc pas de préjudice pour le journal par rapport à ses concurrents. Le juge souligne que d’une façon plus générale, le conseil de presse autrichien se fixe le but idéaliste de renforcer la liberté de la presse, et que la concurrence entre médias ne l’intéresse pas. Au delà, il répond au Osterreich, en invoquant l’article 10 de la Convention Européenne des droits de l’homme qui garantit la liberté d’expression, que le conseil de presse est, comme tout citoyen, parfaitement fondé à  critiquer publiquement un journal. Les journaux « qui participent au débat public« doivent donc « tolérer la critique les concernant même si elle est féroce. » Notamment écrit le juge les décisions du Presserat qui sont des « avis basés sur des arguments raisonnables. » Osterreich n’a pas fait appel.

Cote d’Ivoire : Suspension confirmée pour le Président du syndicat des journalistes. – 14 février 2014 – Le Conseil national de la presse a confirmé en appel sa décision de « suspendre d’écriture » pour six mois le président de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire. Moussa Traoré est accusé d’avoir tenté d’acheter « une trêve » de la publication par un journal satirique d’informations concernant un ministre. Le rédacteur en chef de L’Eléphant Enchainé a refusé et a tout raconté. Moussa Traoré a démissionné de la présidence de l’UNJCI « pour ne pas empêcher la manifestation de la vérité ». Le Conseil National de la presse ivoirien est un organe d’état qui regroupe des hauts fonctionnaires, des éditeurs, des journalistes et des représentants de la société civile. Il n’hésite pas à interdire temporairement des titres ou des journalistes qui ne respectent pas selon lui le code de déontologie, par exemple en publiant des articles « ne reposant sur aucun fait et relevant de l’invention« 

Irlande : publication d’un recueil des décisions . – 14 février 2014 –  Le Press Council et le Médiateur irlandais viennent d’éditer un recueil de leurs principales décisions depuis leur création en 2008. Les quelques 60 avis sont regroupés selon les 10 articles du code d’éthique. Elles sont anonymisées, pour insister sur le respect des principes professionnels concernés. Mais à chaque fois un hyperlien permet de se reporter à l’intégralité du dossier. Le rapport en anglais

Burkina Faso : Comment ne pas diffamer :  —20  janvier 2014—- L’observatoire burkinabé des médias a organisé à la mi-janvier un atelier ouvert aux journalistes consacré à la diffamation. « Chaque fois que nous écrivons, chaque fois que nous avons un travail journalistique à faire, on doit se demander et si c’était moi ? » a suggéré un des animateurs comme règle de conduite. Le droit burkinabé sur le sujet a été rappelé aux participants, qui ont découvert également les moyens de défense du journaliste en cas de procès. La fin de l’atelier était consacrée à la protection de la vie privée et la liberté de presse. Lire ici les impressions d’un participant

Tanzanie :pas de photos où les victimes de la route sont reconnaissables : —- 19 janvier 2014 —- Le compte rendu d’un accident de la route par le Daily Voice avait fait l’objet d’une plainte de la famille d’une des victime. 5 photos illustraient ce reportage. Sur l’une d’elle, le visage d’un des tués était clairement identifiable. Le Conseil de Presse tanzanien a considéré que cela violait la règle de « vigilance et [de] responsabilité (…) [dans] la représentation de la souffrance » et enjoint le journal de s’en excuser dans ses colonnes. Lire ici (en anglais)

Canada : Critique cinéma éditorialisée et respect des faits: —- 19 janvier —- Le chroniqueur cinéma du quotidien La Presse avait souligné dans sa critique du film The Gatekeepers qu’il arrivait « « sur [les] écrans alors qu’un détenu palestinien meurt sous la torture israélienne ». Or les causes de cette mort étaient alors discutées. Saisi par le  Centre consultatif des relations juives et israéliennes, le Conseil de Presse québécois a considéré – ici – que « le journaliste [avait] commis une erreur en présentant son information comme étant un fait avéré ». Il aurait du rapporter les deux versions du décès du détenu car « les auteurs de chroniques, de billets et de critiques ne sauraient se soustraire aux exigences de rigueur et d’exactitude “.

Grande Bretagne : Buzz et Enquête bâclée . —- 19 janvier —- Le tabloïd britannique The Sun a du récemment s’excuser auprès d’une députée travailliste qu’il avait incluse dans un palmarès des députés les plus paresseux. Ce « top 10″ reposait sur le nombre des votes en séance. Or Lucy Powell , députée de Manchester, était enceinte, et venait moins à Londres. Elle n’en continuait pas moins à assumer son mandat en dehors des séances plénières. The Sun a retiré de son site ce pseudo palmarès destiné à faire du buzz, et s’est excusé sur Twitter. Lucy Powel ironise sur « le pauvre travail de recherche » fait par les journalistes du Sun et demande que ces excuses soient publiées dans la version papier du journal qui touche le grand public.

Espagne : Crise économique et crise de confiance: — 13 janvier 2014 –-  Le dernier rapport de la Fédération des Associations de Journalistes espagnols dresse un tableau sombre de la réalité économique et morale des journalistes. 4434 emplois , toutes catégories confondues, ont été supprimés dans la presse espagnole en 2013, et 73 médias ont fermé. La précarité est donc logiquement  considéré comme le problème n°1 par les journalistes. Mais leur seconde préoccupation est « le manque d’indépendance politique ou économique des médias ». Invités à noter leur degré d’indépendance sur une échelle de 1 à 10, les journalistes se donnent la note moyenne de 4, alors que selon les données du Centro de Investigaciones Sociologicas – organisme public – publiées en mars 2013, la cote de confiance des médias auprès des citoyens espagnols est de 5,16 sur 10. Ces mauvaises notes sont la conséquence, selon les rédacteurs du rapport, du manque de rigueur et d’indépendance des médias,  de l’image négative véhiculée par de prétendus programmes d’information et de débats auxquels participent des journalistes , et à sentiment d’ éloignement du journalisme des problèmes de la société.Seuls  20,7% des journalistes interrogés affirment n’avoir jamais subi de pression pour modifier le contenu ou l’orientation d’un article. Dans la grande majorité des cas  – 76,1 % – les pressions viendraient de la hiérarchie de la rédaction ou de l’entreprise de presse.On ne s’étonnera donc pas que seuls 56,4 % des journalistes interrogés fassent confiance à une information publiée dans les médias. D’autres pratiques sont évaluées, comme le refus par  97,4 % des journalistes interrogés de révéler une source , ou la nécessité pour 90,2% d’entre eux d’informer le lecteur d’éventuel conflit d’intérêt. Effet peut -être de la crise, le refus de cumuler journalisme et publicité rédactionnelle fait moins l’unanimité, et ne recueille que 76,7 % d’approbation.PG Le rapport de la Federacion de Asocianes de Periodistas est ici

Belgique : Quand une guitare devient bouteille : — 13 janvier 2014 –- Un homme ivre est fauché par un train et gravement blessé. Le drame intéresse le quotidien SudPresse qui y consacre un article et un appel en une. En page intérieur, une photo montre la victime, musicien amateur, une guitare à la main lors d’un concert. En une, sous le titre «Un namurois ivre se fait broyer les jambes par un train » la même photo, mais la guitare a été effacée et, note le Conseil de Déontologie Journalistique saisi par le blessé,  « la courbure  de la main correspond à la tenue d’un verre ou d’une bouteille« . Le CDJ conclut au non respect de la déontologie, argumentant ainsi : « si une photo réellement prise au moment de l’accident et montrant une bouteille ou un verre dans les mains de la victime avait été utilisée, sa publication aurait été justifiée. Mais on ne peut déontologiquement pas accepter qu’une autre photo soit modifiée pour la faire artificiellement appuyer une information présentée par la journaliste ». Cet avis rappelle également la jurisprudence du CDJ sur l’utilisation de photos reprises de Facebook. Enfin, il faut souligner que le CDJ blâme autant l’auteur de l’article que la rédaction – même si  on peut penser que le montage photo de la une n’est pas le fait de la rédactrice- car ni SudPresse ni la journaliste concernée n’ont répondu à ses demandes d’explications.

Bosnie :Cyber attaque pour obtenir un article . 13 janvier 2014 - Le  site bosniaque Klix.ba , un de plus lus de Bosnie-Herzégovine, a été récemment l’objet d’attaques qui l’a mis temporairement hors service. Des pressions sur la rédaction pour obtenir la publication d’un article sur la situation d’un certain « Ajet », menaces et chantage à l’appui, avaient précédé ce piratage. L’origine de cette cyber attaque n’a pas été identifiée, et le Conseil de presse de Bosnie-Herzégovine a  demandé dans un communiqué à la police et à la justice de « trouver d’urgence  » les auteurs de ces pressions.

Belgique : un nouveau code de déontologie : — 7 janvier 2014 –- Le Conseil de Déontologie journalistique belge a publié à la mi-décembre une nouvelle version de son Code de Déontologie Journalistique. Les textes sur lesquels s’appuyaient le CDJ dataient des années 70 et 80. Les fondamentaux éthiques du journalisme ne changent guère. Mais il était nécessaire de préciser, dit André Linart, le secrétaire général du CDJ ce que «  prescrit la déontologie dans des situations nouvelles ». Composé de 28 articles,  ce code est complété par 6 définitions qui pour cadrer les débats (Droit à l’image, Intérêt général, Journaliste, Média, Plagiat, Rédaction) et par 5 séries de règles de mise en œuvre de ces principes. Il a fait l’objet de plusieurs mois de travail, nourri par l’expérience accumulée depuis la création de l’instance de régulation belge. L’analyse fichier docde ce nouveau texte ,  le texte intégral de ce code.

Etats Unis : Les leçons déontologiques d’un massacre dans une école — 7 janvier 2014 — Le premier anniversaire de la tuerie de Newtown, petite ville de Nouvelle-Angleterre, où  20 enfants et six adultes ont été massacrées en décembre 2012 dans l’école primaire de Sandy Hook, a donné lieu dans la presse américaine à interrogations déontologiques. Quelques jours avant, la justice avait autorisé la publication des enregistrements des appels au 911 – l’équivalent du 112 européen – reçus de l’école le jour du drame. Le juge a faite prévaloir le droit à l’information sur la retenue demandée par certaines familles. Les proches des victimes étaient eux même divisés. Les uns estimaient que plus ils auraient d’information sur ce qui s’était passé, plus ils pourraient vivre avec ce drame, les autres redoutaient, à une époque « où la décence et la discrétion semblent être des concepts méconnaissables » que les médias sociaux et internet s’emparent à l’excès de ces bandes sonores. lire ici et . La rédactrice  en chef  et vice-présidente d’AP Kathleen Carroll rappelait que ces enregistrements du 911 sont des documents publics et que les entendre fait partie du travail normal d’un journalisme responsable. D’autres arguaient que cette publication contribuerait à combattre les rumeurs et théories fleurissant sur le net, comme celle affirmant qu’il s’agissait d’une mise en scène du gouvernement, avec acteurs professionnels et figurants, dans le but d’accroître son emprise sur les citoyens américains et de leur retirer le droit de porter des armes ! AP et plusieurs journaux ont repris ces enregistrements, mais d’autres médias les ont simplement cités, et les plus suivis notamment les journaux télévisés du soir d’ABC, NBC et CBS, ne les ont pas diffusés.  La police a finalement mis en ligne fin  décembre des milliers de documents sur ce drame. Le 4 décembre, la presse a été relativement discrète. Si elle a rappelé l’événement, elle a tenu compte de l’appel de la maire de Newton, Pat Llodra, qui avait demandé aux journalistes de ne pas venir pour que les familles puissent être «seules et tranquilles, avec du temps pour réfléchir personnellement et avec leur communauté». Les chaînes NBC, CBS , CNN, ABC, mais aussi le Washington Post, le New York Times, ou le quotidien USA Today ont fait savoir qu’ils n’iraient pas et ne sont pas allé à Newton.

Afrique : Création d’un réseau des journalistes pour l’éthique et la déontologie. – 29 novembre 2013 - -La 9e édition des Universités africaines de la communication qui vient de se tenir à Ouagadougou (Burkina Faso) s’est essentiellement consacrée au rôle social du journaliste, à la place qu’il tient dans la construction de sociétés démocratiques et transparentes sur le continent africain. Les 500 participants venus d’Afrique et d’Europe – journalistes professionnels, communicateurs, chercheurs et universitaires -  ont  identifiés les obstacles traditionnels à l’exercice de cette responsabilité (censure politique, faiblesse des moyens économiques) ou plus récents : « Les nouveaux médias, dans leurs productions d’ensemble, posent d’énormes problèmes éthiques et de déontologique», a souligné Béatrice Damiba présidente du comité d’orientation des Universités africaines de la communication . Pour poursuivre ces travaux , les participants ont annoncé la création d’un Réseau africain des journalistes pour l’éthique et la déontologie (RAJED) . Ils espèrent que cette structure deviendra un lieu  d’animation, d’échanges, de formation et de confrontation des pratiques pour tous les journalistes du continent

Belgique : Le principal syndicat de journalistes saisit le Conseil de Déontologie: – 26 novembre 2013 -C’est une première :  jamais l’Association des Journalistes Professionnels ne s’était adressé sur un cas précis au Conseil de Déontologie Journalistique belge .Un titre  de Sudpress  a provoqué cette démarche. Le quotidien avait titré en une « Sa femme ne s’est pas suicidée : c’est un ASSASSINAT !  » pour annoncer un article sur la mort de l’épouse d’un député. L’AJP justifie sa démarche en la replaçant dans le contexte des débats en cours en Belgique, où des parlementaires souhaitent  réglementer l’information judiciaire au nom du respect de la présomption d’innocence.  En saisissant le CDJ, le syndicat des journalistes belges veut valoriser la réaction des instances professionnelles pour éviter une « initiative parlementaire (…) dont on connaît le caractère parfois liberticide « . Lire ici la lettre de l’Association des Journalistes Professionnels au Conseil de Déontologie Journalistique.

