La polémique sur l’achat d’une vidéo montre la nécessité d’une instance indépendante de déontologie

Communiqué du bureau de l’Apcp                                                                           Paris, le 4 décembre 2015 

Une polémique se développe entre le propriétaire d’un restaurant dont la vidéo de surveillance le soir du 13 novembre 2015 a été achetée par un quotidien britannique et les journalistes qui ont révélé cette affaire, accusés publiquement de non respect de la déontologie professionnelle.

Sans se prononcer sur le fond ni entrer dans les stratégies de communication des uns et des autres, l’APCP (Association de préfiguration d’un conseil de presse en France) rappelle que si une instance de médiation et d’éthique professionnelle indépendante des pouvoirs publics existait en France, comme dans de très nombreux pays en Europe et dans le monde, elle pourrait être saisie, entendre les parties, et dire si les règles de la déontologie ont ou non été respectées.

Les journalistes et les médias y gagneraient en crédibilité auprès du public. Celui-ci saurait que la profession accepte des règles de conduite. La démocratie et la liberté de la presse, dans la responsabilité, en seraient renforcées.

 

Contacts APCP : Kathleen Grossetkgrosset@gmail.com  Christine Menzaghicmenzhagi@laligue.org

 

La presse écrite britannique rafraîchit son code éthique

L’IPSO (Independant Press Standard Organisation), créé il y a 15 mois par l’industrie de la presse britannique pour tirer les leçons du scandale News Of The World , a publié le nouveau code de pratique professionnelle auquel elle se référera désormais. Il s’appliquera à tous les journalistes écrivant pour les quotidiens, les magazines et les sites d’information en ligne.

Son préambule pose qu’il faut à la fois protéger les droits des personnes citées par la presse et « le droit du public à savoir ». Il précise que ces règles s’appliquent à toute « l’équipe éditoriale et aux contributeurs  extérieurs y  compris les non-journalistes ». Précision qui pourrait concerner les commentaires publiés par les les lecteurs, et la jurisprudence du comité des plaintes sera à suivre sur ce point. Enfin, ce préambule instaure que toute publication convaincue d’avoir enfreint une règle du code devra publier l’avis de l’IPSO d’une façon visible.

La rédaction de ce code a été précédé d’une consultation publique en ligne, qui a reçu quelques 200 contributions, et, selon IPSO, a tenu compte des critiques du rapport Levenson qui avait, entre autres causes du scandale News Of The World, dénoncé le silence de feue la Press Complaint Commision devant certaines dérives. Le comité de rédaction, composé au départ exclusivement d’éditeurs, s’est adjoint trois experts indépendants – une spécialiste des médias , un ancien journaliste d’investigation, la fondatrice d’une société spécialisée dans les technologies digitales -  dont la présence a rassuré certains de ses détracteurs – ici. Mais d’autres – ici – dénoncent des changements cosmétiques par rapport au code précédent, voire un texte « édulcoré » dans certaines de ses dispositions.

De nombreuses exceptions à la règle possibles

Ce nouveau code comprend 16 articles, chacun divisé en plusieurs item, soit au total 41 clauses déontologiques. Parmi les points nouveaux ou amendés, la nécessité que le titre reflète le texte qu’il annonce, l’accent mis sur la retenue dans le récit des suicides, l’ajout du genre dans la liste des catégories d’individus couvertes par la clause de discrimination. Pour le reste, on retrouve les règles classiques concernant l’exactitude, la protection des mineurs et des victimes de crime sexuels, les conflits d’intérêt etc.

La nécessité de respecter  la vie privée est assortie d’une invitation à « justifier les intrusions dans la vie privée » faites sans le consentement des personnes concernées, et de l’affirmation péremptoire « il est inconcevable de photographier des personnes dans des lieux privées sans leur consentement », qui fait sourire … Il est également écrit qu’un journaliste ne doit pas « persister à questionner, téléphoner, ni poursuivre ou photographier des personnes après qu’elles lui ait demandé de cesser » , que la presse ne doit pas « intercepter d’appels téléphoniques ou de courriels, ni utiliser de matériels provenant de caméras cachées ou d’écoutes clandestines « . Mais ces deux règles font partie des 25  – sur 41 ! – pour lesquelles les éditeurs pourront plaider … l’exception à la règle au nom de l’intérêt public.

