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La polémique sur l’achat d’une vidéo montre la nécessité d’une instance indépendante de déontologie

Communiqué du bureau de l’Apcp                                                                           Paris, le 4 décembre 2015 

Une polémique se développe entre le propriétaire d’un restaurant dont la vidéo de surveillance le soir du 13 novembre 2015 a été achetée par un quotidien britannique et les journalistes qui ont révélé cette affaire, accusés publiquement de non respect de la déontologie professionnelle.

Sans se prononcer sur le fond ni entrer dans les stratégies de communication des uns et des autres, l’APCP (Association de préfiguration d’un conseil de presse en France) rappelle que si une instance de médiation et d’éthique professionnelle indépendante des pouvoirs publics existait en France, comme dans de très nombreux pays en Europe et dans le monde, elle pourrait être saisie, entendre les parties, et dire si les règles de la déontologie ont ou non été respectées.

Les journalistes et les médias y gagneraient en crédibilité auprès du public. Celui-ci saurait que la profession accepte des règles de conduite. La démocratie et la liberté de la presse, dans la responsabilité, en seraient renforcées.

 

Contacts APCP : Kathleen Grossetkgrosset@gmail.com  Christine Menzaghicmenzhagi@laligue.org

 

Réguler la déontologie n’est pas évaluer la ligne éditoriale

L’évolution générale des mœurs et la course à l’audience des médias peut les conduire à traiter des sujets qui auraient été ignorés il y  a quelques années. Et amener un conseil de presse à rendre un avis déontologique circonstancié sur certains sujets qui font autant le « buzz » auprès d’une partie du public qu’ils en choquent une autre. Le Conseil de Déontologie Journalistique belge a ainsi récemment rejeté une plainte visant le site d’un important quotidien Dernière Heure accusé de pornographie.
L’article de Dhnet.be incriminé date du 30 juin dernier. Sous le titre « La sextape …de la gare du Midi (Vidéo) »  une photo du hall d’entrée de la grande gare bruxelloise où on distingue un couple dont on comprend, influencé par le titre lui même, qu’il se livre à un acte sexuel. Juste en dessous de cette saisie d’écran, un lien hypertexte rouge à cliquer : « Vidéo: sextape la gare du midi ». A l’évidence, tout est fait éditorialement pour que le lecteur ne manque pas cette vidéo – et la fasse circuler. L’article de 750 mots qui l’accompagne est factuel, et comprend une double mise en contexte sur les peines encourues par le couple et sur l’avis d’une sexologue sur l’exhibition. Il serait intéressant, puisque les outils de mesure d’audience le permette, de savoir qui de l’article et de la vidéo a eu le plus le visites. Ce qui, il est vrai, relève de la connaissance générale des médias et du public, pas de la déontologie journalistique…
Cette publication n’a en tout cas  pas plu à un lecteur – ou  plutôt l’a dans doute profondément choqué – et il  a donc saisi le CDJ. Il déplore que le journal ne sache plus quoi faire « pour attirer les lecteurs » et que  « cela ouvre la porte à toutes sortes de déviances ». Mais ce plaignant se rend bien compte que cette appréciation critique de la ligne éditoriale ne suffit pas à saisir le CDJ. Il argumente donc sur 3 violations à ses yeux du code de déontologie que seraient l’atteinte au droit à l’image et à la vie privée du couple et le non respect de la dignité humaine.
L’avis du CDJ est net. Il rappelle d’entrée qu’ « il n’est pas juge du bon et du mauvais goût, du respect plus ou moins commercial des choix rédactionnels ni du respect des bonnes mœurs ». Et réfute un à un les arguments du plaignant. Non sans humour lorsque par exemple il explique qu’il n’y a pas atteinte à la vie privée ou au droit à limage puisque « les personnes concernées ont rendu elles-mêmes leur image publique ou consenti de manière tacite mais certaine à l’hypothèse d’une prise de vues » . Surtout, le CDJ valide déontologiquement le travail de Dhnet.be qui a démontré avoir pris le temps d’authentifier le document vidéo et de masquer les visages des protagonistes, et a veillé « à avertir son public du caractère délicat » du sujet et de la vidéo tout en l’encadrant par des informations de contexte.
Chacun se fera son avis sur l’intérêt, le ton, l’objectif  de la publication de cette vidéo. Mais la décision et les attendus  du CDJ sont une belle démonstration qu’un conseil de presse n’est ni un censeur ni un gardien du politiquement correct ou de la pensée unique. Bref, que réguler  la déontologie n’est pas évaluer la ligne éditoriale. PG.




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