Etats Unis : Un outil informatique traque les copiés collés.  – 26 novembre 2013 - Churnalism est un « moteur de détection du plagiat » lancé par Sunlight Foundation, une ONG qui milite pour la transparence. Inspiré d’un outil similaire créé en Grande Bretagne, ce logiciel en open source est téléchargeable gratuitement. Il s’intègre ensuite aux principaux navigateurs. Il suffit d’y entrer un texte, et la machine  le compare avec un corpus de communiqués de presse des pouvoirs publics et des entreprises, d’articles de journaux et de sites, et de  Wikipedia. En cas de concordance, le texte original et sa copie apparaissent côte à côte sur l’écran. Le logiciel renvoie aussi à l’intégralité des  discours publics à partir d’un extrait publié dans la presse. En anglais, churn signifie bidon. Le site de Churnalism est .

Tunisie : Vers l’autorégulation– 26 novembre 2013 – Les journalistes, les directeurs de journaux et les éditeurs tunisiens se sont lancés dans un processus visant à créer un conseil de presse. Après plusieurs mois de discussions, ils ont créé une commission chargée d’élaborer un code de déontologie qui servira de texte de référence à la future instance. Cette commission doit également proposer aux partenaires un statut fixant la composition les attributions et le financement de l’institution. Ces travaux doivent achevé avant la fin de l’année.

Grande-Bretagne : La guerre des régulateurs – 9 novembre 2013 –  Quelle institution pour remplacer le conseil de presse britannique, la Press Complaints Commission (PCC) ?  Le juge Brian Leveson, qui a enquêté sur les écoutes téléphoniques et remis un rapport (voir Le Bulletin de l’APCP nos 14, 18, 22, 23, 26), avait donné un an aux parties concernées pour se mettre d’accord. L’échéance est sur le point d’arriver. Deux projets s’affrontent dans la dernière ligne droite : la « Charte royale » proposée par les trois grands partis politiques, dont le principe était acquis en mars 2013, et un nouveau « régulateur » indépendant imaginé par les éditeurs de journaux. Les grands groupes de presse (News UK (Rupert Murdoch), Daily Mail, Associated Newspapers et Telegraph Media) se sont mis d’accord sur la création d’une Organisation Indépendante des Standards de la Presse (« IPSO »), qui devrait marquer une « rupture totale avec le passé ». Le président de la PCC, David Hunt, est prêt à déclarer ouverte la chasse aux candidats. Avec l’aide et la caution d’un ancien président de la Cour suprême, il a déjà choisi un comité de sélection. Les documents constitutifs sont prêts et peuvent être soumis dans l’heure aux deux cents groupes de presse concernés. Plus les journaux seront nombreux à y adhérer, moins la cotisation (seule source de financement) sera élevée. L’IPSO est conforme aux recommandations du juge Leveson, assurent les éditeurs. La proposition la plus spectaculaire est l’instauration d’une amende d’un million de livres (1,2 million €) en cas d’infraction déontologique grave. Vient ensuite l’obligation de publier en « une », bon gré mal gré, les corrections importantes et les sanctions. Est proposé aussi un service de médiation, qui devrait offrir une alternative aux procès en diffamation ou pour atteinte à la vie privée. IPSO ouvrira une « hotline » pour les lanceurs d’alerte et sera habilitée à mener ses propres enquêtes. Les membres de l’institution seront en majorité des « indépendants » ; « l’industrie » de la presse n’y aucun droit de veto. Le projet vise ainsi à garantir que la nouvelle instance sera prémunie contre les conflits d’intérêts qui ont valu à la PCC la perte de sa crédibilité. Les réponses aux questions d’organisation soulevées par les deux options – en particulier le financement et la composition de l’instance – sont comparables. Mais, sauf négociation de dernière heure, les éditeurs rejetteront la démarche des partis pour privilégier l’autorégulation, selon l’adage bien connu des conseils de presse : « tenir la politique à distance ». Il y a urgence, il n’est pas dit que les représentants du public accepteront de nouveaux atermoiements. Didier EPELBAUM

Belgique : Le Conseil de Déontologie journalistique belge se renouvelle.08 novembre 2013 — Il y aura pour  la période 2014 / 2017 40 membres, dont 30 % de nouveaux venus au CDJ, et un peu plus de femmes – 11 contre 8 dans le collège sortant. Parmi les nouveaux membres, la moitié du collège « société civile » est renouvelée, avec une avocate, un militant des droits humains, deux juristes, un attaché de presse du monde bancaire, et un représentant de la Fédération Européenne des Journalistes. Cette nouvelle composition a été rendue public par l’Association pour l’Autorégulation de la Déontologie Journalistique (AADJ). Cette association est composée de  médias ou associations de médias belges, parmi lesquelles les associations professionnelles des journalistes et celles des éditeurs. Son assemblée générale et son conseil d’administration sont composés d’autant de journalistes que d’éditeurs. Une de ses principales taches de son conseil d’administration est de désigner les membres du Conseil de Déontologie Journalistique.

Canada :  Evaluer l’impact possible de la publication d’une photo—- (19 octobre ) C’est le rappel du Conseil de Presse du Québec dans un récent avis donnant raison à l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (Assé) contre le quotidien La Presse. Ici et là la-presse-1er-version2-150x131Durant la grève étudiante de 2012, le quotidien avait illustré un article sur les négociations entre les étudiants et le gouvernement par une photographie d’un manifestant masqué . Le journal avait ensuite remplacé cette illustration par une autre. ici.    Saisi des militants du Gappa,  « un organe de surveillance des médias de masse » proche des milieux d’extrême gauche québecois (voir ici), le Conseil de Presse du Québec a jugé que la publication de la première photo était « tendancieuse« , car , comme en a même convenu  le représentant du quotidien « l’image du manifestant masqué ne représente en rien l’ensemble des membres de l’Assé« . Et il retenu « le grief pour publication de photo tendancieuse malgré »,  souligne-t il,  « le retrait ultérieur de la photo dénoncée ».

Europe :  Bilan de l’activité des conseils de presse à la conférence de l’Alliance des conseils de presse indépendants d’Europe —- (1er octobre ) Encourageant, frustrant, parfois embarrassant, c’est à cela qu’un militant de l’APCP peut résumer sa participation en observateur à la conférence annuelle de l’AIPCE, l’Alliance des conseils de presse indépendants d’Europe qui s’est tenue du  au 11 septembre 2013 à Tel Aviv (Israël) en présence de délégués d’une trentaine de pays.Encourageant de constater que nous sommes dans le vrai. L’autorégulation indépendante des médias n’est remise en cause dans aucun des pays où elle s’exerce, parfois depuis un siècle. C’est désormais un élément nécessaire de la vie démocratique et de la bonne santé de la presse. Dans la plupart des pays les activités sont en augmentation. En un an le conseil de presse autrichien est passé de 80 plaintes à 145, en Norvège de 339 à 374 ; après une légère décrue, le médiateur national de Suède est déjà à 70% au-dessus du niveau de 2012 pour les plaintes de l’année en cours ; du 1er janvier à la mi-août 2013, la Press Complaints Commission britannique, malgré la polémique autour de l’affaires des écoutes téléphoniques de la presse Murdoch, a reçu près de 4000 plaintes et s’est prononcée sur 1225 cas. Les incapacités notoires de la PCC n’ont pas débouché sur l’abolition du système mais au contraire sur la création d’une nouvelle instance, l’Independent Press Standards Organisation  (IPSO), a prioriplus efficace puisque composée à tous ses échelons d’une majorité de membres indépendants, habilitée à mener ses propres enquêtes et à infliger des amendes d’un million de livres. Les conseils de presse sont de plus en plus sollicités sur le contenu des forums  d’Internet, si bien que le statut des réseaux sociaux a franchi un palier : les participants à la conférence parlent désormais de « médias sociaux ». Selon une étude britannique, Twitter dépasse déjà les agences de presse pour l’information sportive ou les catastrophes et les rejoint sur la vie politique. Dans certains pays il n’existe aucune modération des forums. La question de l’anonymat des internautes ne fait pas l’unanimité : certains délégués estiment que l’anonymat est un droit, qui permet l’expression d’opinions intéressantes qui n’auraient pas été publiées avec signature ; d’autres estiment que l’on doit savoir qui dit quoi et que les gens sont responsables de ce qu’ils écrivent. « La liberté, demande Dominique Von Burg (Suisse), est-ce l’absence de règles ou un cadre dans lequel s’exerce la liberté ? » Est-il souhaitable de définir des règles déontologiques européennes ? Sur la nécessité d’une autorégulation indépendante et de sa protection, certainement. « Utiliser l’éthique comme preuve de qualité », cette affirmation du médiateur suédois Ola Sigvardsson fait l’unanimité.  « Tenir les politiques à distance » est la phrase qui est revenue le plus souvent dans cette conférence, l’indépendance est vitale même pour Lord Hunt, président de la PCC et ancien ministre de Sa Majesté ! Sur le secret des sources et leur protection oui, sans doute, ils sont tous d’accord. Sur les frontières de la vie privée, les législations et les sensibilités sont diverses ; sur la définition de « l’intérêt public » on se heurte aussi à des pratiques culturelles différentes, un délégué allemand estimant par exemple que cette notion dépend de la « demande » du public. Que tout cela peut être passionnant, frustrant à écouter et surtout embarrassant, lorsque les yeux se tournent vers vous et que tombe la question fatale : « Mais pourquoi la France est-elle le seul grand pays européen où il n’y a pas de Conseil de Presse ? » . Didier EPELBAUM

Togo :  Satisfecit aux médias après les élections :(20 septembre 2013) — L’Observatoire Togolais des Médias, créé en 1999, vient de lancer son site internet . On y trouve notamment un rapport sur la couverture des élections législatives de juillet dernier. La majorité des médias « ont tant bien que mal respecté le Code de déontologie des journalistes et le Code de bonne conduite signés par  les organisations de presse  » écrit l’OTM. Les « défaillances » qu’il pointe relève d’engagements militant des journalistes ou de choix éditoriaux jugés trop partisans. La critique déontologique la plus nette est la diffusion de communiqués des candidats et des partis, voire de publicités payantes, sans le préciser. Au final le principal mérite de ce document est le souci de faire progresser l’idée d’auto régulation de la profession. le site de l’OTM lire le rapport de l’OTM sur les législatives 2013

Turquie :Un médiateur qui se voulait indépendant licencié:– (18 septembre 2013) — Le quotidien Sabah a licencié cet été Yavuz Baydar, le médiateur du journal depuis 1999. Le conflit a commencé à propos d’un article du journaliste citant des lettres de lecteurs critiques pour la politique du gouvernement dans l’affaire du parc Gezi et du sit in de la place Taksin. Cette chronique a été purement et simplement censurée, et Yavuz Baydar a alors choisi de prendre un peu de champ. Pendant son congé, il a déploré dans un article au New York Times la pression de plus en plus forte du gouvernement turc sur les propriétaires de journaux qui, selon lui, mine la démocratie. Sa chronique de rentrée expliquait qu’il ne peut y avoir de lien hiérarchique entre la rédaction en chef et le médiateur d’un journal. Impubliable pour la direction de Sabah, qui a finalement licencié Yavuz Baydar. Motifs avancés : mauvais travail d’intermédiaire entre les lecteurs et la rédaction, critiques de la rédaction, reproches adressées aux patrons du journal. La commission européenne s’est émue de  cette décision. Yavuz Baydar rappelle – et c’est une définition du rôle de médiateur –  qu’il a toujours annoncé que ses billets incluaient aussi bien des points de vue de lecteurs que son avis en tant que médiateur sur la pratique du journalisme, et , si nécessaire sa critique argumentée du journal. Il laisse entendre qu’il va saisir les tribunaux de son licenciement. lire aussi ici (en anglais)

Grande-Bretagne : Chasse au machisme après le tournoi de Wimbledon : (18 septembre 2013) Il ne faut pas oublier les victoires féminines. Au lendemain de la victoire d’Andy Murray à Wimbledon, une citoyenne britannique a saisi la Press Complaint Commission pour inexactitude et discrimination dans les colonnes du Daily Mail et dans un titre de Times. Le vénérable quotidien par exemple avait titré « Murray mets fin à 77 ans d’attente pour une victoire britannique ». La PCC a  « négocié une clarification » qui a été publié dans les quotidiens et sur leur sites. Le Times a publié ce correctif : « depuis la victoire de Fred Perry en 1936 dans le tableau masculin, des titres a Wimbledon ont bien sûr été gagné 4 fois par des femmes, la dernière en date étant Virgnia Wade en 1977» et le Daily Mail s’est déclaré « heureux de préciser (…) que quatre femmes avaient remporté Wimbledon depuis 1936 »

Grande Bretagne :Qui s’adresse à un Conseil de Presse ?  (26 août 2013) --Chaque trimestre, la Press Complaints Commission britannique publie les résultats d’une enquête effectuée auprès des citoyens qui s’adressent à elle, et veulent bien répondre à quelques questions. Pas de valeur scientifique forte à ces données, mais des indications sur le public intéressé par un conseil de presse. La grande majorité des plaignants  – près de 75 % – a plus de 30 ans. Ils/elles sont motivé(e)s par les questions d’éthiques, puisque deux tiers connaissaient l’existence de la PCC et qu’un quart l’a découverte en surfant sur Internet, donc sur des mots clefs comme déontologie ou éthique  et/ou journalisme. Une minorité des plaintes seulement est relative à un article concernant personnellement le/la plaignant(e), mais une majorité vise un titre qu’il ou elle lit régulièrement. Le reste du questionnaire nous apprend que les usagers de la PCC sont dans une très majorité satisfaits de leur relation avec cette institution, mais que 80 % n’a pas d’avis sur  les documents sur la déontologie qu’elle édite. Peut-être parce que leur intérêt s’éteint avec la réponse à leur plainte. lire ici en anglais

