Archive mensuelle de avril 2013

Le PS s’engage sur la déontologie de l’information

Le secrétaire national du PS chargé des médias, Philippe Buisson*, a organisé le 17 avril une « conférence » publique à Paris sur « Comment soumettre les aides à la presse à des exigences déontologiques ». Deux heures et demie d’interventions et de débat en présence de Michel Françaix, député de l’Oise, et devant une cinquantaine de personnes, professionnels des médias ou non. Au-delà des aspects techniques des aides à la presse, nous avons retenu particulièrement trois points.

D’abord l’engagement du Parti socialiste en faveur de la déontologie de l’information. Le secrétaire national s’est déclaré partisan de l’adoption d’une « charte chapeau » en la matière et de la création d’un « organe de déontologie », qui devrait être « porté par la profession, journalistes et éditeurs ». « Retrouver la confiance du public est l’objectif principal », a dit Philippe Buisson, qui a conclu les débats en déclarant : « Nous sommes au cœur d’un enjeu de démocratie. Avec les réformes en cours sur les aides à la presse, la protection des sources et l’audiovisuel, il y a une opportunité presque immédiate d’avancer vers la création d’outils pour assurer la déontologie de l’information ». Le Parti  Socialiste a publié dans les jours qui ont suivi un communiqué actant ces prises de positions – lire ici et la réaction du SNJ ici.

Les syndicats de journalistes, présents à la tribune (SNJ) ou dans la salle (CGT, CFDT, CFTC) le 17 avril ont notamment évoqué la question d’un code de déontologie s’imposant à tous. Mais ils sont apparus divisés. S’appuyant sur l’échec des discussions paritaires sur le projet d’un texte commun et consensuel (2009 – 2011), Jérôme Bouvier (médiateur de Radio France et organisateur des Assises du journalisme) a lancé : « Remettre l’adoption d’une charte en postulat, cela prendra des années. Il faut créer une instance et s’appuyer sur les différents textes, qui ont presque tout en commun. Sortir la déontologie d’un mauvais dialogue social et faire en sorte qu’elle rassemble ».

L’intervention la plus remarquée et la plus convaincante a sans doute été celle d’André Linard, secrétaire général du Conseil de Déontologie Journalistique de Belgique francophone (lire ici sur le rapport 2012 du CDJ) . Celui-ci a été créé en 2009 grâce à la médiation et à l’aide financière du gouvernement de la Communauté ; il dépend d’une instance paritaire, mais il est totalement indépendant ; il comprend un cinquième de représentants du public, 6 sur 20 membres titulaires (autant de remplaçants). « Son premier rôle est de dire la déontologie », a précisé André Linard. Mais il a aussi un rôle préventif et constructif, en informant sur la déontologie, notamment dans les rédactions et les écoles de journalisme. Depuis trois ans et demi, on n’a constaté aucun clivage éditeurs/journalistes. Et le conseil n’est plus perçu comme un gendarme ou un juge, mais comme un appui à une presse de qualité ». Y.A.

* Maire de Libourne, porte-parole du Conseil régional d’Aquitaine

Offshore-leaks et secret des sources:un journaliste n’est pas un policier

Après la publication de milliers d’informations sur les paradis fiscaux par plusieurs journaux du monde entier, les pouvoirs politiques tentent d’obtenir les sources des journalistes. En vain. Ainsi les autorités belges ont demandé à plusieurs journalistes de livrer leurs informations. Le Conseil de déontologie a du publier un communiqué rappelant que la loi belge du 7 avril 2005 « permet aux journalistes de ne pas révéler les informations permettant de remonter aux sources ». Il ajoute solennellement « les journalistes et les médias ne sont pas des auxiliaires de la police, de la justice ou de l’administration. A chacun son rôle. Les médias doivent pouvoir respecter la confidentialité des sources afin de conserver leur confiance et de garantir ainsi la continuité de l’accès aux informations d’intérêt général ».

En France, Bernard Cazeneuve, le ministre du budget, avait annoncé à  l’Assemblée Nationale qu’il demandait « à la presse qui dit détenir des éléments et des fichiers de bien vouloir les communiquer à la justice de manière à ce que celle-ci puisse faire son travail ».  Il s’est fait tancé par Le Monde. Dans un éditorial,  le quotidien rejette « toute demande, qu’elle soit judiciaire ou gouvernementale, de transmission de données »,  au nom de la protection des sources et de la règle selon laquelle « le journaliste ne doit en aucun cas confondre son rôle avec celui du policier ou du justicier ».

Au Canada le gouvernement fédéral  dit envisage d’utiliser  des moyens judiciaires pour obtenir cette liste. La première ministre du Québec, Pauline Marois, souhaite  que les autorités fiscales provinciales aient la liste  des quelques 40  Québécois désignés comme ayant des comptes dans des paradis fiscaux. CBC/Radio-Canada, membre du consortium de journaux qui a publié les « offshore leaks » a refusera de livrer ses sources. « Si on se met à révéler les sources, d’une part on semble faire le travail de la police, et d’autre part, on dirait à tous les gens à qui on s’adresse pour avoir de l’information confidentielle qu’on va les trahir une fois qu’on aura l’information » a expliqué  Michel Cormier, le directeur de l’information de Radio-Canada. (mise à jour le 16 avril) lire ici le communiqué de la FEJ

Un débat le 17 avril sur la déontologie et les aides à la presse

Dans le cadre du débat actuel sur la refonte des aides à la presse, Philippe Buisson, Secrétaire national aux Médias du Parti socialiste organise une Conférence Débat sur le thème
« Comment soumettre les aides à la presse à des exigences déontologiques ? »
le Mercredi 17 avril 2013   à 18h 
Salle de l’Horticulture 84, rue de Grenelle 75007 Paris
Métro : Rue du Bac (ligne 12)
Seront présents :
Yves Agnès, Président de l’Association de Préfiguration d’un Conseil de Presse en France
Marie-Laure Augry, Médiatrice des rédactions de France 3 , Présidente du Club des médiateurs de la presse
Sabine Chevrier ou Philippe Guihéneuf, Représentant(e) des Indignés du PAF
Patrick Eveno, Professeur d’histoire des médias, membre de la commission consultative de réforme des aides à la presse
Michel Françaix, Député de l’Oise, rapporteur pour avis des crédits presse de la Commission des Affaires culturelles et de l’éducation
André Linard, Secrétaire général du Conseil de déontologie journalistique belge
Dominique Pradalié, porte-parole et secrétaire générale du Syndicat national des journalistes
Alexandre Buisine, membre du Bureau national et responsable de la commission déontologie du Syndicat national des journalistes
 Il est demandé par les organisateurs de confirmer sa présence à : sarah-laure.ohayon@parti-socialiste.fr
Secrétariat national aux Médias : Tél. 01 45 56 76 26



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