Des medias européens à la recherche de le responsabilité sociale des entreprises

Il existe depuis 2001 en Europe un Forum de la responsabilité sociale des entreprises de média. Il a l’ambition d’analyser ce qu’est la responsabilité sociale des entreprises (RSE) pour un média et de faire partager les bonnes pratiques. Ce Media Coporate Social Responsability Forum regroupe plus de 20 sociétés, dont beaucoup de britanniques et une seule française*. Il vient de publier son rapport d’activité 2014.

L’essentiel de l’activité de ce forum tient en conférences thématiques,  à laquelle ses membres et les membres d’un forum associé, le Nordic Media CR Forum, sont conviés plusieurs fois dans l’année. Le titre générique de ces conférence « Miroirs ou Acteurs » décrit la problématique dans laquelle se placent les médias concernés : refléter la société, ou contribuer à son évolution. A la lecture des conférences et du rapport 2014, la balance penche d’un côté ou de l’autre selon les sujets et les intervenants. On a par exemple échangé sur la façon de gérer une crise qui atteindrait l’image d’un média, ou  sur les meilleurs moyens d’assurer la « diversité » parmi son personnel. On a ont aussi réfléchi à l’éducation des consommateurs – c’est le mot retenu -  sur le ciblage des individus pratiqué par la publicité en ligne et la possibilité « d’exprimer des préférences [en matière de publicité] en fonction de leurs intérêts individuels. »  Certaines contradictions n’échappent à l’évidence pas aux intervenants, même si elles sont au quotidien assumées sans complexe par les directions des nombreuses entreprises de leurs groupes. Ainsi,  l’utilisation des données personnelles recueillies sur interne a fait l’objet d’un groupe de travail qui conclut que les médias doivent davantage informer sur ce « sujet délicat »  , d’autant plus délicat que de nombreux médias  » utilisent des quantités croissantes de données personnelles à des fins commerciales ». 

Loin d’être limité aux contenus journalistiques

Le respect de la déontologie et de l’éthique du journalisme n’apparaît pas en tant que tel dans ce bref rapport d’activité. Il faut cependant souligner que des questions souvent soulevées régulièrement par le public ont fait l’objet de débats. Par exemple  la sous représentation des femmes dans les médias, avec le souhait de rechercher des experts féminins  et de lutter contre une culture interne aux médias qui ne leur permet pas d’accéder au public. Ou encore le peu d’intérêt porté aux questions scientifiques et environnementale  et l’approche unilatérale de ces questions : le rapport pose non seulement que les médias devraient non seulement  faire une plus grand place aux questions d’environnement et à la science  » énormes moteurs de créativité et source de contenus pour les médias » mais leur suggère  aussi  présenter « les différents futurs possibles » et à inciter davantage le public à « penser différemment ».

La démarche de ce forum ne concerne pas essentiellement les rédactions même si des rédacteurs-en-chef y prennent la parole comme experts devant un pare terre de cadre des groupes concernés. Elle reste discrète : son site internet a reçu 2700 visiteurs uniques en 2014, et son compte Twitter a 940 abonnés. Ce Media Coporate Social Responsability Forum veut travailler en 2015 sur les mêmes thèmes, mais aussi sur la responsabilité sociales des entreprises de média concernant la protection des données privées , ou les droits de l’homme. P.G.

* Membres de ce Forum : Alma Media (un des plus grand groupe de presse finlandais), Atresmedia (le groupe espagnol propriétaire de la chaîne Antena 3), la BBC,  les  groupes de télévision privés  ITV , UKTV , 4 Media et Sky (G.-B.), MTG (Suède), RTL (Luxembourg),TF1 (France), Turner Times Warner (USA/G.-B.) , le groupe de presse allemand Bertelsman , les groupes de presse britanniques  Daily Mail, The Guardian, IPC Media (propriété de Time Warner), Trinity Mirror (éditeur du Daily Mirror), News UK (éditeur du Times, du Sunday Times, du Sun) ,  le groupe de presse scandinave Egmont, le groupe suédois Schibsted (propriétaire notamment de 20 Minutes), les éditeurs britanniques Pearson, Penguin-Random House, Informa  et Reed Elsevier, les fournisseurs d’accès et de contenus Virgin, Hibü , le groupe publicitaire nippo-britannique Densu Aegis, l’entreprise britannique de marketing UBM

Fleur Pellerin confirme son intérêt à faire de l’ODI le « socle » d’une « structuration plus poussée »

La députée de la Moselle Paola Zanetti avait déposé une question écrite le 27 mai 2014 (suite à la sollicitation des parlementaires par l’APCP) sur les intentions du gouvernement pour la création « d’une instance de type conseil de presse ».