Nouvelle Zélande :Additifs et droit de réponse.  (26 août 2013) --L’hebdomadaire néo-zélandais Weekend Herald accueille toutes les semaines un point de vue sur l’alimentation, basé sur le décryptage des informations figurant sur l’emballage d’un produit. Deux groupements de l’agroalimentaire (le New Zealand Food and Grocery Council et la Food Standards Australia and New Zealand – FSANZ) n’ont pas apprécié qu’un de ces articles insiste sur  la présence d’édulcorants dans  un concentré de boisson hypocalorique à la framboise, ni qu’il rappelle que certaines études les lient au développement de cancer chez le rat. Mais l’hebdomadaire a refusé de publier leur lettre de rectification mettant en avant des avis concluant à l’innocuité de ces additifs. Ces syndicats de producteurs ont alors saisi le New Zeland Press Council. Celui ci a donné raison au journal. La lettre des plaignants apportait peu de faits qui n’avaient pas déjà été exposés dans l’article, faits d’ailleurs « repris  sur le  site de la FSANZ »  estime le New Zeland Press Council. Mais il souligne surtout que l’article mis en cause se présentait clairement comme un « point de vue », basé sur des faits dont le chroniqueur « a tiré ses propres conclusions sur la sécurité des additifs alimentaires ». Le conseil de presse a jugé « [qu]’ il n’y a aucune confusion entre le fait et l’opinion »  et que « l’auteur a toute licence pour exprimer une vue sur la sécurité d’additifs alimentaires -  y compris dans un style fort, voire émotif – tant que son argumentation n’est pas basée sur des faits imprécis ». L’avis du NZPC en anglais

Arménie :Pour une auto discipline des sites d’information   (26 août 2013) -- “Le travail d’un journaliste devient la « propriété » de presque tous les médias en quelques minutes , le plus souvent sans aucune référence [à l'original]  » déplorent dans un communiqué commun les rédacteurs en chef de 15 sites arméniens d’information en ligne. Ils invitent leurs confrères à l’autodiscipline pour éviter le pillage réciproque de leurs productions, en mettant un hyperlien vers l’article original plutôt que de le recopier intégralement, en ne reprenant pas plus de trois photos et en renvoyant vers le site d’origine avec son logo.  Le jour même où était publié cet appel s’ouvrait à Erevan un séminaire organisé par la Deutche Welle Academy sur le thème « éthique et autorégulation des médias ». Le problème de la protection des droits d’auteur et de la lutte contre le plagiat a été au cœur des préoccupations des journalistes arméniens. source

Australie : Tenir compte des sujets récurrents pour juger du respect des faits  (26 août 2013) -- « Le programme [gouvernemental] d’isolation des habitations est un vrai gâchis, il est bâclé et néfaste » écrivait en août 2012 le quotidien australien The Daily Telegraph dans un  article sur une enquête sur la mort d’un installateur de ce système d’isolation en 2009. Le journal écrivait aussi que c’était la « troisième des quatre victimes de ce programme raté« . Ces qualificatifs ont motivé la saisie de l’Autralian Press Council par un plaignant estimant qu’ils n’avaient pas leur place dans un reportage et signaient une « confusion entre faits et opinion » au mépris « du respect des faits ». « Ce n’est pas un opinion mais un fait établi au delà du doute » s’est défendu The Daily Telegraph, s’appuyant sur des propos et avis du Bureau National d’Audit Australien, d’experts de l’industrie et du gouvernement ou d’hommes politiques concluant tous que ce programme était défectueux et mal géré. L’Autralian Press Council n’a donc pas suivi le plaignant, arguant que les faits étaient établis et publics avant cet article, que le débat sur ce programme était un sujet récurrent depuis longtemps et que cela suffisait à démontrer le respect de la règle de précision et de recoupement des informations. l’avis de l’Austalian Press Council en anglais

Moldavie :De la sanction morale à la sanction pécuniaire. (26 août 2013) -- Le Consiliu de Presa moldave a récemment demandé à l’autorité de régulation de l’audiovisuel de Moldavie – l’équivalent du CSA – d’étudier des pénalités contre une chaîne de télévision. Le Consiliu de Presa était saisi d’un reportage de Pro TV Chisinau où il était  demandé à un enfant de 9 ans victime de sévices sexuels de raconter devant la caméra ce qui lui était arrivé. « Le journaliste a mis l’enfant en situation de revivre des faits l’ayant affecté physiquement et psychologiquement » condamne le Consiliu de Presa, qui reproche en outre au reportage de comporter « suffisamment d’élément d’identification et localisation pour que la victime puisse être reconnue malgré le floutage ». Mais comme cette chaine avait déjà été mise en garde sur le  non respect de ses obligations concernant la protection des enfants, le Consiliu de Presa à estime qu’il ne peut se contenter d’une condamnation éthique et choisir d’alerter l’instance de régulation. texte intégral de l’avis

Québec : Voyages gratuits, du principe au réalisme: (2 août 2013) — Le CP québécois a été confronté récemment à l’application concrète d’une des règles de son guide de déontologie. Pour prévenir les conflits d’intérêts, il conseille de refuser les voyages offerts aux journalistes. Mais quand il est saisi par un lecteur du quotidien Le Soleil d’un reportage sur l’île d’Anticosti décrivant une partie de chasse sous le titre enthousiaste « Chevreuil à Anticosti : trop beau pour chasser! », il entend les arguments du journal évoquant « des pratiques très communes dans l’industrie du tourisme« . Et rejette le grief d’acceptation de voyage gratuit en concluant que « les normes reconnues dans le milieu journalistique permettent une certaine ouverture à cet égard« . Mais le CP blâme sans hésiter le journal et le reporter pour ne pas avoir informé leurs lecteurs que ce reportage était réalisé sur invitation de la Sépaq, organisme de gestion et de promotion des ressources touristiques du Québec. In fine, son communiqué rappelle que « lorsqu’une plainte est retenue, l’entreprise de presse visée par la décision a l’obligation morale de la publier ou de la diffuser ». L’histoire ne dit pas si le journaliste a précisé dans un article ultérieur que sa partie de chasse à Anticosti était intégralement payée par la Sépaq. L’avis complet ici

Bosnie Herzégovine : Le Conseil de presse est connu de la population : (2 août 2013) — Le Conseil de Presse de Bosnie Herzégovine a été saisi 89 fois durant les six premiers mois de 2013. 14 plaintes ont été examinées par la commission ad hoc. Six ont été rejetées,  huit ont été retenues, dont 4 concernaient des manquements à la responsabilité éditoriale et au respect du droit de réponse, 3 des écrits incitant à la haine, 2 l’exactitude et l’équilibre des faits reportés, et 2 le respect de la vie privée. Huit autres dossiers ont été réglés par médiation. A noter que selon un sondage publié en juin, 60 % des citoyens bosniaques savent qu’ils ont le droit de porter plainte devant le Conseil de Presse de Bosnie Herzégovine contre un reportage inexact et non professionnel.plus ici (en anglais)

Espagne :Rémunération des témoins sous condition. (2 août 2013) – La commission « arbitrage, plainte et déontologie » de la Fédération des Associations de Journalistes Espagnols (FAPE) a publié au printemps un avis sur la rémunération par la presse – essentiellement la télévision – de témoins ou de protagonistes d’affaires judicaires. Il semble que cela soit sinon une habitude en tout cas un sujet de polémique de l’autre côté des Pyrénées. La commission estime que cette pratique est risquée « tant pour la bonne administration de la justice que pour le respect des droits de la défense » , la promesse d’une rétribution du témoignage « pouvant affecter  sa véracité même ». La résolution 2013/13 de la dite commission ne condamne pas formellement cette pratique. Elle essaie de l’encadrer. « L’évaluation de ce risque revient au seul média », est-il réaffirmé. Mais il est aussitôt rappelé que ce genre d’émission doit être soumis aux principes « de vérité et de respect de l’intimité et des victimes« . En conclusion, la commission s’estime obligée de répéter un principe général de son code de déontologie, qui veut qu’on évite « de donner la parole aux proches et aux amis d’une personne condamnée pour délit ou crime, sauf si cela est nécessaire pour que l’information soit complète et équitable ».l’avis complet (en espagnol)

Nigeria : Polémique autour du Conseil de Presse. (2 août 2013) — Le Nigeria s’est doté d’un conseil de presse il y a plus de 20 ans. Le statut de cette agence du ministère fédéral de l’information créée sous la dictature des militaires a été modifié par la loi après le retour de la démocratie. Théoriquement les éditeurs et les journalistes y siègent au côté de représentants de l’état fédéral. Mais la Newspaper Proprietors Association of Nigeria a saisi la Haute Cour Fédérale, qui , il y a 3 ans , a déclaré plusieurs articles de la nouvelle loi contraires à la Constitution du Nigéria . Le gouvernement n’a pas depuis fait modifier la loi pour la mettre en conformité avec la Constitution et le conseil de presse vit au ralenti. L’association des propriétaires de journaux a créé sa propre structure de veille déontologique et de médiation, que le syndicat des journalistes appelle à boycotter. Ces dernières semaines, la tension a monté d’un cran avec l’ouverture de poursuites contre des journalistes accusés d’avoir publié un mémo présidentiel fabriqué de toute pièce. Certains opposants évoquent une réactivation du conseil de presse, et un éditorial virulent du grand quotidien The Punch parle d’une volonté de « rétablir la dictature à travers le conseil de presse ». Le conseil de presse se défend en évoquant son action passée pour défendre les journalistes et renforcer le niveau de pratique professionnelle, et en polémiquant ligne à ligne avec l’éditorialiste qui l’a attaqué. A suivre au moins jusqu’aux élections de 2014.(les deux documents en lien sont en anglais)

Suisse :Même les rédacteurs en chef saisissent le conseil de presse. (7 juillet 2013) —  Une polémique entre l’hebdomadaire zurichois Weltwoche et le quotidien Tages-Anzeiger a été arbitrée par le conseil suisse de presse. Le premier a publié deux semaines de suite des articles pointant le passé d’extrême gauche du nouveau rédacteur en chef du second. Photos du dénommé Res Strehle à l’appui, prises par la police il y a près de 30 ans lors de l’évacuation d’un squat. Le conseil de presse a estimé que celui-ci, “en tant que rédacteur en chef d’un quotidien formateur d’opinion, doit accepter que l’on scrute son passé politique de manière critique” et que sa nomination “représente un élément d’actualité le justifiant”. Par contre, il estime que l’intérêt public ne justifie pas “ la publication de deux photos de police vieilles de presque trente ans” et que Weltwoche n’aurait pas du écrire en “déformant des faits “ que le rédacteur en chef de Tages-Anzeiger avait soutenu à l’époque le “ terrorisme d’extrême-gauche et des poseurs de bombes ». ici le texte complet de l’avis

Belgique : Le titre d’un article est soumis aux règles de déontologie journalistique : (7 juillet 2013) — C’est en vertu de ce principe que le Conseil de déontologie journalistique belge a partiellement donné raison aux proches de la victime d’un meurtre.  Le quotidien de Namur La Meuse avait titré en une en janvier « Meurtre extrêmement pervers à Namur. Olivier, 50 ans, mordu à mort ! » L’article en page intérieure était au conditionnel et précisait qu’il ne s’agissait que d’une hypothèse sur la cause du décès. Ce ton péremptoire et très affirmatif du titre a justifié le blâme du CDJ. Les lecteurs de La Meuse n’ont pas été informés de cet avis comme le CDJ l’avait demandé à l’éditeur. Cette affaire est aussi l’occasion de pointer une tendance nouvelle, qui consiste à demander aux journaux des « réparations » assez exorbitantes. Le plaignant avait demandé non seulement les excuses du journal et  la suppression des articles contestés du site, mais surtout la publication « d’une double page pour restaurer l’honneur [de la victime]  qui serait composée, illustrée et mise en page sous le contrôle de la famille, (…) annoncée en Une et préalablement soumise à la relecture et à l’accord de la famille ». L’éditeur a refusé et il n’y a pas eu de solution amiable mais avis du CDJ, qui souligne sèchement que « ces demandes portent atteinte à la liberté de la presse« . ici l’avis du CDJ

Etats Unis : Bilan de l’audience en public à Seattle  du conseil de presse de l’état de Washington : – (29 juin 2013 – mis à jour le 7 juillet ) – Le 1er juin dernier le Washington News Council a tenu une audience publique à l’hôtel de ville de Seattle sur une plainte déposée contre le Seattle Times par un médecin se plaignant d’une enquête sur le suivi judiciaire et social des délinquants sexuels. Le public était associé à cette audience et invité à se prononcer sur les griefs. Non seulement celui présent physiquement dans celle salle de l’hôtel de ville mais surtout les internautes du monde entier qui pouvaient suivre cette audience en direct, ou en différé jusqu’au 15 juin, et voter en ligne. Une diffusion présentée comme une première mondiale par le WNC, dont c’était la 7e audience publique depuis sa création en 1998. Présidés par une juge retraitée, les débats entre le plaignant et les membres du conseil de presse ont été formels, longs et parfois techniques. Le public présent avait eu la possibilité de lire en ligne le volumineux dossier établi par le plaignant, et les réponses du journal à ses demandes de rectification. Les internautes étaient vivement invités à en faire autant avant de répondre aux 12 questions posées au conseil de presse. Le plaignant, le Dr Wollert, est psychologue clinicien spécialiste du traitement de la récidive chez les agresseurs sexuels. Il est le plus souvent cité comme expert pour leur défense. Il considérait que l’enquête du Seattle Times de janvier 2012 était inexacte et préjudiciable à sa réputation, en mettant en cause ses théories et ses pratiques, et en dénonçant ses honoraires. Il a notamment reproché à la journaliste de ne pas avoir « recherché des témoignages [en sa faveur] auprès de gens qui n’étaient ni procureurs [ayant requis contre] des délinquants  sexuels, ni des psychologues médico-légaux cités par l’accusation [dans ces procès] et ni en concurrence  avec lui dans recherche en psychologie médico-légale ». Déontologiquement, l’argument est fort, d’autant que les documents produits montrent que la reporteure avait en sa possession des informations positives sur le Dr Wollert. Mais il mais le serait davantage si, comme l’a montré les débats, le Dr Wollert n’avait refusé à trois reprises de donner une interview à la journaliste au prétexte qu’ «elle ne s’adressait pas à lui avec égards et politesse ». Le plaignant a aussi déploré que le journal déploré que le journal n’ait pas accepté de retirer plusieurs passages de l’article et de publier un texte sur ses mérites professionnels et de ses antécédents. « Aucun journal ne l’aurait fait » lui a fait remarquer un des membres du WNC. Si beaucoup de temps a été consacré à écouter le Dr Wollert plaider sur sa carrière et ses compétences, il y a eu aussi, comme le note un bloggeur, « quelques échanges importants sur la différence entre un reportage et une enquête criminelle, ou sur le rôle qu’une hypothèse initiale peut jouer dans le processus d’investigation d’un reporter ».  A l’issu des débats, le bureau du WNC s’est prononcé sur 12 questions portant sur des points de déontologie. Six ont considéré que le Seattle Times n’avait pas fait un portrait du Dr Wollert « d’une façon précise, juste, complète et équilibrée ». Les quatre autres ont estimé que ces standards professionnels avaient été respectés. Le vote du public présent à l’hôtel de ville donne raison beaucoup plus nettement au plaignant. Les résultats du vote en ligne ne sont pas disponibles à l’heure où cet article est rédigé. L’absence du Seattle Times à cette audience limite cependant son intérêt et pose d’autres questions. La rédaction en chef du journal a en effet choisi de ne pas se prêter à ce qu’elle a qualifié dans un long courrier lu à l’audience de « spectacle quasi judiciaire ».  D’une part parce que son travail allait être analysé non seulement par les membres du conseil de presse mais aussi par une assistance où « vraisemblablement domineront les partisans du Dr Wollert » et un public en ligne « dont on ne sait rien de la composition ». Mais également parce que les 12 questions posées sont « rédigées du point de vue du seul plaignant et sans tenir compte de l’intérêt du public », et centrées sur l’idée que « l’équilibre est une valeur journalistique fondamentale ». Ce que ne croient pas les responsables du Seattle Times : « nos valeurs sont l’honnêteté et l’exactitude, qui souvent ne s’alignent pas sur la notion d’équilibre ». Et ils enfoncent le clou en remarquant que « la recherche de l’équilibre aboutit à des années d’articles et d’émissions qui donnent le même poids au 1% de scientifiques qui nient le changement climatique qu’aux 99 % qui sont certains que les activités humaines ont un impact sur le climat mondial ». Il n’a au fond pas été débattu contradictoirement ce 1er juin de ces remarques et des plaintes du Dr Wollert. Cela aurait pourtant contribué à « l’éducation du public au médias », un des objectifs fixés à cette audience publique par John Hamer le président du WNC. A lire les blogs des proches des uns et des autres dans les jours qui ont suivi, on peut se demander s’il  a été atteint. PG.

