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Moralisation pour tous… sauf pour les journalistes et les médias ?

Mensonges, conflits d’intérêts. Transparence, moralisation. Bravo ! Jérôme Cahuzac aura réussi bien malgré lui l’exploit de faire sauter un verrou de taille dans la classe politique. Ce que le rapport de la Commission Sauvé, en janvier 2011, qui voulait déjà « renforcer la confiance des citoyens », n’avait pas réussi malgré les promesses du précédent président.

Les journalistes, dans l’ensemble, ont applaudi l’annonce de mesures par l’exécutif. Quoi de plus normal que les élus et les ministres rendent des comptes aux citoyens, desquels ils tirent leur pouvoir ? Journalistes et médias sont à l’unisson quand il s’agit de défendre la morale publique… pour les autres.

Pourtant, les mensonges et conflits d’intérêts ne sont pas l’apanage des seuls « politiques ». Laurent Joffrin, alors directeur de Libération, l’écrivait dans le quotidien du 9 février 2011 : « Le jeu croisé des services rendus anodins mais dispendieux concerne toutes sortes de professions, à commencer par les journalistes ». Et les atteintes à la morale professionnelle des journalistes et éditeurs de média débordent largement cet aspect de la déontologie. Mais, prompts à la critique, voire aux prises de position véhémentes, les journalistes ont le poil hérissé dès qu’ils en sont les cibles. Allons, se tromper est humain, l’important c’est de ne pas reproduire ses erreurs. Encore faut-il arriver à les reconnaître, et c’est aussi salutaire pour les journalistes et les médias que pour les « politiques ».

Il serait peut-être temps que les professionnels de l’information, surmontant leurs vanités et leurs divisions, arrivent à se poser les vraies questions sur le discrédit du public à leur égard. La légitimité sociale des médias et des journalistes repose évidemment sur le « contrat de confiance » qui est censé les unir avec le public des citoyens pour lequel ils travaillent. Ceux-ci sont en droit de leur demander des comptes, pour la simple raison que sans une information de qualité, le débat public et démocratique ne peut être à la hauteur.

Journalistes et éditeurs resteront-ils les derniers « intouchables », n’ayant de comptes à rendre à personne ? Toutes les autres professions ont des règles déontologiques à respecter et des instances-boussoles pour les y aider. Pratiquer le déni de réalité, ne pas vouloir prendre en compte le danger mortel que constitue pour eux-mêmes la défiance du public, rester immobiles… est-ce seulement raisonnable ? Le public attend un geste fort qui serait à même de renverser la vapeur. Ce ne peut être que la création d’une instance nationale de déontologie de l’information pour tous les médias professionnels, associant des représentants de la profession et du public.

Attendre l’arme au pied que les « politiques », après avoir fait le ménage chez eux, viennent le faire dans les médias, est-ce, là aussi, bien raisonnable ?

Yves AGNÈS

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