Dans sa réponse (publiée au Journal officiel du 9 décembre 2014), la ministre Fleur Pellerin écrit notamment : « L’ODI, créé en 2012 par des journalistes, des éditeurs, des associations de la société civile et des experts est une première étape très utile. L’observation des pratiques professionnelles et les échanges autour des questions de déontologie de l’information peuvent contribuer à une prise de conscience et inciter chacun à accroître sa vigilance. Cette dynamique pourrait utilement se développer et s’amplifier, et pourquoi pas devenir le socle d’une structuration plus poussée dans un deuxième temps. En revanche (…) il ne serait absolument pas opportun que les pouvoirs publics imposent unilatéralement la création d’un conseil de presse ou de toute instance de régulation. En raison de la spécificité française du droit de la presse et des médias, l’intervention de l’Etat dans cette matière sensible compromettrait la légitimité de l’instance de régulation aux yeux des professionnels eux-mêmes ».

Une précision s’impose. Il n’a jamais été question à ce jour pour l’APCP de demander aux pouvoirs publics « d’imposer unilatéralement » une instance. L’APCP s’en est toujours tenue au rôle de « facilitateur » de l’Etat dans ce domaine. Elle réitère sa demande à la ministre de jouer les médiateurs avec les principales parties concernées ; comme cela a été fait utilement, par exemple, en Belgique francophone avant 2009.Y.A.

A Dakar, les Assises de l’Union de la presse francophone sous le signe du renouveau et de la transparence

Réussir la refondation après quatre ans d’absence, dans la transparence après trop d’opacités : c’était l’enjeu majeur des 43èmes Assises, à Dakar, de la plus ancienne (60 ans) et la plus importante (3 000 membres dans 115 pays) des organisations francophones de journalistes.

Pari tenu pour le président international sortant marocain, Abdelmounaïm Dilami, qui a passé le relais au Sénégalais Madiambal Diagne (président du groupe de presse Avenir Communication), et pour le secrétaire général Jean Kouchner, artisan majeur de ce renouveau.

Madiambal DIAGNE, président du groupe de presse Avenir Communication, nouveau pérsident de l'UPF

Madiambal DIAGNE, président du groupe de presse Avenir Communication, nouveau président de l’UPF

Pour la première fois depuis longtemps, les termes d’éthique et de déontologie ne figuraient pas expressément au programme annoncé. Mais la préoccupation était bien présente avec les thèmes actuels et majeurs des travaux : les jeunes et les médias, les citoyens acteurs des médias, l’économie des médias numériques, les pratiques du « journalisme de données », l’adaptation des formations aux nouvelles donnes, l’avenir des médias traditionnels…

Sérieux des ateliers donc, mais aussi mises en scènes novatrices et utilement spectaculaires. L’ouverture par le premier ministre sénégalais lui-même, avec message d’Abdou Diouf lu par son représentant personnel Hervé Bourges, qui retrouvait là le lieu de création de sa première école de journalisme en Afrique. La conférence sur « les défis du numérique » par un Youssou Ndour au mieux de sa forme : artiste mondial devenu patron d’un groupe de médias majeur (600 salariés), et ministre polyvalent du Sénégal, c’est lui qui a appelé à garder la substance du journalisme, quelle qu’en soit la forme, par l’éthique et la déontologie

Et une séance de clôture inédite, où le président sénégalais Macky Sall, en lieu et place d’un discours convenu, a accepté le pari d’une interview en direct à trois voix de journalistes francophones, et de relayer auprès du Sommet des chefs d’Etat la « déclaration de Dakar » adoptée par l’UPF, dans laquelle celle-ci demande la suppression des peines privatives de liberté en matière de délits de presse. L. H.

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