Grande Bretagne : Bilan de 2012 de la Press Complaint Commission :  (28 juin 2013)  12 191 plaintes ont été adressées en 2012 au conseil de presse britannique. Ce chiffre élevé s’explique par un nombre important de plaintes non retenues, par exemple  qui mettaient en cause des choix éditoriaux, de la publicité ou des programmes télévisés, et par des plaintes multiples portant sur un seul cas. 1937 dossiers ont donné lieu à  des décisions de la PCC ou à des solutions négociées  par son intermédiaire. Sur ce nombre, 1274 plaintes ont été rejetées après étude car il n’y avait pas de manquement déontologique. Dans 101 cas, le média avait contrevenu au code de déontologie mais avait, pour la PCC, rectifié à son erreur. Dans 535 cas, une médiation a satisfait le plaignant.  A 27 reprises, la Commission a estimé la plainte fondée, et a 13 fois  publié  » une décision critique »  à l’encontre de titre qui avait violé la déontologie sans rectifié ou sans que ce soit possible (lire ici en anglais)  alors que 14 de ces décisions n’ont pas fait l’objet de publicité. Enfin, à 136 reprises, la Press Complaint Commission est intervenu en amont de la publication pour aider des plaignants qui s’estimaient victimes de harcèlement par un journaliste ou de non respect de la vie privée ( lire – en anglais  - ici et ici ).  Sur le fond, 92,6 % des plaintes ont concerné des inexactitudes et des refus de correction, 40.9% le respect de la vie privée, une même plainte pouvant relever des deux motifs. La presse nationale était concernée dans près de 50 % des dossiers instruits.

Suisse :Rapport 2012  du  Conseil suisse de la presse : ( 24  juin 2013 ) — 95 plaintes ont été enregistrées en 2012, et 80 traitées. Les griefs les plus fréquents restent l’inexactitude, le refus de donner la parole à un mise en cause, et l’atteinte à la vie privée, motif de plainte qui augmente d’un tiers par rapport à 2011. Le président du Conseil suisse de la presse Dominique Von Burg s’est réjoui en présentant ce rapport annuel à la mi juin que les rédactions « respectent mieux l’obligation de publier les prises de position qui concernent son propre média ». 78 avis ont été publiés en 2012, contre 7 passés sous silence par les médias concernés. Peut-être parce que « jouer le jeu de l’auto-contrôle » contribue à « rester crédible aux yeux du public » et « rend obsolète toute velléité étatique de contrôler la qualité des médias », pour reprendre les termes de Dominique Von Burg. Parmi les directives générales publiées en 2012, l’une rappelle qu’au nom de l’équité « les journalistes ont pour devoir d’entendre avant publication une personne faisant l’objet de reproches graves » et que si son expression ne doit pas obligatoirement occuper  « la même place, en termes quantitatifs, qu[e] la critique la concernant (…) sa prise de position doit être reproduite de manière loyale dans le même récit médiatique ». Une autre pose que courrier de lecteurs et commentaires « doivent en principe être signées par leurs auteurs » et que l’anonymat doit être l’exception. Enfin, au nom du droit à l’oubli, en particulier pour les personnes condamnées, le conseil suisse de presse propose que « à la suite d’une demande fondée, les rédactions devraient vérifier s’il s’impose d’anonymiser après coup ou d’actualiser un récit médiatique archivé numériquement ».   le rapport complet est ici

Canada : Donner la parole à un présumé meurtrier n’est pas une faute. ( 6 juin 2013 ) — Le Conseil de Presse du Québec a validé récemment le travail d’une station de radio de Montréal, CDJA, qui avait diffusé des extraits d’un interview d’un homme accusé d’être l’auteur d’un attentat meurtrier lors d’une soirée électorale en septembre 2012. Ce drame a fait grand bruit au Canada, et la diffusion de propos du tireur présumé a conduit plusieurs citoyens québécois a saisir le CP pour atteinte à la présomption d’innocence, manque de respect pour la famille de la victime, et surtout pour avoir offert une tribune à un présumé meurtrier. Tous ces griefs sont rejetés. Le CP note en particulier qu’il n’y a de “tribune offerte”, puisque que l’interview téléphonique était enregistrée que seuls des extraits en ont été diffusés sous le contrôle éditorial de l’équipe rédactionnelle. Le principe même de ce sujet et de cet interview est jugé «utile [pour] obtenir des informations permettant de mieux connaître la personne qui aurait posé des gestes aussi graves”. Conclusion de l’avis :« aucun principe déontologique n’interdit la diffusion de commentaires ou propos d’une personne accusée de crime, sous réserve du respect des droits fondamentaux . lire ici l’avis intégral du CP.

Burundi :Un jour noir pour la liberté de la presse :  ( 6 juin 2013 , mise à jour d’un texte des 18 et 22  avril 2013) –  Le président du Burundi Pierre Nkurunziza a promulgué le 4 juin  la loi sur la presse adoptée par le parlement burundais en avril. lire ici. C’est « un jour noir pour la liberté de la presse »  a commenté Eric Manirakiza, directeur de Radio publique africaine (RPA), une station locale privée. Cette loi  limite largement la protection des sources. Le journaliste devra les révéler « si ces dernières rentrent sous le coup des infractions en matière de sécurité de l’Etat, de l’ordre public, du secret de la défense » . Elle restreint également le champ d’activité des médias, puisqu’elle interdit purement et simplement la diffusion d’informations en rapport avec « le secret de Défense nationale, la monnaie et le crédit public »  ou portant atteinte « atteinte au crédit de l’Etat et à l’économie nationale ». Un organe de régulation de la presse nommé par le pouvoir exécutif attribuera la carte de la presse et pourra la retirer « temporairement ou définitivement » en cas de délit de presse. Ce texte rend obligatoire l’obtention d’un diplôme de journaliste de niveau licence pour exercer la profession .  La presse avait été associée à la préparation du texte, mais le gouvernement n’a pas tenu compte de ces travaux. Le président de l’Union burundaise des journalistes, Alexandre Niyungekova a dénoncé un texte contraire à la Constitution burundaise et à la Déclaration universelle des droits de l’homme ». La Fédération internationale des journalistes qualifie ce texte de »grave régression » des libertés au Burundi (lire ici).

Etats-Unis : Un conseil de presse en direct sur le web samedi !(30 mai 2013) -    C’est une première que tente le  Washington News Council, le dernier conseil de presse fonctionnant sur le territoire des Etats-Unis. Samedi 1er juin, il tiendra une audience en public depuis une salle de l’hôtel de ville de Seattle, de 9h00 à midi heure locale, soit de 18h00 à 21h00 en heure française, audience qui sera également retransmise sur internet sur ce siteL’objectif est de populariser l’idée d’une veille éthique et le rôle du conseil de presse. La plainte à examiner a été déposée par un psychologue contre The Seattle Times, le grand quotidien de l’état de Washington. Ce médecin s’estime personnellement diffamé par une série d’articles consacrés à un centre de rétention pour délinquants sexuels. Il a en outre  relevé de nombreux passages qui, à son avis, manquent d’équité, d’exactitude et d’équilibre. Le titre de la série d’articles est accrocheur  » :« L’état de Washington gaspille des millions pour aider des prédateurs sexuels à éviter l’enfermement » , et le chapeau introductif donne un aperçu du ton de l’ensemble :  » Dans le Centre  Spécial de l’Île McNeil, près de 300 délinquants sexuels sont retenus indéfiniment. Le programme protège la société de prédateurs. Mais il a été grevé par une course  à la dépense, un manque de surveillance financière et un épais secret « . L’audience de ce samedi 1er juin veut associer le plus grand nombre à la réflexion sur ce cas . Le Conseil de Presse de l’état de Washington invite les médiateurs et les membres d’autres conseils de presse du monde entier à suivre les débats et à participer par un vote à l’avis qui sera rendu. Les 12 questions sur lesquelles ils sont invités à donner leur avis en ligne sont présentées sur le site du Washington News Council, ainsi que le dossier complet dont dispose les membres du conseil (ces document sont en anglais).  Un enregistrement vidéo de l’audience restera en ligne jusqu’au 15 juin, date limite pour participer à cette expérience.

Algérie : Questions sur un Conseil de Déontologie : — (27 mai 2013)  A l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse le 3 mai, on a beaucoup parlé d’éthique en Algérie. Lors d’un colloque à Tipasa, Omar Belhouchet le directeur de la publication du quotidien El Watan a lancé que « le respect de l’éthique et de la déontologie, qui doivent être des notions sacrées, demeure l’un des parents pauvres de la presse algérienne ». Dans le même temps, l’agence officielle Algérie Presse Service relayait la demande d’un conseil de déontologie. Il est prévu dans la loi organique algérienne sur l’information mais n’a pas été mis en place. Le financement d’une telle instance devrait reposer sur les cotisations des médias afin de garantir son indépendance a expliqué par exemple  à l’APS un chercheur en sociologie politique, Mohamed Taibi. ici . Ses décisions devraient être « obligatoires et non consultatives » selon un ancien journaliste, Zoubir Souissi. La dépêche concluait en reprenant un appel pour « un débat national avec la participation de toutes les parties concernées » sur la « la mise en place d’un conseil de déontologie« . L’actualité autour de l’hospitalisation en France du Président Abdelaziz Bouteflika depuis le 27 avril, riche de rumeurs, de censure et d’interdictions, montre la nécessité de ce débat.

Grande Bretagne : Respecter la volonté de la famille d’un défunt.  (27 mai 2013)  – La Press Complaint Commission a blâmé récemment le quotidien The Scottish Sun qui avait publié un compte rendu et des photos des obsèques du coureur cycliste Sir Chris Hoy. A plusieurs reprises la famille avait insisté sur le caractère privé de la cérémonie. Que le reporter soit resté au fond de l’église  et qu’une photo de la veuve prise depuis la rue ait ensuite été retirée du site du quotidien n’excuse rien.  Il y a eu « présence non sollicitée [de journalistes] à un événement privé » ce que la PCC a considéré comme une atteinte à la règle professionnelle de discrétion et de respect des personnes ayant subi un choc. ici (en anglais)

Canada : Twitter et devoir de réserve des journalistes.  (27 mai 2013) – Le conseil de presse de Québec a retenu en mai une plainte contre un journaliste de la chaîne TVA qui avait pris parti sur Twitter dans une conversation un peu vive entre un ministre et un de ses abonnés sur le réseau de microblogage. Le CP a noté que le journaliste mis en cause « est  un journaliste « factuel » [qui]  ne pratique pas le journalisme d’opinion comme le fait un éditorialiste ou un chroniqueur  [et dont le] travail consiste à rapporter les faits tels qu’ils se présentent ». Le Conseil a donc estimé que le journaliste «  se devait d’observer son devoir de réserve même sur Twitter » d’autant plus que son travail quotidien l’amenait à couvrir des évènements impliquant le ministre concerné. l’avis du conseil de presse québecois ici

Belgique : « Ne pas citer ces sources ne signifie pas leur absence »(17 mai 2013) – Il y a dans la plus récente décision du Conseil de Déontologie Journalistique de Belgique deux remarques universelles, concernant l’une le respect à la vie privé des gouvernants, l’autre le secret des sources, qui peuvent éclairer bien des débats franco-français récents sur le journalisme. lire ici

Etats Unis : Faux duplex par satellite : (14 mai 2013) - La concurrence exacerbée que se livrent les chaines d’information en continu conduit à des absurdités. Lors de l’affaire des séquestrées de Cleveland  CNN n’a pas hésité le 7 mai à organiser un direct ente deux journalistes … installée sur le même parking de Phoenix. Tout laissait à croire que l’une à Cleveland répondait aux questions de l’autre à Phoenix. Sauf les véhicules en mouvement, qui, malgré les exploits des cadreurs, passaient en arrière plan de l’une à l’autre en continu. Pas de commentaire de CNN depuis, malgré la charge d’un humoriste très populaire, Jon Stewart, dans son Daily Show. voir ici

