Le personnel politique victime d’addiction médiatique

On s’en était aperçu : l’actuel président de la République s’efforce d’être, autant qu’un « gestionnaire de la République », un « communicant ». Au risque de voir, à maintes occasions, ses annonces démenties par la réalité. Dans son livre (publié le 4 septembre 2014), son ex compagne Valérie Trierweiler l’affirme : François Hollande serait médiatico-dépendant. La confirmation est venue peu après, le président n’ayant pas pu s’empêcher de commenter un passage de l’ouvrage.

Une maladie courante chez nos hommes et femmes politiques… Préparant un « retour » savamment orchestré jour après jour dans les médias, son prédécesseur Nicolas Sarkozy s’était fait photographier (sur un scooter !…) avec son épouse, pour la page « une » de Paris Match (24 juillet). Lui et ses proches ont pu ainsi, avec une capacité non démentie à mobiliser la sphère médiatique, manipuler l’opinion par un suspense cousu de fils blancs sur l’impérieux devoir de l’ancien chef de l’Etat de venir sauver l’UMP et le pays…

Le duo présidentiel est loin d’être le seul concerné par cette addiction médiatique. Sitôt sortis du gouvernement, l’ancien ministre de l’économie et l’ancienne ministre de la culture et de la communication s’affichaient en « love story » sur la couverture de Paris Match (11 septembre). Ils avaient été auparavant discrets. Dès la sortie de l’hebdomadaire, un « analyste des médias » démontrait dans « Le Plus » du Nouvel Observateur que le cliché ne pouvait avoir été pris sans le consentement des personnages ; et la plainte en justice d’Arnaud Montebourg ressemble à une occasion de faire (encore) parler de soi.

C’est désormais une pratique bien ancrée : les gouvernants, la classe politique en général, considèrent les médias comme leurs porte-voix et leurs faire-valoir ; ils ont un besoin perpétuel qu’on les montre et enragent si on vient à les oublier… Ils pensent qu’on ne peut rien faire sans eux, ils se plient le plus souvent à la mise en spectacle de la politique, leur personne étant tellement plus importante que la gestion et l’avenir du pays, la confrontation sérieuse des idées et des programmes, et la (dure) réalité.

Dans ces conditions – une sorte d’accord tacite entre les politiques et une partie importante des médias pour qu’il en soit ainsi – il n’est guère facile de faire valoir qu’au bout du compte une grande partie du public n’est pas satisfaite mais frustrée. Que l’écume des faits doit parfois laisser la place à l’océan qui la porte et aux vagues qui la soulèvent. Que la déontologie de l’information commande moins d’approximations et moins de connivences. Yves AGNES

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