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Marine Le Pen persiste à vouloir créer un « ordre des journalistes »

Le « Collectif culture, liberté et création »  (CLIC) du Rassemblement Bleu Marine a pris son envol le 2 juin 2015, sous la houlette de Sébastien Chenu, récent transfuge de l’UMP vers le parti de Marine Le Pen. Cette association a notamment pour but de préparer le programme présidentiel du Front national sur les thèmes de la culture, de la presse, de la communication, du numérique. Parmi les idées déjà avancées, à côté de la défense de la « culture française et traditionnelle » ou de la « rationalisation » du système des intermittents du spectacle, figure la création d’un ordre professionnel des journalistes.

Ce n’est pas nouveau. Interrogée par l’APCP au printemps 2012 lors de la campagne pour l’élection présidentielle, Marine Le Pen s’était prononcée pour la réunion d’Etats généraux de l’information, en vue de préparer l’adoption « d’un code de déontologie des journalistes », mais aussi la mise sur pied « d’un ordre professionnel appelé à réguler la profession » (lire Le Bulletin de l’APCP n° 16, 22 avril 2012). Parmi la centaine d’instances d’autorégulation journalistique dans le monde, deux seulement, à notre connaissance, sont des ordres : en Italie (créé en 1963) il n’a que peu d’action dans le domaine de la déontologie ; à Madagascar (créé en 1974), il vient de renaître après une dizaine d’années chaotiques (voir Le Bulletin de l’APCP n° 43, janvier 2015).

Marine Le Pen, sans doute impressionnée par le terme d’ordre, se trompe d’époque. Si les syndicats de journalistes français ont bien souhaité la création d’un tel ordre, avant et après la seconde guerre mondiale, ce n’est plus le cas depuis longtemps. Seules les professions libérales « réglementées » régies par la loi*, ont en France un « ordre » et un « conseil de l’ordre » appelé à statuer notamment en cas de manquements à la déontologie, et à prononcer blâmes et interdictions d’exercer. Mais les journalistes sont une profession de salariés et n’ont à répondre en justice que par rapport aux restrictions qu’apporte la loi de 1881 à la liberté d’informer. Leur donner un autre statut serait un encadrement de la profession en contradiction avec sa nature et avec le principe constitutionnel de liberté d’expression et d’information. Le CLIC et Mme Le Pen auraient été bien avisés de consulter notre association avant d’émettre pareille billevesée.  Y.A.


*Avocats, commissaires-priseurs, notaires, huissiers de justice, experts-comptables, architectes, géomètres-experts, médecins, chirurgiens dentistes, infirmiers, sages-femmes, professeurs de gymnastique, entraîneurs… (non exhaustif).

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