Australie : Du bon usage des guillemets : (14 mai 2013) – Les journaux en ligne Daily Telegraph et The Australian avaient rendu compte du sommet du G20 de juin 2012 en titrant sur un supposé camouflet public imposé au premier ministre australien Mme Gillard par le Président de la Commission Européenne José Manuel Barroso. Le Daily Telegraph écrivait « Le premier ministre Julia Gillard humiliée au sommet du G20 par le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso », et  The Australian « L’Europe ‘’ne recevra pas de leçon’’ de Julia Gillard ». Le Daily Telegraph et The Australian sont deux journaux du groupe Murdoch et la première ministre australienne est membre du Parti Travailliste. Saisi par la même personne pour inexactitude pour ces deux articles,  le Conseil de Presse lui a donné raison au terme de son enquête. Même si des conseillers ont expliqué en off qu’une lettre du premier ministre australien aux membres du G20 les invitant à « suivre la voie australienne pour faire face à la crise » était un des éléments qui expliquait les propos de J.M. Barroso, celui ci n’a pas « humilié» publiquement Mme Gillard ni même cité son nom ou l’Australie au cours de sa conférence de presse. Ces titres sont donc factuellement inexacts. Le Conseil de presse insiste dans ses conclusions  sur « l’importance de l’exactitude rigoureuse dans l’utilisation des citations ». L’usage des guillemets est aussi en cause. Le CP australien constate que lorsque que The Autralian met des guillemets à l’expression ‘’ne recevra pas de leçon’’, on ne sait pas si c’est une citation direct de M.Barroso ou une périphrase du journal pour résumer son propos. Constatant que la pratique des médias à cet égard n’est pas uniforme, le Conseil va étudier « s’il faut élaborer des normes spécifiques dans ce domaine ». A suivre donc. lire ici et (en anglais)

Grande-Bretagne : Ne pas tirer bénéfice du crime : ( 3 mai 2013 ) - L’article 16 du code de conduite des journalistes britanniques interdit d’acheter à des criminels, à leur famille ou à leurs associés des comptes-rendus , photos ou informations qui glorifient ou rendent séduisant le crime, sauf exception au nom de l’intérêt public. La publication contre rémunération par That’s Life du récit d’un meurtre par la sœur du meurtrier était justifié par ce magazine par le fait que celle-ci était en quelque sorte elle aussi victime dans cette affaire. La Press Complaints Commission n’a pas suivi ce raisonnement et a estimé qu’en « étant payée pour son récit, la sœur avait directement bénéficié du crime de son frère ». La porte-parole de la PCC n’a pas caché que cette affaire était exemplaire de son appréciation de l’article 16. That’s Life et ses confrères sont prévenus . l’avis du PCC  

Suisse : 95 tailles de préservatifs! … ( 3 mai 2013 ) -Les délibérations d’un Conseil de Presse sont pleines d’imprévus. En Suisse récemment, les sages ont du dire si écrire que proposer 95 tailles de préservatifs était stupide et ne visait qu’à faire de l’argent constituait une entorse au principe déontologique de « non accusation gratuite ». La plaignante, qui tient un site de vente de produits érotiques, ajoutait que le mot portait atteinte à sa dignité. « Les faits qui sont à la base de l’article ne sont pas contestés » a noté le CP qui conclut que les mots utilisés relèvent du libre commentaire et déboute la plaignante.  ici

Sénégal : Cri d’alarme d’un enseignant en journalisme : ( 3 mai 2013 ) – Moustapha Samb est professeur de communication au Cesti, le centre d’études des sciences et techniques de l’information de Dakar. Il estime que le niveau des journalistes est très bas, et que la « pipolisation » gagne. « Les journalistes font de la communication au détriment du journalisme » explique t il. Il leur reproche d’ «[aimer]inviter des gens qui parlent beaucoup, qui à la limite font du théâtre » mais «quelqu’un de sérieux qui amène des réflexions sérieuses, ça n’intéresse pas les journalistes ». Le professeur Moustapha Samb souhaite un renforcement des cours d’éthique et de déontologie et la mise en place « un outil de contrôle de ce que les gens font ».lire ici

Etats Unis : Le diable est dans les détails de l’œcuménisme:  (29 avril 2013) – Il voulait bien faire ce 10 mars, Paul Brown , le présentateur des infos de 10h00 sur le réseau de radios publique américain NPR. Une brève pour parler d’une autre religion que la catholicisme alors en attente d’une fumée blanche à Rome. « Le plus grand évènement religieux du Népal se tient en ce moment », commence t il « un flot de pèlerins passe devant des ascètes nus tirant sur leurs pipes de cannabis. Les fêtes de Shivaratri attirent chaque année  près d’un million d’Hindous jusqu’à un très ancien temple de Katmandu ». Le médiateur de NPR a reçu de nombreuses lettres dénonçant « un journalisme à sensation » qui caricature une tradition complexe « de jeûnes, de méditations, de veilles, d’offrandes et chants sacrés ». Le journaliste, désolé d’avoir choqué, présente ses excuses. Il explique qu’en fait il voulait faire partager aux auditeurs la diversité des religions sur la Terre. Mais il n’en savait pas assez sur cette religion pour en parler, dit en substance le médiateur de NPR qui reconnaît « une erreur », puisque la rédaction de la brève fait d’un à-côté, la présence d’ascètes drogués, « l’élément central de cette manifestatio». en anglais, le commentaire du médiateur de NPR

Nigeria :20 ans de Conseil de Presse : (29 avril 2013) Pour sa vingtième année d’activité le Nigerian Press Council a traité 145 plaintes (le pays compte 160 millions d’habitants). Le NPC est une agence du Ministère Fédéral de l’Information et la Communication. Son conseil d’administration est composé de représentants du ministère, du syndicat de journalistes NUJ, de la Guilde des Rédacteurs en chef, de l’association des propriétaires de journaux et du public. Il insiste beaucoup sur sa fonction pédagogique, et multiplie les formations à la déontologie en liaison avec le NUJ. Il affirme jouer un rôle de défense des journalistes et intervenir lorsque l’un d’eux est attaqué par un particulier ou un agent de l’état. A l’occasion de ce 20e anniversaire, le NPC exprime le vœu que soit élargi le domaine dans lequel il peut intervenir qui encore défini en fonction de règles imposées il y a 20 ans par les entreprises de presse. le site du NPC

Canada :Les journalistes de sport s’inquiètent pour leur crédibilité : (27 avril 2013) — Le débat est ouvert par un étudiant en journalisme de l’Université d’Ontario dans les pages du Canadian Journalism Project. De plus en plus, les grands évènements sportifs sont l’objet d’enjeux économiques. Les droits de diffusion de la Canadian Football League sont détenus par l’opérateur téléphonique Bell Canada Enterprise, propriétaire de la chaine TSN (Television Sport and News). Ceux du Toronto Blue Jay,  principale compétition de baseball, sont achetés par un autre opérateur, Rogers Communication qui contrôle Sportsnet  principal concurrent de TNS. Un événement dont les droits appartiennent à l’un est quasi boudé par le média contrôlé par l’autre, quand la couverture n’est pas « désobligeante ». Les jeunes journalistes couvrent parfois les compétitions « maison » comme « une simple élément de relations publiques de la franchise sportive » achetée par sa compagnie, déplore Dustin Parkes du site The Score qui note que  « cela risque pour eux de devenir la norme ». Certains redoutent les effets à  long terme sur tous les journalistes sportifs. « Je suis tétanisé à l’idée de perdre ma crédibilité » dit l’animateur d’une émission diffusée sur Sportsnet. Plusieurs journalistes spécialisés estiment que la presse écrite et les médias en ligne indépendants ont un rôle à jouer pour permettre aux journalistes des diffuseurs de rester honnêtes. lire ici (en anglais) 

Belgique :L’Affaire Fortis et la  déontologie : (23 avril 2013) – Interrogé dans le cadre de l’enquête sur le scandale financier « affaire Fortis » , Maurice Lippens ancien Président du Conseil d’Administrations de cette banque n’avait pas apprécié qu’en novembre 2012 le quotidien L’Echo cite de larges extraits de son audition par les policiers. Il a donc saisi le Conseil de Déontologie Journalistique pour violation du secret de l’instruction et atteinte à la vie privée. Le CDJ a rejeté sa plainte. D’une part parce que « le secret de l’instruction de s’impose pas aux journalistes » . D’autre part parce que même si « une audition reste en effet un fait privé » Maurice Lippens « est  incontestablement un personnage public dans le monde économique belge  » et donc « révéler les éléments de [son] audition est incontestablement un sujet d’intérêt général pour le public« . A noter qu’une des membres du CDJ, par ailleurs rédactrice en chef de l’Echo , s’est déportée dans ce dossier pour ne pas se retrouver juge et partie. Il est également remarquable que plusieurs journaux aient publié des comptes-rendus complets de la décision de l’instance d’autorégulation de la presse belge. Lire ici l’avis du CDJ

Inde :Informations politiques achetées: ( 22 avril 2013) – Le Conseil de Presse d’Inde a rendu public en mars une enquête sur la pratique des « informations payées » lors de la campagne électorale dans l’état du Gujarat en décembre 2012. Sur 444 cas signalés, 224 ont donné lieu à un avis de la commission d’enquête. 61 candidats ont reconnu avoir payé des journaux ou des sites internet pour faire publier des sondages en leur faveur. Cette pratique a conduit par exemple le Gujarat Guardian à publier – le même jour et sur la même page -  une prédiction de victoire pour deux candidats opposés l’un à l’autre. Les rapporteurs suggèrent que le conseil de presse mette à jour son code de conduite sur cette pratique. A plus long terme, il propose la création d’observateurs des médias. Ces journalistes confirmés extérieurs à l’état de l’Union Indienne où se déroule une élection  seraient présents avant et jusqu’au vote, et auraient accès « à toutes les parties prenantes, y compris l’homme de la rue, pour enregistrer tous les cas d’informations achetées ».

Colombie britannique :Dépublier une lettre raciste ne suffit pas. ( 22 avril 2013) -  Le Canadian Journalist Project rapporte que le Nanaimo Daily News a retiré de son site, avec ses excuses, la lettre d’un lecteur qui accusait les « premières nation »  (autrement dit les tribus indiennes du Canada) d’être des « éponges à subventions gouvernementales sans histoire ni honneur ». Des excuses ne suffisent pas à respecter le principe de non  discrimination et de non appel à la haine, écrit en substance Ginny Whitehouse, professeur de journalisme à l’Université du Kentucky (ici). Il serait préférable de donner aux représentants des Premières Nations l’occasion de répondre à cette diatribe. Mais surtout, « au delà des histoires de droit de pêche et de conflits autour de traités le Nanaimo Daily News devrait augmenter sa couverture de l’histoire et de la culture de ces peuples ».  

Grande-Bretagne : Esprit de clocher footballistique sanctionné :  ( 18 avril 2013)  Les rencontres Leeds / Sheffield sont souvent des moments chauds entre supporters de football. A la veille de celle d’octobre 2012, le Yorkshire Evening Post  a publié un article titré « Appel à identifier les voyous de Sheffield qui menacent les supporters de Leeds ». En fait, la demande de la South Yorkshire Police concernait 10 supporters de Leeds !  C’est ce qu’a du reconnaître, et publier dans ses colonnes, le Yorkshire Evening Post après intervention de la Press Complaints Commission saisie par un habitant de Sheffield. Hélas, 6 mois après sa prétendue « méprise ». Cela lui servira peut être de leçon.

Australie : Redoubler de précaution sur les sujets médicaux  ( 18 avril 2013 )  The Milton Ulladulla Times un journal des Nouvelles Galles du Sud a qualifié d’autiste l’enfant d’une femme membre d’un groupe d’entraide aux autistes. La mère de famille a plaidé l’atteinte à la vie privée et le manque de rigueur, le diagnostic d’autisme n’étant pas certain pour son enfant. A l’appui de ses dires, The Milton Ulladulla Times a produit le témoignage d’une amie de cette famille et une photo où on voyait cette femme et ses enfants durant une collecte au profit des autistes. Le Conseil de Presse australien l’a blâmé, autant parce que la photo ne prouvait rien que parce qu’il n’avait pas cherché à entrer en contact avec cette famille pour vérifier les affirmations de sa source.

Italie & Etats-Unis :Mots qui stigmatisent et politiquement correct. ( 15 avril 2013 ) Le vocabulaire pour désigner les immigrants a été à deux reprises récemment l’objet de réflexion dans la presse. Aux Etats Unis, l’agence Associated Press a décidé début avril  de ne plus utiliser l’expression «  immigrant  illégal» dans ses dépêches. Selon la vice présidente de l’agence Kathleen Carroll cela « finit par cataloguer les gens et les définir exclusivement par un évènement de leur vie ». Le mot “illégal” ne doit décrire qu’une action, comme vivre ou immigrer illégalement dans un pays, pas une personne. La consigne dans le livre de style d’AP, très respecté dans la presse américaine, est de « ne pas présenter ceux qui violent les lois sur l’immigration sans un élément les qualifiant [en tantqu’individu] ». Le New York Times pourrait faire de même, mais d’une façon plus progressive, écrit sur son blog Margaret Sullivan, la médiatrice du journal. Reconnaissant que le mot « illégal » peut être considéré comme stigmatisant, elle plaide pour le remplacer par l’expression « sans papier » (undocumented) ou « sans autorisation » (unauthorized). En Italie, l’annonce par deux agences, Ansa et Adnkronos, qu’elles éviteront d’utiliser le mot « clandestin » pour désignés des immigrés, dans le souci de ne pas alimenter le racisme et la xénophobie a suscité une polémique. Adnkronos précise que selon le contexte ses journalistes utiliseront plutôt « irrégulier, migrant, immigré,  réfugié, demandeur d’asile, individu, citadin, travailleur, jeune, femme, homme ». Le mot « clandestin » ne sera maintenu que s’il est indispensable pour « éclairer la pensée d[une personne interviewée] ou pour reproduire fidèlement ses propos ». Le site en ligne Libero y voit un excès de politiquement correct et une hypocrisie. Et il propose ironiquement d’autres substituts comme « être, créature, humain, homo, homo sapiens, bipède rationnel » et suggère des périphrases comme « personne résident dans une nation où elle est provisoirement considérée comme illégalement établi dans ses frontières mais sans avec ceci la discriminer par charité chrétienne ». Dans une réplique à la réplique, le secrétaire du Conseil national de l’ordre des journalistes Giancarlo Ghirra rappelle la nécessité de ne pas utiliser des mots « qui offensent la dignité » des personnes.

