Maquette du projet de Conseil de presseProjet décrivant ce que pourrait être un Conseil de presse en France, présenté par notre association APCP
plaquetteduprojetdeconseildepresse.pdf
« La liberté de l’information est un droit fondamental de l’homme et la pierre de touche de toutes les libertés à la défense desquelles se consacrent les Nations Unies. La liberté de l’information exige nécessairement que ceux qui jouissent de ses privilèges aient la volonté et le pouvoir de ne pas en abuser. L’obligation morale de rechercher les faits sans préjuger et de répandre les informations sans intention malveillante constitue l’une des disciplines essentielles de la liberté de l’information. » (Résolution 59 de l’Assemblée générale des Nations Unies, 1946).
« Un Conseil de presse doit servir à protéger la liberté de la presse et à protéger le public contre les abus de cette liberté » (Robert Pinker, Press Complaints Commission, Grande-Bretagne, 2007). Des instances de régulation éthique des médias fonctionnent dans une centaine de pays.
Il est temps de créer un tel organisme en France.
Nous présentons dans ces pages le projet d’un :
Conseil de presse
Instance indépendante de régulation pour une information de qualité
Ce projet a été élaboré au sein de l’Association de préfiguration d’un conseil de presse (APCP), dans laquelle travaillent depuis début 2007 (à l’initiative de l’Alliance internationale de journalistes) des journalistes et des personnes concernées par le traitement de l’information. Cette proposition veut en effet dépasser le corporatisme de la profession pour associer à la démarche les éditeurs (au sens large, c’est-à-dire les chefs d’entreprise des médias, qu’ils soient de presse écrite, radio, télévision, services en ligne), les journalistes, le public (lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes) et les pouvoirs publics.
Un Conseil de presse :
o Pourquoi ? (première partie)
o Comment ? (deuxième partie)
o Créer un Conseil de presse (conclusion)
1. Pourquoi ?
- Droit à l’information. L’idée d’une instance de régulation éthique de l’information (et des médias qui la véhiculent) découle d’un principe que notre Constitution n’a pas encore intégré formellement : le droit des citoyens à une information libre, honnête, pluraliste et de qualité. L’information n’est pas un bien « marchand » anodin, elle s’adresse à l’esprit, à la conscience de chacun, c’est aussi un « bien commun » au service de l’intérêt général et qui concourt à l’exercice de la démocratie. Sans information de qualité, pas de bon fonctionnement de la démocratie. La société a reconnu depuis plus de deux siècles la nécessaire liberté de l’information (article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789), et corrélativement la liberté de la presse (loi du 29 juillet 1881) ainsi que le statut spécial des professionnels qui assurent cette information du citoyen (loi du 29 mars 1935). La reconnaissance du droit à l’information doit compléter ce dispositif.
Dérives éthiques. Les grands principes n’ont jamais empêché les dérives et les dérapages. Médias et journalistes se sont illustrés, au XIXème puis au XXème siècles, par des pratiques vénales, corrompues, complaisantes envers les pouvoirs et attentatoires aux droits des individus, sans que la profession réagisse et sans que le pouvoir politique prenne au nom des citoyens les initiatives utiles. Le sursaut de la Libération a laissé espérer qu’enfin la profession allait se ressaisir, mais les projets en ce sens de la Fédération nationale de la presse française, après d’autres, ont été enterrés.
Crise de crédibilité. Depuis vingt-cinq ans, d’importants manquements à l’éthique de la part de journalistes, de médias et du système médiatique dans son ensemble ont été enregistrés, en particulier : inexactitudes, approximations, déformations de l’information; informations truquées ou inventées, marchandées ou monnayées ; plagiats ; diffusion de rumeurs non fondées ; non respect de la vie privée et de la dignité des personnes ; manque d’équité lorsque plusieurs parties sont en cause ; refus de rectification d’informations fausses ; publicité déguisée, confusion entre information et promotion ou propagande ; manque d’indépendance vis-à-vis des sources ; conflits d’intérêt ; corruption (avantages financiers ou en nature dans l’exercice de la profession)… La liste n’est pas exhaustive. Au point que les critiques du public ont été de plus en plus nombreuses et de plus en plus sévères. La crédibilité des médias et des journalistes est gravement atteinte, ce qui porte un double préjudice : à ceux-ci d’abord, mais aussi aux citoyens-consommateurs d’information qui n’ont plus confiance et ne disposent pas en permanence de l’information fiable à laquelle ils ont droit. Partant, le fonctionnement démocratique est en question.
Lire la suite de ‘La France a besoin d’un Conseil de presse’
Commentaires récents