Cette notion d’intérêt public est explicitée comme, entre autres, la nécessite de « rendre compte de crimes ou de graves irrégularités, de protéger la santé et la sécurité, d’éviter que le public soit induit en erreur pas des actes ou des déclarations » . Même si un journal qui invoquerait cet intérêt public devra en démontrer la nécessité au comité des plaintes d’IPSO, cela laisse aux pires des journaux britanniques la possibilité de ne pas trop changer leurs mauvaises habitudes. Là aussi les premières décisions d’IPSO seront déterminantes pour mesurer le changement d’état d’esprit des éditeurs.

Ce code est accessible en ligne ici , et sera prochainement disponible dans un format adapté aux téléphonie mobile, pour que les journalistes puissent le consulter en toute circonstance. P G.

Une étude belge sur la représentation de la diversité dans la presse

La presse doit être le reflet de la société dans son ensemble mais aussi de toutes ses composantes, nul n’en disconvient. Mais périodiquement des événements reposent  la question de la place que les médias font aux femmes, aux jeunes, aux minorités,  aux handicapés. L’Association des journalistes professionnels de la communauté francophone de Belgique (AJP) tente depuis cinq ans de mieux cerner la représentation de la diversité de la société. Elle a publié en mai sa deuxième étude sur la diversité et l’égalité dans la presse quotidienne.

Plus de 2100 articles des 6 principaux quotidiens de Belgique francophone ont été analysés pour cette étude. 9500 intervenants ou cités par ces journaux ont été identifiés. Les résultats de ce crible portent sur la représentation homme-femme, la diversité des origines, des catégories sociaux professionnels , l’âge et le handicap.

Les femmes constituent, comme dans l’étude de 2011, moins de 20 % des intervenants dans la presse. Elles sont beaucoup moins souvent que les hommes désignées par un prénom, un nom, une profession, beaucoup plus souvent par leur seul prénom, peu présentes dans les papiers d’analyses et d’expertises mais sur-représentées dans tout ce qui touche la sphère familiale. Les auteurs se sont également risqués, ce qui serait plus difficile en France où tout ce qui ressemble à une statistique ethnique fait débat, à cataloguer les intervenants selon leur origine, à partir de leur image ou de leur nom. C’est le seul critère où des progrès sont enregistrés depuis l’étude 2011: la part de « non blancs » a presque doublé en 4 ans, passant à 33,30 % des personnes apparaissant dans les journaux dépouillés. Encore faut il souligner leur très forte présence dans les pages sportives , politique, faits divers et justice.

Autre constat : les acteurs et témoins de l’actualité cités par les journaux sont des d’abord des sportifs et des cadres intellectuels : ouvriers, employés et inactifs ne représentent ensemble que 5 % des personnes citées. Des déséquilibres importants sont constatés également selon les tranches d’âges : place aux actifs, la place accordée aux jeunes et aux retraités est maigre. Sur cette place des moins de 25 ans, l’AJP a également publié en juin dernier une étude très complète sur l’image et le représentation des jeunes dans la presse belge francophone. Concernant les handicapés, ils sont les grands absents de la masse des intervenants analysée.

Ce décryptage de l’image de la société belge donnée par la presse écrite quotidienne renvoie aussi à la réalité de cette société. Il interroge finalement autant les journalistes sur leur travail que les citoyens sur le rôle laissé aux femmes, aux personnes d’origine étrangères, aux jeunes etc. dans la vie quotidienne. On se reportera à l’étude complète très détaillée – ici -  pour mesurer tout ce qu’elle apporte sur les politiques éditoriales,  et bien souvent sur la déontologie – qui invite à ne pas discriminer en fonction de l’origine, de la religion, du genre , à refuser les préjugés et les stéréotypes – des médias concernés. Et ces remarques faites sur le contenu de la presse écrite de Belgique francophone devraient donner à réfléchir ailleurs et dans d’autres médias. PG.

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