Grande-Bretagne :Une « Charte Royale » pour sauver la crédibilité de la presse : (30 mars 2013 ) Près de deux ans après la constitution d’une commission d’enquête sur les écoutes téléphoniques de journalistes de la presse Murdoch, quatre mois après la publication du rapport du juge Leveson sur la réforme de la régulation de la presse, les trois grands partis politiques britanniques sont enfin parvenus à un accord sur le nouveau régime de la régulation de la presse. La nouvelle institution sera créée par « Charte Royale ». C’est une manière très britannique d’éviter de légiférer, ce qui serait à l’opposé des convictions du gouvernement conservateur. Ce genre de charte définit des organismes indépendants comme la BBC, la Banque d’Angleterre ou des universités. Elle sera « adossée » à deux textes de loi mais il faudra les deux tiers du Parlement pour la modifier. Son domaine : la presse quotidienne d’information, les magazines et les grands sites d’information en ligne (mais pas ceux de l’audiovisuel). Son pouvoir :

  • infliger des amendes « exemplaires » d’un million de livres (près d’un million deux cent mille euros), y compris à des journaux qui n’adhéreront pas à l’institution.
  • imposer des corrections et des excuses en page « une » ou en couverture.

Sa référence : un code « solide » qui sera rédigé par les journalistes et éditeurs. L’accessibilité du public :

  • un service de médiation à la disposition des « victimes ».
  • une procédure rapide d’examen des plaintes : toute personne pourra engager une action, quels que soient ses moyens financiers.

Les groupes de presse ont exprimé leur hostilité au projet mais sans parvenir à une position unique. Les adversaires dénoncent la « charte » comme le masque d’une législation contraignante telle que les Britanniques n’en ont pas connu depuis l’abolition de l’autorisation de parution en 1695. « Ce n’est pas parfait du point de vue de la presse, mais cela aurait pu être pire. […] Le plus important est maintenant de restaurer la confiance du public dans le journalisme. » juge The Independant. D.E.

Maghreb :Rédaction d’un code de déontologie commun à 5 pays .  ( 30 mars 2013 ) 35 journalistes et éditeurs venus des 5 pays du Maghreb ont adopté le 25 janvier à Hammamet en Tunisie un Code de Déontologie des journalistes maghrébins.   lire ici . 15 tunisiens, 8 mauritaniens, 5 libyens, 4 algériens et 4 marocains avaient travaillé deux jours sur les règles professionnelles communes. (la liste des signataires) L’initiative de ce forum revient à la Délégation de l’Union  Européenne en Tunisie, en partenariat avec le Forum International de Réalités, la Fondation Friedrich Ebert. L’Association des Directeurs de journaux de Tunisie lui a apporté son soutien. Le code de déontologie adopté comporte 19 articles dont 15 concernent les obligations ou devoirs du journaliste, et quatre ses droits. lire ici. Ce forum de Hammamet a également adopté une déclaration invitant les gouvernements des pays du Maghreb a cessé toute répression contre des journalistes, et à adopter des lois garantissant l’accès à l’information et la protection des journalistes. Il s’est doté d’un secrétariat permanent pour la déontologie et la liberté de la presse basé à Tunis, et chargé notamment de développer un observatoire de déontologie pour assurer une autorégulation de la profession. Il a été décide que chaque 24 janvier serait désormais une  «Journée maghrébine pour la déontologie de la presse» pour la faire progresser dans chacun des pays concernés. A noter que les éditeurs mauritaniens ont organisé à la mi-mars un atelier de restitution de ce forum de Hammamet destiné aux médias et journalistes de Nouaktchott. 

Suisse :Diffuser des propos entendus par hasard ? ( 24 mars 2013 ) Deux médias, Der Sonntag et la Solothurner Zeitung, ont fait usage d’informations entendues par hasard dans un train pour alimenter leur rubrique de potins politiques. Pour le Conseil suisse de la Presse, les journalistes n’ont pas eu recours à des méthodes déloyales. En effet estime t il  « quiconque entend par hasard avec d’autres passagers des propos échangés dans un train, ne mène pas une enquête masquée ni ne doit se présenter en tant que journaliste ». Dans ses attendus, le Presserat souligne en outre que « les conversations portaient notamment sur des sujets d’intérêt public et que ce sont eux qui ont été publiés. » lire ici (en allemand)

Irlande :Exemple de conciliation efficace. (18 mars 2013) – Un  tiers des dossiers soumis au conseil de presse irlandais sont réglés par médiation de son ombudsman. Ainsi la plainte déposée par le sénateur Ronan Mullen contre The Irish Times à propos d’une rencontre entre des parlementaires et des partisans de la légalisation de l’IVG. Le journal avait décrit cet adversaire de l’avortement comme ayant peu d’empathie pour des mères dont le fœtus n’était pas viable. Il n’avait pas vérifié auprès du sénateur les propos qui lui étaient prêtés par ses détracteurs. Le journal a publié des excuses « pour cette erreur », et reconnu en outre que le commentaire publié sous la lettre adressée par la suite par le parlementaire « ne rendait pas plus claire sa position » . les conciliations de l’ombudsman

Québec : Condamnation déontologique pour propos racistes.  (18 mars 2013)  – Le psychiatre controversé Pierre Mailloux avait affirmé en juin dernier  sur l’antenne de CHOI 98,1 Radio X que « les Arabes et la culture arabique, maghrébine (…) sont des peuples profondément tarés » et que « l’Asie Mineure, le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord (…) [sont des] cultures porteuses de profondes tares ». Propos condamnés par le Conseil de Presse du Québec dans un avis rendu public récemment, car contraires à la règle professionnelle « d’éviter d’entretenir ou de cultiver les préjugés ». L’animateur de l’émission qui recevait Pierre Mailloux  est considéré comme « conjointement responsable de la faute, pour avoir toléré de tels propos dans son émission » et ne pas s’être « acquitté correctement de son rôle de modérateur. » Le CPQ reproche enfin à la radio son refus de collaborer à l’étude de ce dossier et lui rappelle – pour la forme ? – ce point de son règlement : « lorsqu’une plainte est retenue, l’entreprise de presse visée par la décision a l’obligation morale de la publier ou de la diffuser. » l’avis

Algérie : Des femmes en faveur d’une charte de déontologie (18 mars 2013) Le Réseau Wassila qui regroupe en Algérie des associations et des personnalités impliquées dans la lutte contre les violences que subissent les femmes a récemment consacré une journée d’étude au thème « la violence faite aux femmes et les médias ». La presse algérienne, selon ce réseau, oscille sur ces questions entre simples reprises des statistiques des forces de sécurité et sensationnalisme et sexisme. Elle ne fait aucune investigation sur le phénomène. La responsabilité du journaliste est engagée au moins par « la publicité qu’il fait à la violence » a expliqué selon la psychologue Dalila Amrane, « il n’y a qu’à voir les titres des articles ». Louisa Aït Hamou, coordinatrice de ce réseau associatif, a plaidé pour l’urgence « d’instaurer [en Algérie une] charte nationale de déontologie et d’éthique (…) pour lutter contre les modèles conçus ». lire ici

Sri Lanka :Bilan 2012  (18 mars 2013) La Press Complaints Commission of Sri Lanka fêtera ses 10 ans cette année. Elle est composée de 11 membres, 6 représentants de la société civile et 5 journalistes. Elle a reçu 176 plaintes en 2012 dont 69 n’ont pas été traitées, soit parce qu’elle n’est pas compétente pour l’audiovisuel, soit parce les faits relatés ne concernaient pas l’information mais des publicités (et  dans plusieurs cas, le non versement de prix gagnés à des concours organisés par des journaux !). Trente et un plaignants n’ont pas donné suite à leur premier courrier après avoir reçu le formulaire à remplir pour que la plainte soit effectivement enregistrée et traitée. L’essentiel des plaintes retenues concernaient des articles partiellement ou totalement inexacts. lire

Suisse :  Dévoiler un rapport n’est pas une faute. (18 mars 2013) Le fonctionnement de la Caisse des fonctionnaires du canton de Zurich (BVK) a fait l’objet l’année dernière d’une enquête parlementaire. Deux journaux avaient publié des extraits de ce rapport avant sa publication. Le Grand Conseil du canton de Zurich a saisit le Conseil suisse de la presse, qui a rejeté sa plainte. La première publication, dans le quotidien Tages-Anzeiger, était « légitime, étant donné le grand intérêt que le public porte au thème de la BVK » ; cela justifie que le journal « ne veuille attendre plus d’un mois avant de rendre public [l]e rapport » écrit le CP. Quand à l’hebdomadaire Weltwoche le CP estime qu’il « n’est pas établi [qu'il] disposait effectivement du document confidentiel et que ses citations excédaient les éléments repris du Tages-Anzeiger « . Au final, l’avis estime qu’il n’apparaît pas que ces publications anticipées aient « lésé des intérêts hautement dignes de protection » comme l’affirmait le Grand Conseil du canton de Zurich. l’avis du Pressrat

Québec :Le CP rappelle ses règles d’équité concernant les débats télévisés lors d’élection. (11 mars 2013) La campagne des législatives au Québec l’été dernier avait fait l’objet de 17 plaintes devant le Conseil de presse du Québec, toutes pour diffusion d’information partiale et déséquilibrée à l’occasion des débats télévisés. Radio Canada comme la chaine privée TVA n’avaient pas invité de représentants des formations Option Nationale*  et Québec Solidaire* aux « Débat des chefs » ou aux « Face à face » organisés sur ces antennes. Dans son avis rendu le 22 février, le CPQ rappelle qu’informer c’est choisir et que ces choix doivent, selon le code de déontologie québécois, « être faits dans un esprit d’équité et de justice » et qu’ils ne doivent ne pas être mesurés « seulement de façon quantitative, sur la base d’une seule édition ou d’une seule émission, pas plus qu’au nombre de lignes ou au temps d’antenne ». Appliqué aux débats télévisés, cela justifie pour le CPQ l’argument de la direction de Radio Canada selon lequel en période électorale « une répartition équitable du temps d’antenne ne veut pas nécessairement dire une répartition égale pour tous » et qu’une sélection est inévitable « étant donné le nombre de partis officiellement enregistrés ». Dans ses attendus rejetant les plaintes, le Conseil de Presse du Québec accepte que cette sélection soit faite selon « un  critère de proportionnalité, basé sur l’importance relative des différents acteurs politiques, qui respecte ainsi l’intégrité du processus démocratique ». Et conclut, sous le titre « Les exclusions sont inévitables », que ne pas avoir invité tous les chefs de parti à ces émissions « respectait les principes d’équité et de justice. » * Québec solidaire se présente comme une formation de gauche altermondialiste et écologique. Il a recueilli 6,03 % des voix en septembre  2012. Option nationale est un parti souverainiste québécois créé en 2011 qui regroupe des déçus du Parti Québécois. Il a recueilli 1,89 % des voix au même scrutin.

Chypre : Ne pas diffuser des photos d’enseignante nue (11 mars 2013) – Le Conseil de Presse Chypriote – Cyprus Media Complaints Commission -  a condamné trois chaînes de télévision dans une affaire qui a défrayé la chronique : la diffusion de la photo d’une enseignante nue. La CMCC ne s’est pas prononcé sur la pertinence de cette information, mais sur la façon dont elle a été obtenue et diffusée. La photo avait été volée sur le portable de l’enseignante par un lycéen qui en a fait profiter plusieurs de ses camarades, en affirmant l’avoir obtenue de sa professeure, ce qu’elle a toujours démenti. Cette image s’est vite retrouvée sur 3 chaînes privée, Antenna, Mega et Sigma qui n’ont que peu ou pas « flouté » le visage de la dame, mais surtout ont  multiplié les précisions sur son âge, l’établissement où elle travaillait, la matière qu’elle enseignait. L’identification de l’enseignante était encore plus facilité par les le témoignages  de personnes, dont des élèves, liées à son établissement. Pour le CMCC, les télévisions sont coupables de deux manquement au code d’éthique professionnel : d’une part  « une intrusion et une violation de la vie privée » de l’enseignante, d’autre part l’utilisation de « moyens frauduleux pour obtenir une information » puisque qu’il y a eu vol de photo. ici l’avis de la CMCC

Irlande : Un conseil de presse n’inflige pas d’amende, il y a les tribunaux pour cela :  (4 mars 2013)   Les conseils de presse font débat dans les iles britanniques depuis plusieurs mois. Le récent rapport Leveson a relancé et nourri les controverses. Jusqu’à Dublin semble t il, où Dáithí O’Ceallaigh, le Président du Conseil de Presse d’Irlande a publié à la mi février une mise au point en réponse à des prises de positions qui lui semblent  » basées sur un manque de connaissance de ce que sont ces institution » et « une ignorance de leur efficacité« . Son texte rappelle les deux principes qui fondent l’action du CP : « l’importance d’une presse libre et vigilante comme composant essentiel de n’importe quelle société démocratique, et la nécessité d’exercice cette liberté à  dans « un système indépendant de responsabilité et de réparation ».Ce qui n’est possible que parce que les professionnels « se sont engagé d’eux même à observer un code de bonne conduite, et que les avis sur le respect de ces règles sont rendus par un organe indépendant [que la profession]* ne contrôle pas « , écrit Dáithí O’Ceallaigh.*NDLR : le terme anglais est editors La confiance du public dans ce système est illustrée, ajoute t il, par les quelques 2000 plaintes reçues depuis sa création il y a 5 ans, et par le fait que chaque fois qu’une plainte a été retenue, les journaux ont publié l’avis du CP, et corrigé leurs erreurs. La recherche de conciliation entre le plaignant et le média est essentielle, et par exemple en 2012 un tiers des dossiers se sont conclu à la satisfaction des deux parties. Les questions et les critiques adressées au CP portaient entre autre sur l’instauration d’amendes pour compenser les manquements à la déontologie. La réponse du Président du Conseil de presse d’Irlande est nette : « la compensation monétaire est spécifiquement exclue de la réparation que nous offrons » aux plaignants, écrit il, lesquels demandent d’abord la protection de leur réputation. Mais ”rien dans nos procédures n’empêche quelqu’un d’avoir recours aux tribunaux » conclut le communiqué. le communiqué du Press Council of  Irland 

Colombie Britannique (Canada): Bilan 2012 et nouveaux dirigeants  (4 mars 2013) – 36 plaintes ont été adressées en 2012 au Conseil de Presse de Colombie Britannique, soit 11 de plus qu’en 2011. Une seule a donné lieu à décision du Conseil – un rejet de la plainte,  dans un dossier de légende non conforme exactement à l’illustration mais rectifiée ensuite par le journal – 23 ont été rejetées dont 15 qui ne concernaient aucune infraction au code de déontologie que le Conseil de Presse est chargé de faire respecter. Une autre parce qu’elle dépassait de 2 ans le délai de 45 jours après publication fixé pour saisir le CP !  A noter que ce CP ne se saisit que des plaintes concernant les médias qui en sont membres. Trois nouveaux membres ont rejoint le conseil d’administration du CP au titre de la société civile, deux juristes et un représentant des minorités indiennes de Colombie Britannique. Le conseil d’administration du CP comprend 5 représentants de la presse et 6 représentants du public. Le président est de droit un représentant du public. ici le bulletin du BC Press Council 

Belgique: Trois décisions récentes du Conseil de déontologie journalistique  (2 mars 2013)La première blâme le quotidien Nord Eclair, qui  avait repris des accusations de pression du maire de Tournai sur les employés communaux pour qu’ils participent à sa campagne de rééléction. Le journal laissait entendre que plusieurs témoins allaient dans ce sens, alors qu’il  n’avait qu’une seule source. Cela ne suffit pas à crédibiliser l’information a estimé le CDJ. Lequel a par contre rejeté contre le quotidien bruxellois La Capitale déposée par un autre candidat aux élections municipales. L’enquête incriminée portait sur un immeuble insalubre dont le journal a découvert qu’il appartenait à ce candidat. Travail « équilibré », « sans faute déontologique » a estimé le CDJ.  Dans le troisième dossier, le journal La Meuse Namur, mis en cause pour avoir publié le nom d’une personne condamnée pour pédophilie et  rendu deux de ses victimes identifiables a reconnu son erreur. Dans ses conclusions, le CDJ juge qu’il y a eu  » à la fois une atteinte à la vie privée et un manque de responsabilité sociale de la part du journaliste ».     ces avis sont téléchargeables ici

Madagascar : Déontologie en période électorale (février 2013) – 2013 est année d’élection présidentielle et législatives à Madagascar. Dans cette perspective, les principaux médias malgaches se sont dotés d’un code de bonne conduite. Cette « Charte d’engagements pour la couverture de la période électorale » a été élaborée* par un groupement de rédacteurs en chef de médias divers et parfois très opposés politiquement, mais qui sont conscients de l’importance de leur rôle pendant la campagne électorale de sortie de crise. Les bonnes pratiques sont réaffirmées, et d’abord la présentation de tous les principaux points de vue, « même si le journaliste ou le média ne les partage pas ». Les médias réaffirment leur rôle au service de la démocratie, par exemple en dénonçant si nécessaire  « toute dérive, quelque qu’elle soit, de la part des organisateurs des élections et des candidats » ou encore en soutenant « toute initiative qui tend à l’apaisement ». Pour tenter de tarir le flot de rumeur qui accompagne les scrutins dans les pays en développement, les journalistes malgaches s’engagent « à ne pas utiliser les résultats des sondages politiques pendant toute la période électorale » et après le vote  « à ne relayer que les chiffres officiels transmis par la CENI-T ou directement entendus lors de la proclamation des résultats dans les bureaux de vote ». Outre cette Charte, un « Guide du journaliste malgache en période électorale » a été rédigé et sera prochainement rendu et public et distribué aux journalistes.   La Charte d’engagements des journalistes malgaches      lire aussi * Cette Charte et ce Guide ont été réalisés avec l’appui de la Commission Électorale Nationale Indépendante pour la Transition (CENI-T) malgache, de  la Commission de l’Océan Indien, organisation intergouvernementale régionale, et l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Togo : Le professionnalisme réponse à la censure  (février 2013 -mis à jour le 24 mars)  L’Observatoire Togolais des Médias, association indépendante qui joue le rôle de conseil de presse au Togo invite les journalistes à répondre aux menaces que porte en elle la réforme de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) en exerçant leur métier avec « professionnalisme et dans le respect de l’éthique et de la déontologie ». Cet appel aux bonnes pratiques, aussi utile soit il,  ne convainc pas d’autres organisations du monde des médias au Togo qui dénoncent un risque de censure. Le parlement togolais a voté le 19 février une loi qui permet à la HAAC de sanctionner les médias qui « se livreraient à la diffusion de fausses information et à la diffamation ». La HAAC pourra décider le retrait de l’autorisation de diffusion ou la fermeture d’un journal.  Les adversaires de cette réforme font valoir que la Constitution togolaise dispose que « la presse ne peut être assujettie à l’autorisation préalable, au cautionnement, à la censure ou à, d’autres entraves. L’interdiction de diffusion de toute publication ne peut être prononcée qu’en vertu d’une décision de justice ».  Or la HAAC n’est pas une cour de justice, mais est un organe administratif chargé  désormais d’apprécier quand il y a diffusion de fausses nouvelles ou diffamation. lire ici , ici et ici. Le 20 mars 2013 la Cour Constitutionnelle de Lomé a déclaré non conforme à la Constitution plusieurs articles de cette loi. lire ici

Haïti:  La couverture du Carnaval, les politiques et la déontologie (février 2013) Tension de plus en plus vive en Haïti entre le gouvernement et les médias. Dernier épisode, un bras de fer entre adversaires et partisans du président Martelly autour du carnaval de Cap-Haitien, dont la presse haïtienne fait les frais. Il y a eu d’abord l’interdiction faite aux chaînes privées de télévision de filmer certaines festivités, au nom d’une exclusivité de dernière minute réservée à la Télévision  Haïtienne. Il y a eu ensuite l’agression à Cap-Haïtien de deux reporters de la radio RFM par des hommes de la redoutée Unité de sécurité générale du Palais national (USGPN), qui reprochaient  à l’un d’eux non seulement d’avoir parlé d’interventions musclées de la police en marge du défilé de carnaval, mais surtout d’avoir interrogé en direct le sénateur Moïse Jean-Charles. Cet opposant, un des les plus virulents à l’encontre du président Martelly, laisse entendre qu’une personne a été tuée lors de ces journées, sans apporter réellement la preuve de cette accusation. Le ministère de la justice a réagi en publiant un communiqué rappelant « à tout un chacun que la législation pénale haïtienne punit sévèrement la diffamation, les menaces et les incitations à la violence« . Ce communiqué se réfère à un décret loi de 1986 pris sous le régime militaire du Général Namphy. L’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) y voit - lire ici - une « une claire tentative d’intimidation des professionnels des médias ». L’Association des journalistes haïtiens (AJH) évoque de son côté - lire ici« une tentation d’un retour au passé, aux années de plomb des Duvalier ». L’affaire a animé le débat public haïtien ces derniers jours. Le patron d’une des chaînes privées interdite de reportage  y voit la preuve que « le président Martelly n’a semble-t-il jamais digéré la prise de position de RTVC pendant la campagne présidentielle ». D’autres avancent qu’en limitant le nombre de caméras  on a voulu empêcher la diffusion de chansons populaires jugées hostiles au gouvernement. L’incident est un « pépin de planification » a répliqué un porte parole du président, – ici – qui jure que « la présidence n’a aucune animosité envers RTVC”. Le même porte-parole a reconnu, à propos du tabassage d’un journaliste que « les accrochages » – sic -  entre agents de sécurité présidentiels et journalistes étaient courants. Ce qu’il semblait justifier  d’un : « ces derniers ne poursuivent pas les mêmes objectifs« . Mais surtout le ministre de la justice, l’avocat Jean Renel Sanon, a justifié son communiqué  – ici – lors d’un débat radio en affirmant qu’ « il n’e[tait]  pas normal qu’une radio accepte de donner la parole à quelqu’un pour faire des déclarations diffamatoires, des menaces et des incitations à la violence » . Cette phrase vise le sénateur Moïse Jean-Charles que visiblement le gouvernement aimerait entendre moins souvent sur les ondes. La présidente de l’Association Nationale des Médias Haïtiens, Lilianne Pierre-Paul, s’est inscrite en faux sur l’accusation de micro ouvert aux propos séditieux et aux appels à la violence. Si cela arrive dans des émissions de ligne ouverte, a t elle concédé « le journaliste rappelle toujours l’auditeur à l’ordre« .

Syrie: Prisonniers de guerre (février 2013) : Utile rappel de l’ONG américaine Commitee to protect journalits : les conventions de Genève de 1949 stipulent que les prisonniers de guerre doivent être humainement traités, ce qui inclut de les protéger « de la curiosité publique« . Cela peut parfois entrer en conflit avec le droit du public d’être informé, y compris des violations des droits humains. Le 17 octobre dernier, Al-Jazeera a diffusé l’interview d’un pilote syrien prisonnier de l’Armée Syrienne Libre. Parmi les questions posées en présence des geôliers, celle ci : « aviez vous conscience de bombarder des civils ? ». Le commentaire du reportage mettait en doute « l’innocence » du pilote et laissait entendre qu’il cherchait à fuir ses responsabilités. Ce genre de question et de commentaire rend le prisonnier plus vulnérable. Il y une différence entre montrer en image des prisonniers et un interview dans laquelle le prisonnier peut mentir et se mettre ou mettre d’autres personnes en danger, analyse l’auteur de l’article , l’ancien procureur au Tribunal International pour l’ex-Yougoslavie Dan Saxon. Comment faire la part entre la nécessité d’informer et la protection due aux prisonniers ? D’abord en refusant de rencontrer des prisonniers en présence de leurs geôliers, ensuite en se posant, sur le terrain et dans les rédactions, cette question : cette publication aidera t elle ou aggravera t elle la situation humanitaire du prisonnier ? En conclusion Dan Saxon suggère que les principes des Conventions de Genève soient pris en compte dans les règles journalistiques de couverture des conflits. Ces mesures devraient réduire le risque d’utilisation des prisonniers par les partis belligérantes et d’instrumentalisation des médias à des fins de propagande.       L’article de Dan Saxon  

Canada: Audiences formatrices (février 2013). Le conseil de presse de l’Ontario a reçu plus de 100 plaintes en 2012. La majorité concernait des erreurs factuelles, des critiques déloyales, un manque d’équilibre dans les reportages. La plupart des plaintes se sont soldées par une médiation et la négociation d’un rectificatif ou d’excuses. A six reprises, le conseil de presse a entendu les plaignants et les journalistes concernés en  audience publique. Ces audiences ont lieu à l’Université Ryerson. Etudiants en droit et en journalisme sont invités à y assister pour leur formation. Les décisions sont prises à huis clos et publiées par le média incriminé. Le rapport 2012 du Conseil de presse de l’Ontario  

Côte d’Ivoire: Non à l’imagination (février 2013). L’hebdomadaire d’Abidjan Notre Vision a été condamné à 8 semaines de suspension pour publication  « d’articles qui ne renferment aucun fait, supportés à la Une par des titres sensationnels, [où] le temps employé reste le  conditionnel [et qui abondent en expressions comme] « selon les révélations d’un agent secret repenti, de sources bien introduites ; selon notre informateur, selon une source proche du dossier… ». Après deux avertissements et un blâme inefficaces depuis août 2012, le Conseil National de la Presse ivoirien – institution composée de professionnels, éditeurs et journalistes, et de représentants de plusieurs ministères  – a donc décidé en décembre la suspension provisoire  du titre pour « diffusion de fausses informations, de calomnie, d’accusations sans fondement ». La décision du CNP

Suisse: Respect des victimes  (février 2013). Le Conseil suisse de la presse a blâmé fin décembre 3 journaux pour avoir publié des photos de victimes de l’accident de car qui a fait 28 morts dans le Valais en mars dernier. Non que ces photos aient été « trop sensationnelles ». Mais parce qu’elles ont été publiées « sans l’approbation formelle des proches » des victimes, ou  « reprises sans nouvelle autorisation sur le blog [du] camp de ski » d’où venaient les victimes. La décision du Conseil Suisse de Presse

Kenya : Élections sous surveillance. (février 2013) A l’approche des élections générales, le Conseil des Media du Kenya a mis en ligne un « Guide de la couverture des élections ». Ce document de 24 pages rappelle les règles professionnelles de la couverture équitable d’une élection. On y lit notamment que la « liberté d’expression garantie par la constitution ne s’étend pas  à l’incitation à la violence, aux discours de haine et aux dénigrements des autres ethnies », qu’en exerçant cette liberté « les journalistes doivent respecter les droits l’intégrité et la réputation des autres ». Par ailleurs, Google Kenya a décidé d’ouvrir un portail web regroupant des informations factuelles et des blogs filtrés a priori pour écarter tout discours de haine ou de désinformation.           Le guide de couverture des élections        A propos de Google Kenya

Bosnie-Herzégovine: Votre voix dans les médias  (janvier 2013)  Un rapport de l’UE sur la candidature de la Bosnie Herzégovine à l’Union souligne parmi les points positifs l’existence d’un conseil de presse indépendant, mais déplore son manque de moyens. L’activité de ce Conseil est essentiellement pédagogique, en tentant de rencontrer journalistes et éditeurs pour les sensibiliser au respect des bonnes pratiques professionnelles. Ce Conseil de Presse s’adresse aussi au public, et propose l’émission radio « Zoom, Votre voix dans les médias », reprises sur 28 stations du pays, où les auditeurs sont sensibilisés aux questions d’éthique dans les médias et aux moyens de saisir le Conseil de Presse.  lire ici

Australie: Réchauffement (janvier 2013)  Le Conseil de Presse australien a blâmé début décembre le Herald Sun pour un article qui affirmait que la planète ne se réchauffait plus depuis 10 voire 15 ans. Affirmation reprise d’un article paru à Londres « présentant » des données de l’Office Britannique de Météorologie. L’enquête du Conseil de presse australien a établi que le journaliste du Herald Sun avait eu connaissance du communiqué de l’Office Britannique de Météorologie qualifiant de trompeur l’article qu’il copiait. Dans ses attendus, le C P australien observe que « le débat public est mieux servi par des révélations claires et la discussion que par la confusion entre évolution à moyen et long terme ».  L’avis de l’APC

Nouvelle-Zélande: Ennemi public n° 1 (janvier 2013) Ce cliché journalistique était repris dans le titre du Dominion Post publié à Wellington en Nouvelle Zélande dans la formule « L’ennemi public n°1 des contribuables ». L’expression visait un citoyen dont les diverses procès intentés à la municipalité ont couté au total 225 000 € à la ville en frais de justice. Le conseil de presse néo-zélandais a considéré que l’article, qui donnait le point de vue du plaignant, était équilibré. Mais le conseil de presse a retoqué le titre comme « déloyal et excessif » soulignant dans ses attendus qu’ « aucune déclaration du conseil municipal ne ven[ait] confirmer qu’ [il s'agissait] d’une dépense publique record concernant un particulier »L’avis du Press Council of New Zealand

Togo: Déontologie en Afrique  (Décembre 2012) Un Observatoire des Médias pour la Démocratie et la bonne Gouvernance vient d’être créé au Togo. Cette association aura son siège à Lomé, mais selon ses promoteurs concerne toute l’Afrique. L’OMDG veut inviter davantage les journalistes et les médias africains au respect de l’éthique et la déontologie journalistique, essentiellement via des formations et des débats. lire ici

Belgique: Choc des photos et poids des ménages Décembre 2012) Deux journalistes vedettes de la RTBF et Paris Match Belgique ont été épinglés par le Conseil de Déontologie Journalistique. L’hebdomadaire a publié en avril 11 pages de reportages sur le séjour à l’île Maurice du couple de journalistes stars Ophélie Fontana et Vincent Langendries. Photo en couverture et 11 pages de textes et d’images. L’article décrivant largement et avec ferveur «l’hôtel, les bijoux, les vêtements… dans lesquels évoluent les Journalistes » écrit le Conseil de Déontologie Journalistique. Mais au bas de la dernière page, une mention « de remerciements à une série de fournisseurs de biens et de services » ! Paris Match Belgique est blâmé pour confusion entre publicité et journalisme. Mais les deux journalistes de la RTBF aussi. S’ils ne sont pas responsables de ce qui a été publié, le CDJ belge estime qu’en acceptant de participer à ce voyage où la promotion commerciale était omniprésente, «ils ont prêté leur collaboration, leur nom et leur qualité de journalistes à de la publicité ». L’avis du CDJ

Québec: Le silence n’est pas d’or. (Octobre 2012) Le Conseil de Presse du Québec a rejeté la plainte du dirigeant d’une résidence pour personnes âgées qui reprochait à L’Autre Voix  d’avoir évoqué un conflit entre les résidents et le conseil d’administration de ce centre. Le journaliste a décrit sa démarche – rencontre de résidents, présence à une assemblée générale houleuse, demandes multiples d’entretien avec des membres du CA avant et après publication de l’article. Commentaire du confrère  « Nous sommes toujours en quête de quelqu’un qui voudrait livrer une version différente des faits ».  En appeler au Conseil de presse n’a pas permis aux mis en cause de valider leur silence et leur plainte a été rejetée. L’avis du CPQ

Burkina Faso: Vampires (Octobre 2012) Pas toujours dénué d’arrières pensées politiques, le Conseil Supérieur de la Communication du Burkina Faso tente dans ses rapports périodiques de pointer les manquements déontologiques. Dans sa dernière livraison, Le Quotidien est dénoncé pour  « non respect du droit à l’image et de la présomption d’innocence ». Il a publié des photos de manifestants arrêtés  « sans [que soient] masqu[és] leurs visages », ou encore de « présumés fraudeurs dans le commerce du ciment sans bandeaux [sur les] visages ». L’Observateur Paalga est repris pour publication d’injures, à propos d’un article « dont l’auteur a traité le personnel [des centres hospitaliers] de vampires et de mangeurs d’âmes des patients ». Par ailleurs, le CSC pointe aussi – mais sans faire de commentaire -  l’omniprésence du gouvernement sur les antennes nationales : 60 % du temps d’antenne consacré à la vie publique à la radio, 70 %  à la télévision ! Le site du CSC

Australie: Invasion (juillet 2012) Le Conseil de Presse Australien a blâmé le Daily Telegraph de Sydney pour avoir titré en une «Des milliers de boat people envahissent Sydney » et «Ouverture des vannes ». Ces titres renvoyaient à des articles consacrés à la décision du gouvernement de vider les centre de rétention pour demandeurs d’asile et réfugiés. Le titre en page intérieure était de la même veine :  « Déluge de détenus sur Sydney ». Dans ses attendus, l’Australian Press Council estime que ces expressions et mots sont « gravement imprécis, injuste et offensant [par leurs] claires connotations [avec une] occupation violente ». Le Daily Telegraph a du publier cette décision  dans ses colonnes. L’avis de l’APC

Grande Bretagne: Vie privée,  aussi en famille (juillet 2012) Une jeune femme avait écrit en prison à l’homme qui l’avait agressée des années plus tôt durant son adolescence, un violeur en série dont l’affaire  avait alors défrayé la chronique des faits divers. L’hebdomadaire Sunday Life s’est procuré cette lettre. Le journaliste l’a d’abord montrée à la mère de la victime « pour obtenir son commentaire » puis l’a publiée.Mais sans toutes les précautions empêchant l’identification et la jeune fille a été identifiée. Le Conseil de Presse britannique a jugé que cette publication avait « à l’évidence causé un trouble grave » à la jeune femme en rompant la règle déontologique du respect de la vie privée. D’autre part, le PCC a jugé que  la démarche consistant à montrer cette lettre à sa mère violait aussi la vie privée. Il a rappelé que  la victime, « aujourd’hui adulte [avait]  des droits à la vie privée même par rapport à  sa propre famille ». L’avis du PCC

France: Code civil et déontologie : La Cour de Cassation française a récemment innové, en considérant que la diffusion d’une fausse information pouvait être sanctionnée sur la base de l’article 1382 du Code Civil. Celui ci stipule que « tout fait quelconque de l’homme, qui cause un dommage à autrui, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer ». En l’espèce, la Cour de Cassation a invalidé la décision d’une cour d’appel qui avait relaxé au bénéfice de la bonne foi la chaine M6 qui avait faussement présenté une personne comme l’architecte d’un immeuble. C’est le cabinet d’architectes auteur du bâtiment qui avait pris l’initiative de la procédure contre M6. lire ici

Belgique: Points de repères sur l’Islam  (juillet 2012) Le conseil de déontologie journalistique de Belgique a récemment publié un lexique des mots les plus utilisés à propos de l’Islam. Le CDJ est souvent saisis de griefs déontologiques où les plaignants dénoncent un mauvais usage de termes liés à cette religion. Les 22 mots ou expressions expliqués sont ceux qui reviennent le plus dans l’actualité comme salafiste, imam ou charia. Le CDJ a rédigé ce glossaire avec l’aide de Felice Dassetto Fondateur du Centre d’études de l’islam dans le monde contemporain de l’Université Libre de Louvain. Il précise qu’il ne s’agit pas « de normes déontologiques, évidemment, mais de points de repère pour la pratique journalistique. » Le lexique du CDJ

Québec: De l’obligation de rectifier  (juin 2012)  Sur la base des mêmes informations, le site québécois 24 heures et les versions électronique et papier du Journal du Québec écrivaient il y a quelques mois que deux policiers étaient blâmés par leur hiérarchie pour « avoir battu un chauffeur de taxi ». Mais 24 heures a rectifié en quelques minutes quand un des policiers l’a alerté des conclusions au contraire en sa faveur de la commission de déontologie policière. Le Journal du Québec n’a pas réagi. Le Conseil de presse du Québec n’a pas retenu le grief d’information inexacte contre le site  24 heures. Il l’a retenu contre Le Journal du Québec, ainsi que celui d’absence de rectification. L’avis du CDP

Afrique du Sud: Le titre doit refléter le contenu. (mai 2012) Le journal sud-africain Volksblad a été blâmé par le Conseil de Presse pour un titre affirmant que le manager d’une municipalité gagnait plus que le premier ministre de la province. Or l’article reposait sur des prévisions budgétaires et des estimations de dépense et surtout sur le propos d’une source qui est plus une opinion qu’un fait. Utiliser une affirmation dans le litre est donc excessif pour le conseil de presse sud-africain. L’avis du CP

Belgique: Journalistes responsables mais pas de tout  (mai 2012) Une photo de garçons d’une dizaine d’années nus sous la douche illustrait un article de la Nouvelle Gazette sur le retour de la pudeur dans les vestiaires sportifs Une telle publication peut inciter à la pédophilie estimait en substance une lectrice travaillant dans un centre de soin pour pédophiles. Mais toutes les précautions avaient été prises pour respecter l’anonymat des enfants et éviter le voyeurisme (visages rendus méconnaissables, parties génitales floutées).Et le Conseil de déontologie belge a donc rejeté la plainte au motif que les médias ne peuvent pas être tenus pour « responsables de tous les effets potentiels qui peuvent résulter d’une telle publication ». L’avis du CDJ

Belgique: Caméra cachée dévoilée par les plans d’ensemble  (mai 2012) Le conseil de déontologie belge a donnée raison à une dame qui estimait qu’il y avait atteinte à son image et à son honneur dans un reportage de la chaine RTL/TVI. L’enquête portait sur une querelle de voisinage à propos de l’extension d’une exploitation agricole. La plaignante avait été filmée en caméra cachée. A la diffusion son visage avait été flouté. Mais « l’approche filmée de sa maison permettaient de l’identifier facilement » dans un petit hameau où tout le monde se connaît.  L’avis du CDJ

Suisse: Déontologie embarquée (avril 2012) Le Guide pratique du Conseil suisse de Presse, réactualisé fin 2011, est désormais disponible sur téléphone portable en allemand, en italien et en français. Il suffit de télécharger une application Iphone ou Android dédiée. Ces « Repères pour un journalisme responsable » passent en revue 67 questions concrètes, textes de référence à l’appui. De nombreux exemple et des check list de questions à se poser facilitent l’analyse et la résolution d’une interrogation d’ordre déontologique au fil du travail quotidien. L’appli à télécharger

Tanzanie: Allez sur le terrain ! (avril 2012) Le Président  du Comité d’éthique du Conseil de presse de Tanzanie a entamé une série de visite des rédactions du pays. Il s’est dit surpris du nombre de journalistes qui  « inventent des sujets » et a incité la profession à « se déplacer un minimum  pour chercher les informations publiées ». Le manque d’argent, de matériel et de journalistes correctement formé  est durement constaté par certains directeurs de rédaction.    En savoir +

France: Florence Schaal gagne en appel contre TF1 (avril 2012) La Cour d’Appel de Paris a considéré le 7 mars que Florence Schaal n’avait pas commis de faute grave et que son licenciement était « abusif car sans cause réelle sérieuse ». Le 8 août 2008, la journaliste avait annoncé au conditionnel la mort d’un enfant disparu qu’on devait retrouver vivant peu après. TF1 avait considéré que Florence Schaal était seule responsable de cette erreur alors qu’une série de dysfonctionnements impliquant l’encadrement de la rédaction était avérée. lire ici

Pérou: Pan sur le bec  (avril 2012) Le Conseil de Presse péruvien s’est excusé dans un communiqué d’avoir mis en ligne début mars un communiqué  qui comprenait « plusieurs erreurs de fond et de forme ». Ce texte portait sur une action de sensibilisation  des fonctionnaires d’une région forestière à la législation en matière de transparence administrative et de lutte contre la corruption . Avec travaux pratiques immédiats donc. Les excuses du CPP

Côte d’Ivoire: Résultats officiels seulement (mars 2012). Le Conseil de la Presse de Cote d’Ivoire a condamné Le Devoir pour publication de résultats électoraux non vérifiés. Cet hebdomadaire avait annoncé la victoire de plusieurs candidats aux législatives de décembre 2011, sans attendre les résultats officiels établis par la Commission Électorale Indépendante et sans sourcer les chiffres publiés. Le Devoir devra acquitter une lourde amende d’un million de francs CFA soit plus de 1500 €. Le Conseil de Presse de Côte d’Ivoire est un organe de régulation où les pouvoirs publics sont représentés. Ici

Belgique: Les journalistes doivent adapter leur méthode à l’objectif  (février 2012) Pour démontrer l’absence de sécurité du palais de justice de Liège, un journaliste de La Meuse a pénétré en septembre 2011 dans une salle interdite au public. Il y a dérobé un dossier qu’il n’a rendu que trois jours plus tard. Le Conseil de déontologie journalistique de Belgique francophone a validé l’intrusion, car « la sécurité au Palais de Justice est certainement un sujet d’intérêt public », mais a estimé qu’emporter un dossier judiciaire était « un manquement à la déontologie».     l’avis du CDJ

Québec: Journalisme d’embuscade (février 2012) En mars 2011, un jeune Québécois pris de boisson provoque un accident mortel de la circulation. Une vidéo amateur le montre buvant une bière au volant. Un journaliste sonne chez sa mère pour enregistrer ses réactions lorsqu’elle découvre la vidéo. Le comité des plaintes du Conseil de presse du Québec a considéré début décembre qu’il s’agissait de « journalisme d’embuscade », où « l’objectif apparaît davantage de piéger les personnes ou les instances mises en cause dans (une) enquête que de servir l’intérêt public »l’avis du conseil de presse

Sri Lanka:«Partie civile» (février 2012) Des tiers non directement concernés par un article pourront saisir désormais le conseil de presse du Sri Lanka. A la condition qu’ils soient un groupe de protection de l’environnement, des animaux, ou des mineurs. Ou bien qu’il soit de la famille d’une victime d’un accident ou d’un détenu. lire ici

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